Tatien
Cet écrivain, qui après la mort de saint Justin^ son maître, était retourné de Rome en Assyrie, son pays d'origine, composa à Edesse une harmonie des quatre Evangiles connue sous le nom de Diatessaron. Ecrite en syriaque d'après Zahn, en grec selon Harnack, l'œuvre de Tatien était bien réellement une combinaison — auvcnoéia. — de nos quatre Evangiles. Vers 1876, on en a publié une traduction latine faite sur une ancienne version arménienne. Tous savent donc maintenant que le Diatessaron commençait par le prologue de saint Jean; suivaient différents récits : le baptême de Jésus (cf. Luc., ni), la tentation au désert (cf. 3Itt., iv), la vocation des premiers disciples (cf. Jea?i, I, 35, ss.), les noces de Cana, etc. Les quatre évangélistes étaient mis par conséquent à contribution, et leurs narrations harmonisées chronologiquement. Tatien modifia, sans doute, çà et là les textes évangéliques pour arriver à ce résultat, mais il est remarquable qu'il employa peu les apocryphes, et n^itilisa guère dans sa compilation que les livres contenant l'histoire authentique de la vie et de- la prédication du Sauveur. C'est ce qui donne au Canon de Tatien une délimitation précise et arrêtée, qu'on trouve assez rarement chez les écrivains de l'époque.
Le Diatessaron était demeuré VEoanrjfiie officiel de l'Église syrienne au temps de saint Éphrem (iv® siècle).
Les autres livres o TVT • i tv-^ rr\ . . i m
du Canon de Tatien. O. — iNous uc savous pas SI le i^ouvcau 1 cstamcnt de latien comprenait encore les autres livres désignés sous le nom collectif de ol 'A7u6(7ioaoi . Loisy estime que les Actes et les Epîtres àe saint Paul s'y trouvaient également, mais que l'Apocalypse etles Epîtres catholiques n'y étaient point (2).
'i) Cf. Loisy, op. cit., p. 58. — 11 ne s'ensuit pas que saint Justin ait tenu ces écrits pour apocryphes ou non canoniques. L'occasion de les citer a plutôt dû lui manquer. (2j Op. cit., p. Go.
178 LEÇONS D'INTRODUCTION GÉNÉKALE
Ce qui est certain cependant, c'est que la version, dite Peschito, en usage dans l'Eglise de Syrie vers la fin du 11^ siècle, renfermait avec les quatre Évangiles, les Actes des Apôtres, les i4 È pitres de saint Paul, celle de saint Jacques, la /'^ de saint Pierre et la /"^ de saint Jean. Manquent la lettre de saint Jude, la Ih de saint Pierre, la IP et la ///" de saint Jean, — comme dans le Canon de saint Justin. — et X Apocalyse{\).
3; s, Irénée. 9. 3) Saint IrÉNÉE.
On sait que cet illustre Père, qui écrivait vers Tan i85, avait été disciple de saint Poljcarpe, lequel fut disciple de l'apôtre Jean. Il devint évoque de Lyon où il mourut. L'iiôa^^eXtov Qj. çjjç2 lui — et il en était de môme dans les Ésflises des
de s. Irenee. ^ > .
Gaules à son époque, — l'Eja^y^^^'-^v est parfaitement fixe : « Quatre Evangiles, dit-il..., ni plus, ni moins » (2). L'Auo7ToXi>tov La seconde partie du Canon — xb à-c^xoXty.ov — paraît moins
de s. Iccuce. ,. i»i-'»/-\j i ^ a
Clairement délimitée. On s accorde pourtant a reconnaître que saint Irénée dut admettre tous les livres de notre Canon actuel, sauf ^^^a^^'e d'après Cornely(3) : XEpitre aux Hébreux, les Épitres de saint Jacques et de saint Jude, et la //« de saint Pierre. Mais nous croyons, avec Loisy (4) et d'autres critiques, que le saint évêque de Lyon possédait VEpitre de saint Jude, qui était alors dans le Canon des Églises de Rome et d'Afrique; qu'il connaissait également VE pitre de saint Jacques, car il paraît l'avoir citée (5). Deux Epitres seulement n'ont pas été admises par lui : VÊpitre aux Hébreux et la //* de saint Pierre (6).
4) LeM iiralorianum.