‹ Leçons d'ophthalmologieChapitre 45 sur 45 · FACULTÉ DE MEDECINE DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

FACULTÉ DE MEDECINE DE BORDEAUX

SOMMAIRE 1111 COIKS [l'OI'IITAI.IIOLOGIE. — D1' 1ÎADAL.

MESURE DE LA RÉFRACTION ET DE L'ACUITÉ A L'AIDE DES VERRES D'ESSAI ET DES ÉCHELLES TYPOGRAPHIQUES.

r l. DEUK S LECR0SN1ER, EDITEURS

Place de l'Ecolc-de-Médccine. — Paris.

L'examen sera pratiqué à une distance de 5 ou 6m. Chaque œil doit être examiné isolément, l'autre étant masqué par un écran.— L'acuité visuelle ou sens des formes (V) a pour mesure une fraction dontjle numérateur est la distance [d) à laquelle se pratique l'examen, et le dénominateur le numéro (») de la série des plus petits caractères de] l'échelle, pouvant être lus à l'aide du verre qui corrige la réfraction (V = d/n). Le numéro de chaque série indique, en mètres, la distancje maximum à laquelle un œil d'acuité normale peut lire les lettres qui la composent. — On entend par verre correcteur de la réfraction, (myopie, hypermétropie ou astigmatisme), le verre sphérique, cylin-

drique ou sphéro-cylindrique, qui, mis au-devant de l'œil, le place dans les conditions de l'emmétropie, c'est-à-dire permet de voir au loin le plus distinctement possible. — Si l'accommodation n'a pas été paralysée par l'atijopine, ou n'a pas disparu par l'effet de l'âge, il se peut que plusieurs verres élèvent au même degré le chiffre de l'acuité ; dans ce cas, la mesure de la réfraction est donnée par le numéro [N] du verre convexe le plus fort ou concave le plus faible. — L'acuité atteignant son maximum à l'aide du verre qui corrige la réfraction, il s'ensuit que les deux déterminations : mesure de la réfraction et mesure de l'acuité, se font simultanément.

1° Le sujet lit à l'œil nu et à une distance de d mètres la série qui porte le n°n. Il se trouve que d = n.

Dès le début de l'examen, trois cas peuvent se présenter :

L'accommodation a été paralysée par l'atropine! Conclusions immédiates : Emmétropie (E). Acuité (V) = djn = 1, puisque d = n. Suivant qu'il s'agira de l'œil droit, ou de l'œil gauche, on notera ODJou OG : E; V= I.

L'accommodation n'a pas été paralysée. La seut,e con- ( La vision se trouble; le sujet ne peut plus lire la série qui porte le numéro n — d; il n'y a donc pas d'hypermétropie. Conclusions : Réfractioii et acuité normales (E; V = 1). clusion permise jusque-là, c'est que V= 1, It qu'il \ La vision reste aussi distincte; donc : Hypermétropie. On essaiera successivement des verres convexes de plus en plus forts : + 1, + 1,50, etc. Le numéro N le plus élevé, avec lequel le sujet peut n'y a ni myopie ni astigmatisme. — On placera au- ) lire encore cette même série n, donne : au-dessus de 50 ans, la mesure de l'hypermétropie totale (Ht); au-dessous de cet âge, la mesure de l'Iiiypermétropie manifeste (Hm). La portion restée latente devant de l'œil le verre convexe + 0,75. V est d'autant plus considérable que le sujet est plus jeune. Comme conclusions, on aura donc, dans le premier cas : Ht = N; V = 1 ; et dans jle second cas : Hm = N; V = 1

2° Le sujet lit à l'œil nu et à une distance de d mètres, une partie des caractères de l'échelle; il lit encore une certaine série qui porte le numéro % et ne peut aller au-delà. Mais cette fois n est plus grand que d, en d'autres termes, le sujet n'arrive pas à lire les caractères qui correspondent à une acuités I .

Cela peut tenir à une anomalie de réfraction, à un défaut de transparence des milieux de l'œil, à un état morbide des membranes profondes, du nerf optique ou des centres nerveux; enfin il se peut que l'acuité se trouve affaiblie par l'effet de l'âge, comme le montre le tableau ci-dessous :

(l)Aruilc normale d'après Damiers :

A 10 ans 22/20

(1) Toutefois, il est certain que beaucoup de personnes âgées ont une acuité supérieure a celle qu'indique Donders; aussi lorsqu'on constate que l'acuité, sans le secours de verres, ne dépasse pas le chiffre indiqué ci-dessus, on devra rechercher si des verres faibles, en corrigeant un léger défaut de réfraction, n'élèvent pas le chiffre de l'acuité. Le résultat est-il négatif? Il sera bon de s'assurer, par l'examen ophtalmoscopique, qu'il n'existe aucune lésion des membranes profondes pouvant entrer, du moins pour une part, dans cet affaiblissement de l'acuité.

