IMPRIMATUR
Atreb., die 7 Januarii 4881.
t DESIDERATUS, JOSEPHUS,
Episc. Atrèb., Bol. cl Audomar. 'j
HAU-LB-DUC, IMPRIMEHIE CONTANT-LAtiUERRB.
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AVANT-PROPOS
Si ce livre a trouvé faveur et qu'une première édition s'en soit rapidement écoulée, nous ne devons pas l'attribuer à une valeur plus grande du fond^ mais peut-être aux qualités de la forme ^ à une méthode plus heureuse, à une marche plus simple et plus logique et à une plus lucide exposition.
Sans doute, nous n'avons eu garde de négliger les ressources historiques, l'étude des travaux si importants, qui, de tout temps, ont été entrepris sur la vie et les œuvres de l'Église catholique; nous nous sommes rendu familiers les écrits remarquables qui récemment ont élucidé des points trop laissés dans l'ombre, révisé des procès iniquement conduits, révoqué des sentences arbitraires, vengé dea hommes et des choses traîtreusement flétris par une école historique ou trop légère ou
Lcço^Ns D*m5T0iRB. — Tomc I. i
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AVANT- PROPOS
trop livrée à des oppositions de parti pris. Assurément, nous ne nous sommes jamais départi de cette ferme volonté d'assurer avan tout le sérieux et le vrai, sans lesquels rrl ouvrage historique, quels que puissent êtrt l'habileté de sa trame et le charme de ses ré* cits, ne peut mériter ni la sympathie ni mêm« l'estime et le respect. — Mais qu'est-ce cela^ sinon le strict et absolu nécessaire, la qualit commune, le titre premier et indispensable sans lequel un travail historique n'a pas mêmâ le droit de s'offrir à des lecteurs?
Suflat-il d'assurer la solidité et l'intégrit< du fond? Nous ne saurions le croire. Malheul au travail historique d'où une exposition lumi neuse ne chasse pas l'ombre et la confusion; en même temps qu'une forme saisissante , un^ manière incisive, un style agréable puisseni soutenir l'attention, prévenir la lassitude, empêcher le volume d'échapper des mains de fatigue et de dégoût! Et qu'on ne croie pas qu'il s'agisse ici d'une simple et très secondaire question d'agrément. Outre qu'une lecture nô profite que quand elle plaît, et qu'elle ne devient puissante que quand elle captive, une page d'histoire ne se grave profondément dans l'esprit que lorsque son exposé est clair, vif,
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AVANT-PROPOS. 6
attachant. Et s'il nous fallait risquer ici la tâche, toujours ingrate et odieuse à un auteur, de juger des concurrents, nous dirions volontiers que la plupart des travaux historiques, très excellents pour le fond , pèchent dans la forme, sont lourds, confus, incorrects, d'une lecture fatigante et d'un insurmontable ennui. C'est dire que, sans oser prétendre avoir réussi, nous avons au moins essayé de faire mieux. Toute notre attention et nos efforts ont porté sur le point qui nous paraissait trop souvent négligé : l'exposé et le récit. — Les divisions nous ont tout d'abord préoccupé, persuadé que nous sommes que leur valeur et leur à-propos ont une influence décisive sur le succès d'un ouvrage tel que celui-ci. Or, dans ces divisions deux écueils sont à éviter : la rareté et la profusion-, qui toutes deux rendent la marche également obscure et embarrassée. — Des auteurs, les uns suivent les événements pas à pas, les enregistrent servilement dans leur ordre , sans s'apercevoir que cette masse obscure et confuse chargera la mémoire sans rien révéler à l'esprit (1). D'au-
(i) Le savant Mœlher ne concevait d'autre marche historique que celle qui rattache la multitude des faits particuliers aux grandes
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AVANT-PaOPOS.
très, se heurtant à l'écueil opposé, séparij et groupent si bien les matières, que la si de l'histoire est complètement rompue.
N'est-il pas possible de se frayer entre deux défauts un chemin meilleur, de grou| les faits, de ménager des perspectives, d^ vrir sur la masse des événements des éclaiH lumineux, sans néanmoins sacrifier jamais nité, ni rompre Tenchainement et la trai Nous l'avons cru et nous l'avons tenté, pourra peut-être nous reprocher d'avoir pous notre tentative jusqu'à nous écarter quelqi fois des chemins battus : nous avouerons fn chement aimer ce reproche, si cette tentati doit avoir pour résultat de présenter à bienveillants lecteurs un récit historique qui que peu clair, incisif et attachant.
évolutions qui marquent les siècles. « La méthode historique , Vi dre artistique qui doivent présider à la disposition des matièn veulent que ce qui constitue 4in seul tout soit réuni et traité i semble. Nous ne devons point exposer un fait dès sa première i nifeslation , mais attendre qu'il ait pris un certain dévcloppeme qu'il soit devenu un phénomène significatif et qu'il ait plus^ moins envahi le domaine de l'histoire.»
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