‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 36 sur 102 · BOIS · texte numérisé non relu

BOIS

Le bois est, à l'état vivant, composé d'un tissu fibreux au travers duquel circule un liquide qu'on nomme sév^.

Composition immédiate. — La composition des bois varie suivant leur essence. Mais comme les différences ne sont pas considérables , nous admettrons que dans l'industrie on puisse considérer qu'ils renferment les mêmes quantités de carbone, d'hydrogène, d'oxygène et d'azote, surtout lorsque l'on compare entre eux les bois tendres ou les bois réputés bois durs.

Cellulose. — Us renferment tous une matière qui forme environ les 0,95 du poids du bois, affectant l'apparence de cellules juxtaposées , tapissées à l'intérieur d'une matière incrustante ; purifié de tout mélange étranger, le tissu présente la composition de l'amidon. Nous avons appelé cellulose cette substance, qu'on retrouve dans tous les tissus végétaux.

Matière incrustante. — La matière incrustante paraît formée de plusieurs substances particulières ; M. Payen la regarde comme composée de quatre principes immédiats qu'il a désignés sous les noms de lignose, lignone, lignin et ligniréose. L'eau, l'alcool, Téther, l'ammoniaque et les alcalis permettent de les séparer. La matière incrustante accroît la dureté du bois; on la trouve donc en plus grande quantité dans les bois durs que dans les bois blancs.

La composition de la matière incrustante est elle-même variable ; on y a trouvé :

Carbone 62,0 à 54, o

Hydrogène ..». 6,2 a 6,5

Oxygène 39, 5 à 40 > ^

C'est , comme on le voit , une matière plus riche en carbone que la cellulose ; elle augmente donc la puissance calorifique des bois durs ; l'expérience confirme ce fait.

Au reste, la composition de tous les bois se trouve comprise

i68 DIX-SEPTIÈME LEÇON.

entre celle de la cellulose et celle de la matière incrustante en se rapprochant davantage de cette dernière.

Saù. -— Les anal3^ses que nous venons de rappeler se rapportent à des matières ligneuses séchées avec soin à + loo degrés. Mais les bois, dans leur état ordinaire, sont loin de présenter cette composition et la même valeur calorifique ; nous donnerons donc tous les détails que nous pourrons recueillir sur l'état d'hygrométrie des diverses essences que le fabricant de poteries peut employer dans ses cuissons ; ce feont , suivant les localités , le chêne , le bouleau , le tremble , le sapin et le pin.

En général , le bois vert au moment de la coupe contient une proportion d'eau qui varie entre 38 et 45 pour loo suivant les essences. Après un an de coupe, le bois retient encore en moyenne a5 pour loo d'eau. Un bois séché à loo degrés et exposé à l'air reprend encore, à la température ordinaire, 8 à la pour loo, fait présenté par tous les corps poreux. Le bois séché à l'air, et contenant 25 pour loo d'eau, n'équivaut guère qu'à o,38 ou 0,40 de carbone ; le pouvoir calorifique se trouve compris entre 2,800 et 2,900.

Selon M. E. Chevandier, la quantité d'eau correspondant au maximum de dessiccation , c'est-à-dire le minimum d'eau hygrométrique, contenu dans les essences forestières qui croissent sur le versant occidental des Vosges, se présente en moyenne au bout de dix-huit mois après la coupe pour les bois résineux ( sapin et pin), pour le hêtre, pour le bois de quartier de bouleau, de tremble , d'aune , pour les jeunes brins de tremble et de saule. Ce maximum de dessiccation n'est au contraire atteint eu moyenne qu'au bout de deux ans pour le chêne , le charme , les branches de bouleau , de tremble et les jeunes brins de bouleau et d'aune. Il est probable que ces résultats seraient d'accord avec ceux notés par les observateurs qui les recueilleraient dans d'autres localités.

Les bois résineux se dessèchent plus vite et reprennent plus facilement l'humidité que les bois non résineux à feuilles caduques, et parmi ces derniers les bois blancs (bouleau, tremble, aune, saule) contiennent en général plus d'humidité vers le moment de la coupe que les bois durs (hêtre, chêne, charme), mais aussi ces espèces les perdent plus vite en arrivant à une dessiccation plus complète.

PYROTECHNIE CÉRAMIQUE. 169 Pour les bois résineux , l'eau hygrométrique contenue se représente en moyenne par :

Pour les bois de quartier :

Six mois après la coupe ag pour 100. -

Au moment de la plus grande dessiccation. i5 pour 100.

Pour les branches :

Six mois après la coupe 3'2 pour 100.

Au moment de la plus grande dessiccation. i5 pour 100.

Pour les jeunes brins :

Six mois après la coupe 38 pour 100.

Au moment de la plus grande dessiccation. i5 pour 100.

Pour les bois non résineux à feuilles caduques, ces moyennes sont :•

Pour les bois de quartier :

Six mois après la coupe 26 pour 100.

Après dessiccation complète 17 pour 100.

Pour les branches :

Six mois après la coupe 34 pour 100.

Après dessiccation complète 20 pour 100.

Pour les jeunes brins :

Six mois après la coupe 36 pour 100.

Après dessiccation complète 19 pour 100.

Pour les essences forestières qui croissent sur le versant occidental des Vosges, M. Chevandier donne pour le poids du stère parfaitement sec :

Quartiers de hêtre venus dans le grès bigarré. . . 374''

» dans le grès vosgien . . . 384

» dans le muschelkalk. . . 383

Quartiers de chêne venus dans le grès bigarré. . . 366

» dans le grès vosgien . . . 385

» dans le muschelkalk. . . 363

Quartiers de charme venus dans le grès bigarré. . . 365

» dans le grès vosgien . . . 374

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