Des verres convexes de plus en plus forts, à partir du n° + 0,75, rendent la vision de plus en plus distincte jusqu'à un certain numéro au-delà duquel l'acuité reste stationnaire pour plusieurs verres, et décroît ensuite.

Soit N, le plus fort des verres avec lesquels on obtient la meilleure acuité.

Les verres convexes troublent la vision; au contraire, des verres concaves la rendent de plus en plus distincte à partir de — 0,75 jusqu'à un certain numéro au-delà duquel l'acuité reste la même pour plusieurs verres, puis baisse de nouveau. Soit N, le plus faible de ces verres.

Aucun verre sphérique, convexe ou concave, n'améliore l'acuité. — On essaiera des verres cylindriques.

Mali

î° Le sujet ne peut lire aucune des lettres du tableau.

Un disque sténopéique à trou d'épin-

(2) Toutes les fois que l'emploi des verres cylindriques ou de l'ouverture sténopéique aura révélé l'existence de l'astigmatisme, il sera bon d'avoir recours au collyre d'atropine (0,01/10 gr.) et de ne reprendre l'examen qu'une heure après, lorsque la paralysie de l'accommodation sera complète. On se mettra ainsi a l'abri des erreurs résultant de la contraction instinctive du muscle ciliaire.

Rend la vision plus distincte.

, > . . , ,,>,..,., r* tt i. ■ ■ i ^ L'accommodation a été paralysée. : Ht = N. A l'aïqje de ce verre, 1 acuité devient égale a 1, ou tout au moins se trouve normale, eu égard a 1 agc(1). Donc : Hypermétropie simple. < ,, mit' '•' »r > t ' • w v

L'acuité n'est améliorée suivant aucun i L'acuité est amoindrie. Conclusion : Hypermétropie simple, avec affaiblissement de l'acuité. Suivant que l'accommodation a été, ou méridien. — Le verre cyl. est remplacé ) non, paralysée, on aura : Ht, ou Hm = N. par le disque à trou d'épingle. f L'acuité devient meilleure : Astigmatisme hypermétropique irrégulier. Tout ce! qu'on pourra faire sera de corriger l'hypermétropie.

ce verre, l'acuité reste in-

férieure à la normale, eu égard à l'âgel — Un verre cylindrique positif faible (+0,75) sera superposé au verre sphérique, et l'on fera tourner lentement ce verre cylindri jije en cherchant quelle direction de l'axe donne la meilleure acuit

La vision devient plus distincte dans certains méridiens que dans d'autres. La progression est régulière du méridien auqjuel correspond le minimun à celui auquel correspond le maximum d'acuité (méridiens principaux). Il existe donc un astigmatisme hypermétropique composé. Le méridien le moins hypermétrope est celui qui correspond à l'axe du verre lorsque l'acuité est la meilleure; le déficit de réfraction dans ce méridien est représenté par le n° N du verre sphérique le plus fort qui a donné la meilleure acuité avant l'adjonction du verre cylindrique. Le déficit, dans le méridien le plus hypermétrope, sera donné par N + N', en désignant par N' le n° du verre cylindrique convexe qui, superposé au verre sphérique et l'axe dirigé parallèlement au méridien le moins hypermétrope, donnera la meilleure acujté possible. Si l'on désigne par T° l'inclinaison de ce méridien, on aura comme conclusion : Astigmatisme hypermétropique composé, corrigé, pour la vision au loin, par le ievre sphéro-cylindrique : Sph. -f- N; Cyl. + N', T° (2).

A 1 aide de ce verre, l'acuité devient égale a 1, ou tout au moins se trouve normale eu égard à l'âge (1). Donc : Hypermétropie simple. Que l'œil ait été soumis; ou non, à l'action de l'atropine, on aura : M = N

Malgré ce verre, l'acuité reste inférieure à la normale eu égard à l'âge1. — Un verre cylindrique négatiffaible ( — 0,75) sera superposé; au verre sphérique et l'on fera tourner lentement ce verre

cylindrique en cherchant quelle direction de l'axe donne la meilleure acuité.

