PIED PLAT
site et qui se trouvait précisément dans ces conditions, était un des plus admirables marcheurs que l'on puisse imaginer; à Ëicêire, les bons marcheurs avaient presque tous ce type de conformalion.
Il y a cependant des pieds plats pathologiques qui méritent justement et forcément la réforme, de même qu'il y a des pieds creux que tout le monde regarde comme pathologiques; il nous reste à examiner ces cas.
Vous verrez, du reste, qu'ils nous conduiront insensiblement au pied bot : c'est vous dire qu'il y a dans ces cas une certaine part à faire à la déviation ; il y en a en ouire où il s'agit d'un véritable arrêt de développement portant sur le calcanéum, ainsi que l'a démontré M. Rogne tta (1).
C'est en effet lorsqu'au pied large se joint un certain degré d'abduction permanente qui constitue un léger valgus, que les fondions du membre sont gênées ou plus ou moins empêchées. M. Bouvier (2), adoptant à ce sujet les idées développées par M. Duchenne (de Boulogne) (3), cherche surtout dans l'affaiblissement de l'action du long péronier latéral l'explication de cette conformalion du pied et de ses variétés. Quoi qu'il en soit de ces vues ingénieuses qui touchent à la physiologie et à la pathologie , ces deux observateurs font, comme nous, deux classes de pieds plats, les uns per-
(1 ) RogneUa, Du pied plat {Archioes générales de médecine 1 834 t. IV, p. 53).
(2) Leçons cliniques sur les ma/or/jcs chroniques de C appareil locomoteur, \ 858, p. 170-172.
(3) Archives générales do médecine, 1 856.
'lO/l. LEÇONS u'oimioi'Kuiii.
mettant la marche comme à l'état normal et non douloureux, les autres la rendant au coniraire plus ou moins imparfaite, plus ou moins douloureuse. Parmi ces derniers, il en est de congénitaux et d'accidentels ; leur caractère commun est l'accroissement de la difformité avec le temps. Peu douloureux chez les enfants, chez l'adulle, à difformité égale, ils gênent noiablement la marche, ce qui lient au poids plus considérable du corps. C'est ordinairement après une marche un peu longue que surviennent les douleurs, cependant il est des individus qui ne peuvent se livrer au moindre exercice sans éprouver de douleurs.
Le pied creux pathologique, beaucoup plus rare que le pied plat, est, comme ce dernier, congénital ou acquis; comme lui, il peut se compliquer de déviations; tantôt direct, il peut présenter d'autres fois un certain degré d'adduction ou d'abduction, il peut aussi conduire au talus, et peut-être même au varus. Sonétiologie, plus obscure encore que celle du pied plat, a été aussi l'objet des investigations de M: Duchenne (de Boulogne), qui fait jouer un rôle dans sa production au long péronier latéral rétracté, au triceps sural et aux fléchisseurs des orteils.
Nous aurons à discuter, en parlant du traitement des pieds bots, ce que peut l'orlhopédie contre de pareils vices de conformation; les indications semblent évidentes à certains points de vue, il nous restera à voir ce que l'on peut obtenir.