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pour que les prophéties fussent mises dans ce canon, il fallait nécessairement que le peuple juif les reconnût comme authentiques ; b) l'existence de la version des Septante : les juifs lui ont toujours reconnu une autorité incontestable avant que les chrétiens ne s’en servissent ;: c) l'insertion du canon juif dans le canon chrétien : les Juifs n’ont jamais protesté contre cette insertion ; si les livres d’où les chrétiens tiraient leurs prophéties n’avaient pas été authentiques, les Juifs auraient certainement blâmé cette manœuvre qui, après tout, était loin de leur être favorable.
Au reste, comment raisonnablement supposer que les prophéties messianiques aient été incorporés au texte sacré? Il faudrait admettre alors que le peuple juif ne s’est pas aperçu de la fraude ou qu’il en a été le complice. On voit tout de suite l’absurdité de semblables hypothèses : en agissant ainsi le peuple juif eût travaillé contre lui-même. De plus la diffusion des livres de l'Ancien Testament rendait impossible toute tentative d’interpolation.
2) Les événements n’ont pu être prévus naturellement. Ces événements ne pouvaient être connus ni en euxmêmes ni dans leurs causes. Pas en eux-mêmes, puisqu’ils n’existaient pas encore, car ils n’ont été réalisés que bien longtemps après leur prédiction ; pas dans leurs causes, celles-ci ont été la libre volonté de Dieu ou le Libre choix des hommes qui y furent mêlés. Et d’ailleurs, une intelligence humaine est incapable de prévoir tous ces détails de lieux, de temps, de personnes, qui sont mentionnés si clairement dans les prophéties messianiques et qui ont été si exactement réalisés.
3) La réalisation des prophéties messianiques n’est pas l'effet du hasard. Il est puéril de prétendre que la réali-
sation des prophéties messianiques est l'effet du hasard. De simples et banales coïncidences, — à cela se ramène le hasard, — n’expliqueront jamais l’unité et l'harmonie des événements prédits et réalisés, pas plus que la rencontre fortuite des atomes ne suffit à rendre compte de l’ordre du monde. La divine figure de Jésus-Christ, son histoire incomparable, dans l'hypothèse du hasard, ne serait qu’un mélange inconce vable de traits les plus varies et les plus extraordinaires. Autant vaudrait dire que des caractères d'imprimerie jetés pêle-mêle peuvent arriver à composer le plus beau livre du monde.
Il est donc permis de conclure que les prophéties messianiques sont de véritables prophéties, et partant, qu’elles ont Dieu pour auteur. Il en résulte que Jésus- Christ en qui elles se sont pleinement réalisées, avait une mission divine et que la religion, fondée par lui, est également divine 1,
LECTURES
Il l'a dit, H. ne LACOMEE, Divinité de Jésus-Christ, Correspondant fév. 1905.
Le Verbe Incarné, Tu. CALMES, Evangile selon saint Jean.
L'Homme-Dieu, Louts Veuicor, Vie de Jésus-Christ, conclusion.
1. Cf. Gouraun, ouv. cit., pp. 220-231 3; RowpPaIx, ouv. cit., pp. 546-562.