‹ Leçons d'apologétique [microforme] (volume 2)Chapitre 80 sur 211 · Abbé Picarn, Chrétien ou Apnostique, pp · texte numérisé non relu

Abbé Picarn, Chrétien ou Apnostique, pp

“Il a été enseveli.”” D’après la loi romaine, le cadavre devait être livré dès qu’il était réclamé (ULPIEN, xL, viii, 24, 1). De son côté, la loi juive statuait expressément que le cadavre du supplicié devait être enseveli avant le coucher du soleil (Devr., xx1, 23). Et donc, toutes les hypothèses de l'enlèvement du corps de Jésus sont impossibles. Sa sortie du tombeau, seule la Résurrection peut en rendre compte.

B. ImPossiBiITÉ pr L'HALLUCINATION DES TÉ- MOINS. L’hallucination est un phénomène morbide, subjectif, rare, intermittant qui se produit chez des gens nerveux à l'excès. Il lui faut un terrain tout préparé. Chez les hallucinés, à cause d’une grande faiblesse nerveuse, les images se combinent, les idées s'associent, sans que la volonté puisse exercer son contrôle. C'est pourquoi ces malades prennent pour la réalité les fantômes de leur imagination vagabonde.

Les témoins de la Résurrection, dit une certaine-école étaient des enthousiastes tellement convaincus, qu’ils prirent l’ombre du Christ Pour sa réalité. Ils étaient des sujets on ne peut mieux préparés à croire aux racontars inventés par l'imagination populaire, puisque euxmêmes, subissant l'influence du milieu, avaient une confiance inébranlable en la survivance du Sauveur. Or, si l’on consulte les textes évangéliques, on acquiert vite la certitude que les témoins de la Résurrection sont loin d’appartenir à cette catégorie de malades, candidats à l’hallucination !

1) D’abord, ces témoins, ce sont les saintes femmes. Celles-ci, lorsqu'elles viennent au sépulcre le premier jour de la semaine, ne pensent qu'à une chose : se faire ouvrir le tombeau et mettre de nouveaux parfums. De son côté, Marie-Madeleine, voyant le sépulcre ouvert, pense

que le corps a été enlevé. Elle s'attend si peu à la Résurrection qu'elle demande à Jésus lui apparaissant où est le corps de Notre Seigneur. Elle l'avait p:is pour le jardinier.

2) Ce sont ensuite les disciples d'Emmaüs. Quand Jésus leur apparaît, ils avaient perdu toute espérance : “ Nous espérions qu'il serait le Rédempteur d'Israel ; et cependant après tout cela voici le troisième jour que ces choses se sont passées ”, disaient-ils (LUC, XXIv, 21). Ils s'attendaient si peu à la Résurrection qu'il fallût que le Sauveur leur dit ee qui s'était passé.

3) Ce sont enfin les apôtres et les disciples. Eux aussi étaient loin d'attendre la Résurrection. Abattus, découragés, ils n'avaient plus aucun espoir. Quand les saintes femmes viennent leur annoncer que le Sauveur était sorti du tombeau, ils ne veulent pas les croire, tant cette nourelle leur semble une folie. Ils ne croient même pas les disciples d'Emmaüs (Marc, x VI, 13, 14).

4) Saint Thomas est loin d'être un crédule. Il refuse de croire avant d'avoir touché les plaies du Sauveur. Jésus lui dit : * Porte ici ton doigt, et considère mes mains ; approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté; et ne sois point incrédule, mais fidèle ” (JEAN, xx, 27).

5) IL est impossible qu'un si grand nombre de témoins, comme ceux de la Résurrection, puissent avoir à la fois le même rêve, la même vision creuse. Phénomène subjectif Y'hallucination doit rarier avec les individus (88).

6) Chez les hallucinés. la vision est confuse, passagère : dans la Résurrection, c'est une vision claire, longue et souvent répétée. Ce n’est pas un fantôme qui apparaît. mais un corps que l’on palpe, que l'on touche avec les

mains. Il s'agit d'apparitions dont les moindres circonstances sont relatées avec la plus grande précision.

7) Dans les hallucinations, les visions ont une marche décroissante : elles ne cessent pas rapidement. Les apparitions du Sauveur suivent une marche contraire : elles commencent le troisième jour après la mort pour cesser tout à fait le quarantième, excepté une apparition à saint Paul. Ce sont des apparitions brusques qui cessent brusquement.

Les nombreux témoins de la Résurrection n'étaient donc pas des hallucinés. Si tous ont cru en Jésus-Christ, c'est qu'ils l'ont ru :.

Aussi bien pouvons-nous conclure que Jésus-Christ est vraiment mort et réellement ressuscité.

LECTURES

Hallucination, MoxsaBré, Exposition du dogme catholique, 1880, pp. 296-301.

Bossuet et Renan, H. DE Lacouse, Correspondant, 10 avril 1906.

Le fond de la question, BovrbaLour, Sermon pour Pâques, ler point.

1. G. MaxGexor, La Réssurrection de Jésus : Lacorbatre 40e Conférence. Pouzix et LouTiIL, ouv. cit. PP. 255-276. Abbé Broussoie, La Religion, pp. 180-190.

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