Objet de la Révélation.— Comme l’indique la
finition, les enseignements et les volontés de Dieu constituent l’objet de Tà Révélation ; leur ensemble s'appelle aussi Révélation, ainsi nous disons la Révelation mosaïque, la Révélation chrétienne. Par enseignements il faut entendre les vérités, et par volontés, les préceptes. 2 1 ÎT y a des Re préceptes qui ne dépassent pas l’ordre ts le écalogue promulgué par Moïse sur fe Mont Sinki au nom et Par la puissance de Dieu. Leur révélation, qui a pour but de les faire connaître plus clairement « us sûrement, est seulement surnaturelle dans son mode, c’est-à-dire dans la manière dont elle a été faite : West ce que les théologiens appellent surnaturel modal {Wertaines vérités, certains préceptes, sont tellement parfaits, tellement-élevés; que la raison humaine ne peut ni les comprendre, ni mêmeen soupçonner l’existence, tel l'ensemble des dogines et des préceptes de la religion chrétienne. La de ces vérités et de ces préceptes est dite surnaturelle dans sa substance : c’est le surnaturel substantiel.
Possibilité de la Révélation.— Comme argu{-.
ment général en faveur de la possibilité de la Révéla- { tion, nous pouvons apporter le consentement universel des peuples. Eneffet, outes les époques, leshommes off toujours cru à l’existencé d’une rgligion révélée. Or, d’après l’adage philosophique, ad valet illätio, de l'existence d’une chose il est légitime de déduire sa possibilité. Si donc l'humanité a cru à lexislence de vérités révélées, logiquement aussi elle a cru à la possibilité de leur révélation. SE ROUEN ais d’une façon plus spécial® on peut envisager la possibilité de la Révélation dugcôté de Di up du côté e l’homme et d@ côté des vérités révétées— rs à A PossIBILITÉ DE La RÉVÉLATION DU EN Dreu.— 1) Dieu est la science et la puissance mêmes. Donc il peut révéler. En effet, l'impossibilité de communiquer des vérités à l’homme proviendrait ou de ce que Dieu ngles connaît pas, ou de ce que, les connaissant, il ne pourrdgt pas les enseigner.
2) L'homWwe, être imparfait, peut réveler, communiquer à ses semblables ce qu'il sait. A plus forte raison, Dieu, la perfection méme, auteur de tout ce que lhom-
me possède, est capable d’en faire autant, et beaucoup
mieux.
3) Dans sa bonté Dieu est tout raturellement enclin à nous communiquer les vérités dont la connaissance
nous est très salutaire.
4) La sagesse de Dieu, comme tous les autres attributs, est indépendante des créatures. Et si, de toute éternité, elle a choisi les moyens les plus aptes à con-
duire l'humanité à la ma rnaturelle à nee JUS" rait l’appeler le Créat ) ri Tüi confesterait le Pou-
voir de manifester ces mêmes moyens en temps voulu ?
B. PossiBiLiTÉ DE LA RÉVÉLAs ON DU CÔTÉ pe L'HOMME La Révélation serait impossible du côté de l’homme si celui-ci étaitWincagable de savoir ou n'avait pas
2les moyens de discerner les vérités vraiment révélées de celles qui ne] vas. + Or, l’homme est un être susceptible d'enseignement dansl'ordre religieux comme dans l’ordre scientifique. -De plus, il lui est toujours facile de reconnaître la Provenance divine des vérités qu’il croit révélées, car il y a des signes certains, — nous le verrons plus loin, — qui lui M Ciscerner le vrai du faux, à condition toutefois qu’il fasse bon usage de sa raisèn. Au reste. Dieu, infiniment sage et Emnent gun peut toujours intervenir d’une façon conforme aux aptitudes de l'intelligence humaine.
