‹ Leçons d'introduction générale théologique, historique et critique aux Divines EcrituresChapitre 63 sur 251 · Ajoutons qu'en outre de ces deux catéc-ories de livres · texte numérisé non relu

Ajoutons qu'en outre de ces deux catéc-ories de livres

Ce qu'ils enten- , ^, . . ., , ,, ,,

daient par livre a/)o- jcs rcrcs mentionnent une troisième classe d ouvrages, celle (à7:o)4p6'f&;) des apocryplies — gtêXia axoxpù'fa, ou v66a, — sorte d écrits d'ordre inférieur qu'ils savent distinguer parfaitement des précédents, et dont ils défendent ou, au moins, déconseillent la lecture aux fidèles.

Corollaires.

a) Les deiitéroca-

5. — On s'expliquera donc maintenant i) pourquoi les secoT/rangr'^^ ^^ Pèrcs, qui rattachaient nos deutérocanoniques à la classe des àvTtX£Y6[j.£vo'., n'insérèrent point ces livres dans le Canon et, tout en les croyant d' origine dixnne ^ ne leurassig'nèrent qu'une place àe second ordre, intermédiaire entre les protocanoniques et les apocryphes (2).

pariiel'de mX/^^ Oii s'cxpliqucra aussi 2) les paroles de Rufîn concernant l'autorité respective des protocanoniques et des deutérocanoniques. Le prêtre d'Aquilée, — d'accord en cela avec saint Athanase, saint Cyrille, etc., — écrivait : « Les livres que les Pères ont mis da7îs le Canon servent à établir les vérités de notre, foi... Les autres livres que les anciens ont appelés ecclésiastiques doivent être lus dans les églises, mais non cités pour confirmer l'autorité de la foi... Enfin les apocryphes sont prohibés » (3). — Or, par là, Rufin n'insinuait pas qu'il existe entre les protocanoniques et les deutérocanoniques une différence d'inspiration, ni par conséquent une différence d'autorité intrinsèque, car — nous l'avons vu — les Pères latins et grecs (sauf peut-être saint Jérôme) et Ptufin lui-même les ont cités tous indistinctement, et leur ont reconnu un caractère sacré. Le prêtre d'Aquilée voulait seulement faire entendre que les seconds n'avaient pas aux yeux de tous, et au point de vue de la controverse, la même autorité, ni la même importance dogmatique que les premiers.

(1) Cf. Viacenzi, op. cit.,\). 2, pp. 00, ss.

(2) Cf. Greg. Naz., Carmen ad Seleuciim.

(3) Cf. ExposU. in symhoL apost., 30, ss. — Voix' Magnier, FAuh sur la canonicUé, t. I, pp. 282-283.

tcnce des Canons scripturaires au iv« s.

confirmatur- C'cst exactement ce que saint Auerustin déclarait dans ces

(S. Augustin.) « ^ s

lignes d'une précision toute théologique : « (Interpres) tenebit hune modwn i?i Serip(u?HS canonicis, ut eas quae ab omnibus ace ipiuntur Ecclesils catholieis, praeponat eis quas quaedam non accipiunt; in eis vero quae non accipiuntur ab omnibus^ praeponat eas quas plures gravioresque accipiunt, eis quas pauciores, minorisque auctoritatis Ecclesiae tenent (i).

2) L'altitude dé- 6. — 2) PouF concilicr Vattitude défavorable de plusieurs !ilSères,etzSs- Pèrcs du IV® sièclc vis-à-vis des deutérocanoniques avec L^ExisTENCE DES Canons SCRIPTURAIRES répandus alors un peu partout dans l'Ég-lise, il faut observer que ces catalogues de livres sacrés, connus très bien des communautés chrétiennes poul"îi^^s'ofut?oïïu qui les avaient dressés et déclarés officiels chez elles, pouprobième. vaicut être beaucoup moins connus ailleurs, et surtout ne

furent point, — ni ne devaient être, — imposés immédiatement aux autres Eglises. Personne n'ignore qu'à ce momentlà la question des Écritures canoniques (2) n'était point encore, aux yeux de tous, une question intéressant la. foi ; c'était seulement pour la plupart une question de discipline, n'exigeant pas par conséquent une solution dogmatique, et que tous, sous peine d'être suspects d'hérésie, dussent admettre uniformément.

