‹ Leçons d'apologétique [microforme]Chapitre 247 sur 275 · FERRER · texte numérisé non relu

FERRER

(1859-1909), libre-penseur espagnul, abandonna sa femme et ses enfants, anarchiste millionnaire ; justement condamné à mort pour excitation à l’émeute’.

279. L'Église est trop exigeante dans sa morale. — La morale laïque, la morale sans Dieu suffit. L’Église #vec ses commandements met le trouble partout et nous rend malheureux sur cette terre.

Réponse. --— «) Qu'on se rappelle ce qui a été dit dans la première partie au sujet de la morale sans Dieu (38).

Cf. La Réponse, juin 1914.

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b) Malgré ses grands mots, ses belles phrases et méême ses excellents préceptes, la morale laïque est incapable de nous donne : une raison suffisante de l'obligation Due nous avons d'obéir à notre conscience.

c) La conscience, sans Dieu, n'a pas sa raison d'être, et devient un fyran. Elle n’a pas sa raison d'être, parce qu'elle est ni plus ni moins le héraut de Dieu, de celui qui a créé l’ordre moral, auquel nous 4 ons conformer nos actions ; de celui qui est l’auteur de l'obligation, laquelle, coûte que coûte, s'impose à tous lesêtres libres. Elle est un tyran, perce que si nous exeluons Dieu au nom duquel elle doit commander, la conscience nous dicte de son gré des ordres qu'elle ne peut légitimer. Jlfaut donc un être supérieur à nous-mêmes, qui ait le droit de nous commander. Ce supérieur à qui nous sommes tenus d’obéir, c’est Dieu.

d) Tout devoir est exigean, : les ennemis de l’Église en savent quelque chose. Mais la grande différence qu'il y a entre la morale laïque et la morale catholique. c'est que celle-ci est motivée, et que celle-là ne l’est pas. La conduite de l’Église, bien qu'srigeante, est donc plus conforme au bon sens.

e) De Maistre a dit un iour : ‘le sais ce que c’est qu'un honnête homme, ’sst :.ffreux ! » Cette boutade est profonde. S'il suffit d'échapper aux tribunaux et de ne pas se heurter aux sévérités du code pénal, c'est peu de chose, en effet, que l'honnêteté. Mais l’honnête homme, selon le christianisme, ne ressemble en rien à l’honnète homme selon les exigences de la loi et le jugement frivole du monde. Grande est la différence entre l'honnêteté légale et l'honnêteté morale.

280. L'Église encourage le socialisme.— On dit souvent que le fondateur de l’Église, Jésus-Christ,

était socialiste ! Ilen fut de mème des apôtres. Pourquoi et comment? Parce que, dit-on, ils n’avaient qu’une bourse à eux tous, et par conséquent vivaient sous le régime de la propriété collective.

Réponse. — Voic: les différences essentielles entre la doctrine de Jésus-Christ qui est celle des apôtres, et la doctrine des socialistes!.

I. D'après le christianisme, LA PROPRIÉTÉ EST UN DROIT ET UN DROIT SACRÉ. Pour le socialisme, LA PROPRIÉTÉ N’EST PAS UN DROIT, mais UNE USURPA- TION OU UN VOL.

II. La conséquence de la doctrine chrétienne, c’est que NUL NE PEUT ÊTRE OBLIGÉ DE SE DÉPOUILLER DE SON BIEN. La conséquence de la doctrine socialiste, c’est qu’une ( BONNE LOI » PEUT ABOLIR LA PROPRIÉTÉ PRIVÉE et ORGANISER LE COLLECTIVISME CONTRE LE GRÉ DES POSSESSEURS.

ITL Le droit de chacun de posséder ses biens une fois reconnu, Jésus et les apôtres CONSEILLAIENT à ceux qui voulaient vivre d’une vie plus parfaite, de reroncer d'EUX-MEMES à leur protrr, et de vivre sous le régime de la communauté de biens. C'était le germe de la vie religeiuse. Et de fait. c’est ainsi que vécurent les tout premiers chrétiens. Mais en nous racontant cela. les Actes des Apôtres ont le soin de spécifier que cet abandon était purement VOLONTATRE, et que nul n’y était obligé.

IV. Selon les socialistes, la propriété est un vol ; ils enseignent que l’abandon FoRCÉ des biens personnels n’est pas un CFADEAU mais une RESTITUTION.

V. Ia doctrine et la pratique de l’Église aujourd’hui sont les mêmes comme au temps des apôtres. La

“1. La Réponse, 1910, pp. 267-269.

propriété est un DROIT, la pauvreté volontaire est une PFRFECTION. Les chrétiens se divisent en deux catégories ; la GRANDE MASSE où chacun garde la propriété de ses biens, à la charge d’en faire bon usage, et l'ÉLITE, où chacun fait LIBREMENT abandon de ses propriétés particulières au profit de la communauté.

LECTURES

L'Église et les morales, S:rTiLLANGES, Révue de la Jeunese, 10 avril 19153.

L'Église et la civilisation, ibid., 10,25 mai 1913. L'Église, la culture intellectuelle et l'art, ibid., 10, 25 juin 1918.

1. J. Venir, Causeries Sociales, Le Socialisme, en cour de publication dans La Revue Pratique d'A pologétique depuis le 15 juin 1919.

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