‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 24 sur 102 · NI · texte numérisé non relu

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secours d'une pelle ou d'un fil , la masse de pâte qui se moule en sortant sous forme de prismes ou de cylindres dont la section est la même que celle de Touverture mise à nu par la vanne.

En Chine , le mélange des pâtes se fait en plaçant dans une auge en pierre les matériaux à mêler et en les faisant fouler longtemps par des buflles dressés à ce genre de travail.

Il est inutile d'ajouter ici qu'on peut employer, dans le cas qui nous occupe , tous les divers systèmes de malaxeurs appliqués actuellement , dans l'art de bâtir, à la confection des bétons et mortiers.

RAFFERMISSElfEIlT DBS PATES.

Quelques fabrications grossières peuvent employer la pâte telle qu'elle sort des tines à malaxer. Il n'en est plus de même pour les pâtes fines dont les éléments sont fournis par des matériaux qu'on a mélangés à l'état de bouillie. Ces pâtes se déposeraient par ordre de densité, si l'on n'avait soin de les ramener à l'état pâteux ; on donne le nom de ressuage ou de raffermissement des pâtes aux méthodes diverses à l'aide desquelles on amène les pâtes céramiques à la consistance dite fjoteiise.

On enlève à la pâte l'eau qu'elle contient en excès :

1°. Par évaporation spontanée ;

2°. Par évaporation aidée de l'action de la chaleur ;

3°. Par absorption au moyen de matières poreuse»;

4"*. Par filtration avec ou sans pression au moyen du vide ;

5°. Par compression.

Raffermissement par évaporation spontanée. — Dans les localités qui jouissent de saisons prolongées sans pluie , on se sert de grands hangars bien ventilés sous lesquels les pâtes sont mises à se raffermir spontanément. Après qu'on les a recueillies dans des réservoirs spéciaux, on décante toute l'eau qui surnage le dépôt au moyen de trous qu'on nomme cliante-pleurs, placés les uns au-dessus des autres et auxquels on adapte des bouchons qu'on retire à volonté. Le fond et le côté de ces réservoirs, comme ceux des gâchoirs et des cuves de dépôt, sont formés de briques faites avec des terres sembables à celles qui doivent servir à confection-

ner les pièces courantes; on les cuit aux feux les plus élevés pour qu'elles ne se détériorent ni par l'action de l'eau ni par celle des outils qui servent à remuer la pâte.

Lorsque dans quelques pays septentrionaux on emploie la simple ventilation pour raffermir les pâtes, on les place dans des caisses à peu près carrées exposées au midi, munies de couvercles à charnière qu'on abaisse quand il pleut et qu'on relève quand le temps s'est remis au beau.

Raffermissement par la chaleur, — Dans les fabriques qui travaillent bepuxup, lorsque surtout le plâtre est rare et le combustible a Don marché, on pratique des séchoirs artificiels dont la description peut nous intéresser (y?^. 122). Sous un bâti-

Flg. ISî.

ment du rez-de-chaussée , fermé supérieurement par un toit recouvert de tuiles à claire-voie , pour que la vapeur d'eau puisse s'échapper facilement, on bâtit deux murs parallèles élevés à 0^,70 du sol, écartés l'un de l'autre de i™,4o; on leur donne une épaisseur de g"", 33. On établit de distance en distance des arcadons destinés à supporter les tuiles qui doivent former la plate-forme on le fond du séchoir; pour activer le raffermissement de la pâte, il faut diminuer le nombre des arcadons et donner aux tuileaux la plus grande longueur possible. Dès que les murs et les arcadons sont faits , on remplit les voûtes pour élever ces espèces de murs de refend jusqu'à la hauteur du sommet des arcadons, on les assujettit de niveau et on les recouvre au moyen des tuiles qu'on place aussi jointives qu'il est possible. On fait ces tuiles avec la même terre que celle qu'on met en œuvre dans la manufacture, pour la même raison qui fait préparer cette terre pour la confection des gâchoirs et des caisses de dépôt. Au-dessus de ces tuiles de

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fond, on élève les murs à la hauteur de o",4o sur les côtés et sur les extrémités au-dessous de Tune desquelles on dispose une grille qui sert de foyer; ou a disposé à l'autre extrémité, pour obtenir un tirage facile et peu coûteux, une cheminée très-haute qui sert souvent pour deux séchoirs artificiels. La capacité delà fosse est souvent divisée en compartiments A, B, C qui reçoivent successivement les pâtes raffermies; le ressuage commence en C, se continue en B et se termine en A.