C. PossIBILITÉ DE LA RÉVÉLATION DU CÔTÉ Des VÉRITÉS QUI PEUVENT EN ETRE L'OBJET Parmi les dog-
4 mes et les préceptes qui sont l'objet de la Révélation. il ÿ en a qui ne sont pas au-dessus de l'intelligence
humaine, d’autres la dépassent complètement. Ies dogmes que la raison de l’homme, laissée à ses seules
forges, ne peut pas entendre, s’appellent wystères. nl) Les dogmes ou les vérités AMAR eut comrendre, leur révélation est certainement possible + TENNIS. . re
} puisque la gérité, omme fèlle, peu importe sa prove- { nance, est l’objet Propre de l'intelligence, et divine, et Langélique, et hümaire— 2) Quant aux mystères, leur révélation ne répugne er ER TRES mc
pas davantage. Cette répugnance proviendrait ou du
fait qu’il n'existent pas, où si t de ie Dieu 2ne peut pas les révéler, ou encore, de ce qu’il ne convient pas à l’hom érer à s qu’il ne comprend
pas. Or les mystères existent, Dieu peut les révéler et il
Re ————
FER + . TR gence de Dieu peut a , précisément parce qu’elle est înfiniment au-dessus de la raison humaine.— D'’aiF
n’est pas indigne de l'homme de les admettre. Leur révélation est donc possible.
a) Les mystères existent. L'intelligence humaine es essentiellement distincte de l'intelligence divine” Or il faudrait nier-eette différence si les mystères n'existent as. Ceux-ci, en effet, sont les vérités que seule l’intelli-
leurs, dans l’ordre nature] il existe bien des choses qui — TER EE
surpassent notre raison. A plus forte raison dan: l’ordre surnaturel. AE
b) Dieu peut révéler les mystères. Pour Dieu, les mystères sont des vérités comme les autres. Et donc, ayant
la science et la puissance, ou mieux, étant la science et la puissance mêmes, il a tous les moyens de nous communiquer, Sinô ête intelligence, di i
uer, sinon la complète intelligence, du moins la connaissance de quelques-uns de ses augustes secrets.
c) Il n’est pas-indigne de l’homme d’admettre, sur l’autorité infaillible de Dieu, des dogmes qui dépassent
la capacité de son intelligence, puisque cette autorité a autant de valeur que celle des hommes de science dont
on accepte souvent les conclusions sans les compren-27%e és. ET MT NY SU NV SSP PURE 7 TER | . :
dre du tout. L'autorité est le résultat de la scienc Auf
et de I& véracité de celui qui parle ou écrit. Et Dieu, nous le savons, est la science et la véracité
mêmes. (es cet An face Les préceptes sont aussi de deuf sortes. a) Les uns,
imposés par la loi naturelle comme le précept d’adorer
Digu, d’honorer ses parents, de respecter le Pien d’au-
trui, résultent de la nature de Dieu qui a un droit essen-
e : (SES nn a 2 , A
tiel à nos hommages, et de la nature de l’hefffme qui — ur sed . . s
a une obligation non moins essentielle de rendre à son
Créateur et Bienfaiteur un culte convenable (50).
SG
donnes
70 LEÇONS D’ iPOLOGÉTIQUE
Ces préceptes, ne dépendant pas d’une volonté libre, sont connus par la seule raison, Rien n'empêche cependant que Dieu pui révéler, car cette révélation aura pour avantage d’en rendre la connaissance plus facile et moins sujette à l’erreur.
b) Les préceptes positifs sont le développement, la détermination et l'application des préceptes dé Ja loi naturelle. Ils dépeñdent de la volonté libre de Dieu.
e leur révélation soit possible, rien ne s’y oppose, car le Maitre Créateur a le droit d’imposer aux hommes les obligations qu'il juge opportunes. Il n’est pas plus limité en cela que dans sn souverain domaine. Un prince peut bien régler le cérémonial à suivre dans les honneurs qu’on lui doit rendre, à plus forte raison le Roi des rois a-t-il le droit d’expliquer, de préciser la loi naturelle. Cette explication, cette précision, on la nomme précepte positif.
LECTURES
La Caricature de la Révélation, EvGÈNE PoRTALIÉ, Le Logme et l'Histoire, Bulietin de littérature ecclésiastique de Toulouse, déc . Etudes Philosophiques sur le christianisme, Auc. Nicozas,t. I, ivre ler ch. v va.
Le Temple, Lac ORDAIRE, Conf. N.-D. 1849, 54e conf.