L'acuité n'est pas améliorée. Le verre j ^acuité est amoindrie. Conclusion : Myopie simple = N, avec acuité au-dessous de la normale, cylindrique est remplacé parle disque a / 7,'acuité devient meilleure. Conclusion : Astigmatisme myopique irrégulier. Tout ce qu'on pourra faire, sera de corriger la myopie, trou d'épingle. (

La vision devient plus distincte dans certains! méridiens que dans d'autres : il existe un astigmatisme myopique composé. Le méridien le moins myope est celui qui correspond à l'axe du verre, lorsque l'acuité est la meilleure ; l'excès de réfraction dans ce méridien est représenté par le n° N du verre sphérique concave qui a donné la meilleure acuité avant l'adjonction du verre cylindrique. Dans le Méridien le plus myope, l'excès sera donné par N + N', en désignant par N' le n° du verre cylindrique concave qui, superposé au verre sphérique et l'axe dirigé parallèlemei t au méridien le moins myope, donnera la meilleure acuité possible. Désignant par T° l'inclinaison de ce méridien, on aura comme conclusion : Astigmatisme myopique composé, corrigé, pour la vision au loin par le verre sphéro-cylindrique : Sph — N ; Cyl — N', T°. (2)

Le verre cyl. convexe + 0,75, que l'on fait tourner au-devant de l'œil, améliore Acuité quand son axe arrive dans une certaine direction. Dans la direction ojposée, l'acuité descend, au contraire, à son minimum : il ne peut y avoir qu'un astig. hyperm. simple. Le méridien emmétrope est celu auquel correspond l'axe du verre lorsque l'acuité est la meilleure; le méri lien le plus hyperm. est perpendiculaire au précédent Pour connaître le déficit de réfraction dans ce méridien, on cherchera cruel est le verre cyl. convexe qui donne le maximum d'acuité, son axe étant dirigé parallèlement à la direction du méridien emmétrope. Soit N le numéro de ce verre, T« l'inclinaison de son axe, on aura comme conclusion : Astigmatisme hypermétropique simple, corrigé, pour la vision au loin, par jle verre cylindrique 4-N, T . (2)

Les vlrres cylindriques positifs rendent la vision plus confuse; au contraire, le cylindrique concave - 0,75, placé dans une certaine direction, rend l'acuité meilleure : on est en présence d'un astigmatisme myopique simfle. Le méridien emmétrope est celui auquel correspond l'axe du verre, lo,V l'acuité est la meilleure ; le méridien le plus myope est perpendiculaire au précèdent. Pour connaître 1 excès de ,vè action dans ce méridien, on cherchera quel est le verre cylindrique concave qui donne !e maximum d'acuité, son axe étant dirigé parallèlement à la direction du méridien emmétrope; on aura donc, comme conclusion, en faisant usage de la notation ci-dessus : astigmatisme myopique simple, corrigé; pour la vision au loin, par le verre cylindrique N, Tu. ^2)

Aucun verre cylindrique ne rend la vision plus distincte. Cependant l'acuité devient meilleure lorsque le sujet regarde à travers un disque sténopéique à trou d'épingle. La fente sténopéique sera substituée au trou d'épingle, et on la fera tourner lentement au-devant de l'œil.

plus distincte dans certains méridiens que dans d'autres. Soit T° l'inclinaison du méridien pour lequel l'acuité est la meilleure; on en commençant par le n" 0,75, quel est le verre sphérique convexe le plus fort, ou concave le plus faible qui, superposé a la fente

La vision est

sSSfc^^ la mème détermination en Pla?ant la fente stén°Péi(Iue dans]e méridieD de ^ns contraire.

Si le verre kit convexe dans le premier cas, il sera concave dans le second, et vice versa. Soit N le numéro du premier verre, N' celui du second. Conclusion : Astigmatisme mixte, corrigé par les verres : cylindrique + N, T° et cylindrique

même dans tous les méridiens : Astigmatisme irrégulier que ne pourra corriger aucun verre

N', à angle droit sur le précédent. (2)

\ La vision se miontre à peu près Aucun verre cylindrique n'améliore l'acuité. Le disque à trou d'épingle ne rend pajs la vision plus distincte. Conclusion : Emmétropie avec acuité foncièrement mauvaise.

On remplacera le disque par des verres sph. convexes de plus en plus forts : + I + % + 3, etc. Si aucun d'eux n'améliore l'acuité, on essaiera des verres ^^^^^^ ™ T^Z^ résultat, on aura recours aux verres cyl. Dès qu'un verre, quel qu'il soit, amcli| suffisamment l'acuité pour permet^ de : d c ^ ^f ^ ^ ^Z^lTZ évXL'n app oxima-

Si aucun verre ne rend l'acuité meilleure, c'est qu'il existe un astigmatisme irrégifier avec acuité très mauvaise, soit par le fait de 1 astigmatisme, son pour iouu. a tive de l'acuité, on priera le sujet de se rapprocher peu à peu du tableau jusque ce qu'il puisse déchiffrer au moins la première lettre.

N'améliore pas la vision. . . | L'acuité est foncièrement mauvaise; sa mesure approximative se fe

ra comme il vit d'être dit. L'amétropie, s'il en existe, n'a plus qu'une importance secondaire. Aucun verre ne rendrait l'acuité meilleure.

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