On porte les pâtes à l'ébullition et la disposition du fourneau permet en quelque sorte une dessiccation méthodique, La longueur d'un four, ayant la cheminée centrale, peut souvent s'étendre jusqu'à 20 mètres. Dans ces appareils, qui ont la forme appelée galères^ la pâte, sortant des cuves de mélange ou de décantation, est ordinairement amenée dans la première caisse du séchoir par une pente naturelle ou par des roues à godets, ou des noria (fig, laS); on agite constamment et le râblage empêche les parties qui constituent la pâte de se séparer pendant le raffermissement. Ce procédé , généralement coûteux , est employé principalement pour la fabrication de la terre de pipe et des poteries fines anglaises et françaises. On n'emploie cependant que des combustibles de peu de valeur.

Raffermissement par absorption. -- Pour les fabriques dont l'importance n'est pas aussi considérable que celle des terres de pipe ou des cailloutages , on obtient , après avoir hâté l'évaporation et la décantation par l'exposition du soleil , un raffermissement plus complet, en mettant la pâte en contact avec des matières poreuses avides d'humidité ; dans la plupart des cas on se sert de la terre cuite ou du plâtre.

BKun de deMéohement. — Dans les petites fabriques de faïence, on prend la pâte dans un certain état de dureté pour la projeter avec ^Ofce, au moyen de la pelle avec laquelle on l'enlève des brouettes servant à leur transport, contre des murs exposés à la radiation solaire; lorsque la pâte est séchée, qu'elle menace de se détacher.

on la retourne en la collant sur la seconde face restée plus molle. Les murs abreuvés d'eau se sèchent, et lorsqu*ils sont détériorés, on les recharge de plâtre; ces murs sont ordinairement bâtis en briques surmontés d'une toiture légère qui protège leurs faces contre les pluies les plus fréquentes.

Coquet. — On met souvent la pâte en bouillie dans des caissons de plâtre , tantôt circulaires et creusés en segments de sphère , tantôt rectangulaires à cavité prononcée , à parois épaisses pour être très-absorbantes. On termine quelquefois le raffermissement commencé dans ces caissons au moyen des murailles de dessèchement , mais quelquefois encore le raffermissement est complet dans les caissons; les fabriques de porcelaine n'emploient souvent pas d'autres moyens de raffermir leurs pâtes. A la manufacture de Sèvres les caissons reçoivent le nom de coques [fig. 124); elles ont la forme de parallélipipèdes; deux cavités A facilitent le

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transport ; on abat les arêtes pour éviter une détérioration trop grande [fig, ia5) ; on établit de même à l'intérieur une sorte de congé dans les angles [fig, 126) pour faciliter la dépouille.

Fi;. 126.

Le plâtre, en absorbant l'eau de la pâte , met les parties qui le touchent dans un état de fermeté qui s'oppose à l'absorption de l'eau centrale. On soulève la partie déjà raffermie pour faire couler en dessous celle qui est encore liquide : sans cette précaution on est obligé de perdre beaucoup de temps à battre et rebattre la pâte avant de la livrer dans les ateliers de façonnage; il se forme des durillons, cause de rebut pour toutes les pièces qui les contiennent.

Cette méthode , nous l'avons dit , n'est praticable que dans les fabriques d'une importance médiocre; elle exige une dépense assez considérable pour l'approvisionnement, l'entretien et le transport de toutes ces caisses souvent pesantes ; il faut des hangars assez vastes pour abriter de la pluie les coques et les pâtes

qu'elles renferment; il faut les faire sécher pour enlever Teau dont elles sont abreuvées, même lorsqu'elles n'ont pas encore servi.

On se sert à la Chine d'une méthode qui semble reposer sur le même principe. Au fond d'une caisse peu profonde on place des briques de plâtre longues, larges, épaisses, parfaitement sèches; on les recouvre d'un drap ou d'une toile sur laquelle on verse la pâte sous la forme d'une bouillie claire qui ne tarde pas à prendre l'apparence de croûtes d'une consistance convenable.

En plaçant les coques ou les briques, dont nous venons de parler, sur des sables ou des escarbilles, du gravier , on obtiendrait en quelque sorte une absorption continue, une espèce de yf//rfl//o/i reposant sur les principes que nous devons examiner maintenant.

