HOUILLE
Les applications récentes qu'on vient de faire de la houille à la cuisson de la porcelaine donnent aux combustibles fossiles un intérêt qui doit aller toujours en croissant. Cette considération nous engage à réunir, comme nous Tavons fait pour les lignites , les analyses des principales variétés de charbon de terre ; nous pensons que le fabricant de porcelaines surtout y trouvera groupés les renseignements qui pourront l'éclairer dans bien des circonstances et dans le choix des variétés de houille les plus convenables pour le but qu'il se propose.
On distingue, en effet, d'après leur manière d'être :
Les houilles sèches à longue flamme ;
Les houilles grasses à longue flamme ;
Les houilles grasses maréchales;
Les houilles dures.
Toutes donnent un coke boursouflé, pulvérulent ou fritte.
Les houilles proprement dites, c'est-à-dire celles qui se trouvent dans les terrains secondaires, sont en général d'un beau noir presque toujours éclatant; leur cassure est conchoïde, inégale, lamelleuse ou schisteuse; elles sont fragiles ou peu dures; leur poussière est noire ou d'un brun très-foncé. Leur densité varie de 1,16 à 1,60.
L'hectolitre de houille en morceaux pèse de 80 à 90 kilogrammes. Ce poids est de 80 à 85 kilogrammes pour la houille menue, de 80 pour le mélange de gros et de menus morceaux, et 65 à 66 kilogrammes seulement pour la houille grêle, c'est-àdire sans mélange de menu. Les houilles brûlent avec une flamme jaunâtre accompagnée de fumée et répandant une odeur bitumineuse caractéristique ; la flamme dure plus ou moins longtemps, suivant la nature de la houille.
Le pouvoir calorifique des houilles est considérable; il est, terme moyen , à peu près égal à celui du charbon de bois.
Dans les verreries à bouteilles on compte 1 parties de bois pour remplacer 1 partie de houille ; dans les cristalleries on compte que 1,66 de bois sec remplacent i partie de houille. En métallurgie on admet en général que le pouvoir calorifique de la houille est à celui du bois, à poids égal, dans le rapport de i5 à 8.
DIX-SEPTIÈMK LEÇON.
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1. Houille de Saint-Girons. En couche mince dans les bancs de grès appartenant à la formation du grès vert.
2. Jayet de Sainte-Colombe (Aude). Il se trouve^ comme la houille de Saint-Girons , dans le grès vert.
3. Houille de Noroy (Vosges). Elle forme une couche dans les marnes irisées; sa cassure est inégale, sa couleur le noir terne. Elle est très-impure.
4. Houille de Blanzy (Saône-et-Loire). En gros fragments, à cassure largement lamelleuse ; d'un très-bon usage pour le chauffage des machines à vapeur. .
5. Houille de Commentry (Allier). A cassure conchoïde et trèsbrillante, brûlant avec une flamme vive et fuligineuse.
6. Houille d'Epinal ( Sa6ne-et-Loire ). A cassure schisteuse, brillante ; les pyrites de fer dont elle est chargée la rendent facilement décomposable à l'air.
7. Cannel-Coal des mines du Yigan , dans le Lancashire. D'un noir brunâtre, sans éclat, à cassure compacte; difficile à casser.
8. Houille de la mine de Lavaysse , près de Decazeville ( Aveyron). Provenant d'une couche puissante ; elle présente une cassure conchoïde avec l'éclat résineux.
9. Houille de Rive-de-Gier de la concession de Couzon (Loire). Provenant de la couche dite la Grande-Masse; c'est la principale couche du bassin de Rive-de-Gier. Sa cassure est inégale, sans éclat.
10. Houille de Mons, connue sous le nom ù^flenu. Le flénu est au centre du bassin houiller de Mons ; il brûle avec une longue flamme; il se présente en gros fragments qui ont une couleur noire avec un certain éclat. C'est la variété employée jusqu'à ce jour dans la cuisson à la houille à la manufacture de Sèvres.
11. Houille de Newcastle, collante, dite coaking-coaL L'analyse est ancienne ; on la doit à Richardson.
12. Houille de Rive-de-Gier (Loire). Extraite de la concession de la Grande-Croix , provenant du banc dit Banc-Maréchal ^ qui fait partie de la Grande-Masse, D'un beau noir, d'un éclat vif et gras ; elle est très-collante et d'une excellente qualité.
i3. Houille de Rochebelle à Alais (Gard). A cassure inégale, d'un noir bleuâtre, sans éclat; très-estimée pour le travail du haut fourneau.
i82 DIX-SEPTIÈME LEÇON.
Le tableau qui précède contient l'analyse d'un grand nombre de combustibles fossiles après dessiccation à loo degrés. On a réuni dans la même colqnne l'oxygène et l'azote ; on a remarqué que la quantité d'azote était à peu près constante et qu'elle se trouvait comprise entre o,oi5 et 0,020 : il sera donc toujours facile de représenter les données analytiques exactes en faisant la correction que nous indiquons ici.
Les résultats consignés d'une manière synoptique permettent d'expliquer les usages auxquels on destine ces divers combustibles, et que la science trouve en rapport avec les données fournies par la pratique.
Plus il y a d'hydrogène en excès sur l'oxygène , plus la houille est collante. Lorsque cette quantité est très-considérable, les produits volatils que donne la distillation sont considérables et la combinaison du combustible avec l'oxygène de l'air est rapide ; la combustion est vive ; la flamme est longue.
Les houilles grasses à longues flammes conviennent bien mieux que les houilles sèches pour la cuisson des poteries dans des fours à haute température ; en général elles conviennent aux fours à réverbère, lorsque la température doit être élevée. Les houilles maigres ou les houilles sèches à longues flammes sont bonnes pour le chauffage des chaudières à vapeur.
Cendres. — Les combustibles minéraux exercent sur les poteries, dans les fours, une action de même sorte que les combustibles végétaux, par la présence des cendres, mais généralement la nature des cendres est différente; variable d'une couche à l'autre et souvent d'un point à l'autre dans une même couche , la proportion peut s'élever jusqu'à 19 pour 100. Elle est presque toujours au-dessus des dosages portés dans le tableau qui précède ; car les masses prises pour l'analyse ont été choisies.
Les cendres de houille sont généralement argileuses, quelquefois elles contiennent du carbonate de chaux et du sulfate de chaux; ce dernier résulte de la présence des pyrites que certaines houilles renferment en quantité très-notable. La partie argileuse provient des couches schisteuses au milieu desquelles sont répandues les couches ou les amas de houille , et qu'on trouve interposés dans la même masse.
La pyrite n'a pas dans les arts céramiques le même inconvénient
PYROTECHNIE CÉRAMIQUE. i83
que dans les arts métallurgiques , cependant elle n'est pas sans gêner beaucoup la fabrication : dans le second cas, elle altère la pureté des métaux, en introduisant du soufre qui les rend cassants; dans le premier, elle donne des cendres ferrugineuses, colorées, qui tachent les poteries , ou qui forcent pendant Tencastage à des précautions coûteuses.