But des Églises Douc, cc quc Ics Egliscs du IV® siècle se proposèrent en arrèïïaciSïsCanois tant uuc Hstc, — authcutiquc pour elles, — d'écrits sacrés, bibliques. ^^^ ^g réunir, de mettre à part, les livres dont on pouvait

faire un usage doctrinal et liturgique. On s'aida, pour opérer cette sélection , des traditions existant dans chaque Eglise , et que rendait manifestes la lecture publique qu'on y faisait de ces livres, de temps immémorial.

Comment sexpii- 7. — Ccla étant, on ne s'étonnera plus que des divergen- Sd'oplnio'irïntrc CCS d'opiuiou alcut éclaté entre différentes communautés ieshgiises, chrétiennes au iv® siècle, — principalement entre l'Orient et

l'Occident, — par rapport aux deutérocanoniques. entre lÉgiise Généralement l'Eglise grecque montra plus de défaveur à

lE^en gUïai'.''' CCS livrcsquc l'Église latine. C'était inévitable. Les conditions respectives des diverses communautés chrétiennes, en Orient, pendant les premiers siècles, amenèrent fatalement des coutumes locales, et ces traditions particulières modi-

(i) De doct. christ., lib. II, cap. 8, n. la.

(3) La question d'origine divine ou d'inspiration demeurant hors» do cause.

LES DEUTER. A JERUSALEM ET A ALEXANDRIE AUX IVe ET Vc S. 127

fièrent la pratique de ces Eglises, — même des Eglises que les apôtres avaient fondées, — relativement à l'usage, soit doctrinal, soit liturgique, des livres inspirés.

Comment se.xpii- 3. — Aiusi TE^-Use dc Jérusalcm , composée à l'orit'ine

quent, en particulier, ^ ^ ^ ' ^ ^

les traditions dei E- presquc cxclusivemeut de Juifs convertis, employa dès le com-

glise de Jérusalem, *■ ^ .

mencement et lut de préférence les livres du Canon hébreu. Cet usage dut se conserver après Tan 70, lorsque les membres de cette communauté se recrutèrent presque en totalité parmi les Gentils. Il arriva donc qu'à Jérusalem on finit par laisser les deutérocanoniques davantage dans Tombre; plusieurs allèrent même jusqu'à leur reconnaître moins d'autorité qu'aux protocanoniques.

et celles de TÉgiise 9- — Pareillement, à Alexandrie, la coutume s'établit, dès avant Origène (i), de répartir en deux classes les livres sacrés destinés à être lus aux fidèles : i) ceux qui servaient aux lectures publiques dans l'assemblée des chrétiens (protocanoniques) ; 2) ceux qui étaient réservés aux catéchumènes (deutérocanoniques; à ces derniers on ajouta des écrits pieux, édifiants, instructifs : tels le Pasteur d'Hermas, la A'.Sayj] twv àxoaxoXwv (2). — Cette pratique n'était point fondée sur la tradition juive, mais bien, comme nous l'apprend Origène (3), sur la nature des livres scripturaires dont les uns, en raison de leur enseignement plus élevé ou des difficultés qu'ils présentent, s'adressaient aux plus avancés, tandis que les autres, plu^ simples convenaient mieux à ceux qui avaient encore besoin du lait de la doctrine (4).

Deux autres eau- 10. — Ajoutous quc Ics Pèrcs d'Orient dépendent plus ou dUsc?édir^deT^deu- moius d'Origèuc (5), et de l'école d'Alexandrie. Ces influences

térocanoniques en p , i . . » i.-ri t

Orient. lurcnt douc aussi cause, en partie, que 1 Eglise grecque parut

(i) Cf. Orig., In Num. homil., xxvii, i.

{2) 11 ne suit pas de là que ces deux écrits aient été regardés comme divins par toute l'Église grecque. Même à Alexandrie, on n'ignorait pas qu'ils n'étaient point à confondre absolument avec les livres inspirés. Cf. Dondero, Institut, bibiicœ, p. 94.