Raffermissement par filtration. — Tout le monde sait que pour réunir une matière insoluble en suspension dans l'eau , il suffit de la retenir au moyen d'un corps poreux dont les pores soient assez petits pour empêcher la matière de les traverser. Cette méthode, évidemment applicable au cas qui nous occupe, ne donnerait que des résultats incomplets et coûteux par suite de la lenteur de la filtration ; on a cherché , sans modifier le principe , à rendre le travail plus actif en aidant la filtration au moyen de la pression atmosphérique.

Tous les appareils proposés et mis en pratique ne diffèrent que par le' moyen de faire le vide au-dessous des caisses perméables, qui contiennent la pâte céramique. Ces caisses doivent toutes satisfaire à la seule condition d'arrêter la matière solide et de ne pas s'écraser sous le poids de la masse qui les charge.

Filtration par la condensation de la vapeur d'eau. — On est

parvenu dans la manufacture d'Arboras à raffermir une pâte trèsplastique > en la versant à l'état de bouillie claire dans des trémies en fonte ajustées sur un tuyau dont l'engorgement, par les galets qui composent le filtre proprement dit, est impossible, à l'aide (l'une calotte sphérique K [fig, 127). On verse sur le fond de la trémie un lit de galets sur lequel on place un drap de molleton de laine; le tuyau communique avec un réservoir dans lequel vient se condenser la vapeur d'eau de la machine qui fait mouvoir tous les mécanismes de l'établissement. Le vide se fait lorsque l'air est chassé, et la filtration est beaucoup plus active que si la pression atmosphérique agissait en dessous de la trémie.

Filtration avec appel par écoulement. — Le résultat serait le même s'il était possible de remplir d'eau, puis de vider successivement le réservoir en communication avec la trémie par le tuyau de décharge. Si l'on a sous la main l'eau suffisante pour remplir, sans dépense , par une simple différence de niveau , le réservoir fermé par sa partie inférieure , un robinet à air ajusté sur la partie supérieure étant ouvert , le vide se fera dans ce réservoir par le fait seul de l'écoulement du liquide ; lorsqu'on ouvrira le robinet inférieur et qu'on tiendra fermé le robinet à air, la pression atmosphérique agira sur la nappe de bouillie dont on veut le raffermissement. Nous entrerons à ce sujet dans quelques détails.

C'est sur ce principe que repose l'appareil (fg, \tj) propre au raffermissement des pâtes de porcelaine, disposé chez M. Alluaud, l'un des plus importants fabricants de Limoges^ et construit par M. Talabot.

Deux cylindres de forte tôle A, A communiquent d'une part avec quatre grands entonnoirs B, B en fonte de i"*,5o de diamètre, et d'autre part avec un réservoir C. Les tuyaux établissant la communication des cylindres avec les trémies ou le réservoir portent en haut comme en bas deux robinets qui se manœuvrent simultanément au moyen de la tige G, qui en traverse les clefs et tourne avec le levier H placé sur cette tige. Le robinet supérieur E sert à mettre alternativement chaque cylindre en communication avec le tuyau 0 par lequel arrive l'eau du réservoir G, comme avec les tuyaux P, P qui communiquent eux-mêmes avec les entonnoirs B, B dans lesquels la filtration s'opère. Par cette disposition l'opération est continue, car un des réservoirs est en communication avec l'eau d'alimentation , quand l'autre communique avec les filtres.

Le robinet inférieur D sert à vider alternativement les cylindres au moyen du tuyau de décharge L qui plonge dans le réserv^oirM. Les robinets sont montés de telle sorte, que le cylindre qui s'emplit est fermé par le bas , tandis que le cylindre en vidange et dans lequel s'opère le vide est seul en communication avec les filtres. Ces entonnoirs offrent la disposition K dont nous avons parlé plus haut.

Sur un point quelconque du tuyau N , sur lequel s'embranchent les tuyaux P, P, on a fixé le manomètre qui donne la pression sous laquelle la filtration s'opère.

Pour bien comprendre le jeu de l'appareil, supposons que les

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eutonnoirs soient chargés do o"',i5ào™,iGdepàle liquido; «mouvrant le robinet J du réservoir C, l'un des cylindres dont le robinet à air F est ouvert, se remplira d'eau; le cylindre est plein

Flg. 127.

lorsque Tèau s'échappera par ce robinet : on le ferme et on fait le vide en changeant la position des robinets E et D au moyen du levier H. Le cylindre plein se vide par le tuyau de décharge L et ^ trouve en communication avec le tuyau N , le manomètre , les tuyaux P et les filtres. Après avoir fait jouer ainsi les robinets trois ou (^atre fois, après qûaï*ante ou quarante-cinq minutes, la pâte qni contenait o,5o d'eau ta'^n contient plus (Jue ô,ao, en se ré--

duisant à l'épaisseur de 0^,06 à o",o7. La pâte raffermie par celte

méthode acquiert une plasticité remarquable.

Raffermissement par compression. — Il est évident qu'on arrive à des résultats identiques si Ton augmente la pression à laquelle la pâte est soumise , en ne faisant pas varier celle du milieu dans laquelle s'écoule l'eau dont la pâte se sépare. C'est sur ce l)rincipe qu'est fondée la méthode proposée , puis mise en pratique par MM. Grouvelle et Honoré. La pâte, débarrassée de la majeure partie de son eau , est soumise, dans des sacs de toile forte à tissu très-fin, à l'action d'une pression considérable.

Presque toutes les manufactures de porcelaine ont essayé de celte méthode en faisant varier le mode d'action de la presse , la forme et la contenance des sacs.

Tantôt la pression est exercée sur le plateau qui recouvre les sacs au moyen d'une vis que fait tourner un engrenage ; l'ouvrier qui agit sur la manivelle doit exercer une pression continue.

Tantôt on presse les sacs à l'aide d'un bras de levier Irès-long , à l'extrémité duquel on agit au moyen d'un poids dont l'action est d'autant plus considérable qu'il est appliqué plus loin du centre de pression. Cette dernière disposition exige un mur solide, ainsi qu'une place considérable à cause de l'espace nécessaire au jeu des leviers. Mais elle permet aux ouvriers qui surveillent l'opération de s'occuper simultanément d'un grand nombre de sacs et d'aller d'une presse à l'autre, pendant qu'elles agissent.

La manufacture de Sèvres a fait usage pendant longtemps d'une presse à roues d'engrenage; cette presse permettait de raffermir de 6 à 700 kilogrammes de pâte par journée de douze heures, en opérant sur de la matière égouttée pendant le même temps. Les sacs contenaient environ 6 kilogrammes de pâte ; on les plaçait par 40 sacs, et on faisait trois pressées par jour.

Dans la manufacture de Chantilly, les sacs contiennent 45 kilogrammes ; à Saint-Gaudens, ils ne contiennent que 20 ilogrammes. On les fait en toile de chanvre à quatre brins, fortement battus et peu rouis; on leur donne une plus grande durée en les faisant bouillir dans de l'huile avant toute espèce de service. Cette amélioration importante fut introduite pour la première fois dans la manufacture de Bordeaux.

La pâte se trouve souvent raffermie sur les parois des sacs , et

très-molle encore dans le milieu des sacs ; en la pétrissant de nouveau , on mêle ces pâtes de consistances dififérentes pour eu faire des masses de consistance convenable.

Nous terminerons ce que nous venons de dire au sujet du raffermissement des pâtes, en ajoutant d'après Texpérience dé quelques manufactures de porcelaine, que généralement, à composition identique , la pâte pressée acquiert plus de plasticité que les pâtes raffermies par ébuUition ; mais cette méthode est dispendieuse à cause des sacs dont le renouvellement est assez fréquent, un sac ne pouvant guère être soumis plus de trois cents fois à Faction de la presse.

La pâte amenée par les divers moyens que nous venons d'indiquer au degré de consistance convenable pour être travaillée, doit être encore pétrie, battue, maniée, etc., pour acquérir l'homogénéité voulue , pour donner une masse se travaillant avec succès , c'est à-dire pour éloigner les chances de rebut résultant de gauchissement , de fentes , de trous , etc.

TECHIIOZ.OGXE ctsLAmxqm.

Pétrissage des pâtes.— Marchage, battage à la main , battage mécanique, coupage f tines à malaxer. — Ancienneté et pourriture des pâtes. — Façonnage, ébauchage à la main, au colombin ou à la balle, au ballon et sur le tour. — Tour, tournage. — Moulage; modèle; moule. — Moulage des pâtes sèches et pulvérulentes, des pâtes molles, à la balle, à la croûte, à la housse; moulage des pâtes liquides, coulage, calibrage. — Démoulage.

PRÉPARATION DES PATES

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