(3) Loc. cit, (4)Gf. Corncly, op. ci7., p. 100,

(5) Franzelin [op. cit., pp 448, sqq.) pense que la diffusion des Hexaples d'Origène fut la cause première du discrédit relatif des deutérocanoniques en Orient. Ce sentiment paraît exagéré. Il est vrai cependant que plusieurs donnèrent, en effet, une interprétation fâcheuse aux signes diacritiques placés par Origène devant les livres, ou fragments de livres, que ne renfermait point le Canon palestinien, comme si ces obéles avaient réellement signalé des interpolations ou des passages apocryphes.

pendant assez longtemps moins favorable, que l'Eglise latine, à la canonicité des livres absents de la Bible hébraïque.

Enfin, le silence gardé généralement sur les deutérocanoniques dans les controverses entre Juifs et Chrétiens fit qu'on s'habitua peu à peu à laisser de côté ces livres, et à leur accorder dans la pratique un moindre crédit,

De ces conirovcr- ^^ — Ouoi Qu'il cu soit, de CCS controjcrscs du IV® et du

ses deux faits se dé- ^ ^ '

gagent: yc sièclcs, clcux faits se dégagent.

1) Le premier, c'est que partout on admit en principe, et l'on

déclara ouvertement que le Canon des Ecritures doit être réglé d'après la tradition de l'Eglise, et non d'après celle de la synagogue.

Le second, c'est que, malgré leurs divergences de vues aucun schisme, aucun conflit doctrinal, n'éclata entre les deux grandes Églises d'Orient et d'Occident ; — i) parce que, sans doute, la question dont il s'agit n'avait alors qu'une portée secondaire, les décisions prises touchant le Canon étant plutôt disciplinaires que dogmatiques (i) ; — 2) parce que les écrivains orientaux se servaient quand même des deutérocanoniques, et les citaient à peu près comme les occidentaux (2).

(i) Cf. Loisy, op. cit., p. i35. — Rappelons ici ce que Bossuct écrivait à Lcibnitz : « Le terme de canonique, n'ayant pas toujours eu une signification uniforme, qu'un livre soit canonique en un sens ce n'est i)as uicr qu'il ne le soit en un autre; nier qu'il soit — ce qui est très vrai — dans le Canon des Hébreux, ou i-eçu sans contradiction parmi les Chrétiens, n'empêche pas qu'il ne soit au fond dans le Canon de l'Église, par l'autorité que lui donne la lecture presque générale et par l'usage qu'on en faisait par tout l'univers. C'est ainsi qu'il faut concilier plutôt que commettre ensemble les És:lises et les auteurs ecclésiastiques, par dos principes communs à tous les divers sentiments et par le retranchement de toute ambiguïté ». Oï^uvres, t. IV, ]). 610, éd. Berche.

(2) Des critiques, Magnicr par excmj)le [op. cit., p. 3io), exagèrent en attribuant à toutes les décisions que les conciles et les pontifes antérieurs au v« siècle firent paraître sur le Canon de l'Ancien Testament, une ])orlce « foncièrement dogmaticjue ». D'autres, comme le P. Cornely (op. cit., p. m) dont novis ])arlageons Tavis, estiment avec jilus de raison que les Pères et les Conciles ne voulurent alors « qu'indirectement manifester leur pensée touchant l'origine et l'autorité » des deutérocanoaiques.

LEÇON QUATRIÈME

Le Canon de l'Ancien Testament dans l'Église chrétienne depuis le VP siècle jusqu'au X^

Le Canon de l'Ancien Testament au vi« siècle, i) en Occident, et 2) en Orient. — Différents témoignages. — Trois difficultés : Junilius, saint Grégoire le Grand, Léonce de Byzance. — Le Canon de l'Ancien Testament au vu* siècle, i) en Occident, et 2) en Orient. — Témoignages divers. — Le Canon de l'Ancien Testament au viu^ et au ix^ siècles. — Quelques témoins peu favorables; explications.

Le Canon de l'Ane, Test, au xi" s.

V" assertion :

le Canon en Occident

1 . — II est intéressant de suivre siècle par siècle les vicissitudes du Canon de l'Ancien Testament dans les deux grandes fractions — occidentale et orientale — de l'Ég-Iise chrétienne.

D'abord au vi^ siècle, en Occident, l'accord touchant l'autorité DIVINE DES DEUTÉROCANONIQUES PERSITE PARTOUT.

Dans l'Église romaine.

S, Hormisdas.

Denys le Petit.

Cassiodore.

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