‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 67 sur 102 · SIE · texte numérisé non relu

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Lei^ dernières analyses ont été faites sur des échantillons portés à la température rouge. La chaux n'y est pas à l'étal de chaux carbonatée, car les pâtes en poudre ne font pas effervescence : elle y est engagée sans doute à l'état de silicate, par suite de l'action de la chaleur sur le carbonate de chaux ou la marne en présence de la silice contenue dans l'argile ; il se pourrait encore cependant que la chaux ait été présentée au mélange sous forme de pouzzolane.

Poteries tendres à pâte nùmeuse, à g^laçure siliooaloaline. — Les poteries fines dont nous venons de donner les compositions élémentaires et qui appartiennent aux époques reculées de l'art grec et romain, ne sont pas seulement remarquables au point de \iie de la finesse de la pâte , de l'habileté avec laquelle elles ont été façonnées ; elles le sont encore par la nature du vernis mince et parfaitement glacé dont elles sont recouvertes. Ce vernis se trouve tellement adhérent à la surface de la pâte, qu'il semble que la poterie n'ait été lustrée que par l'effet d'un commencement de vitrification de la surface. Il n'a pas été facile de définir la nature de cette glaçure, dont les qualités sont telles, qu'elle a pu résister aux injures du temps et dans les conditions les plus favorables à son altération pendant jun grand nombre de siè Jes. Mais comme elle écaille sur quelques échantillons, nous avons pu, toutefois après des précautions minutieuses, en détacher assez pour en faire l'analyse. Nous avons trouvé, ce que Chaptal, M. de Luynes, M. Malaguli, M. Buisson, avaient avancé déjàs que cette glaçure ne renfermait pas de plomb.

Cette glaçure est exclusivement formée de silice et d'alcalis avec de l'oxyde de fer ou de la chaux dans des proportions plus ou moins considérables. Elle est transparente, vitreuse, paraissant sans couleur par elle-même , mais rehaussant celle de la pâte. Elle est quelquefois noire ; on peut admettre qu'elle a la composition d'un verre coloré par des sulfures métalliques , et qu'il faut la cuire à l'abri du contact de l'air.

Le vernis noir, appliqué sur les poteries romaines en toute surface, s'appliquait sur les poteries grecques tantôt en pleine surface, tantôt en dessins, qui laissaient voir le corps du vase avec sa couleur propre. Différentes circonstances, se rattachant sans doute à la composition de l'atmosphère au sein de laquelle la poterie a

reçu la cuisson nécessaire pour la rendre indélayable et résistante, ont transformé le noir pur en noir plus ou moins métallique , en couleur bronze plus ou moins chaud , et quelquefois en rouge plus vif que la couleur propre du vase lui-même. Ce dernier fait indiquerait que le sulfure de fer joue un rôle utile dans la coloration. M. Buisson avait trouvé dans un vernis de poterie romaine , déduction faite de la pâte , les nombres de la première colonne ; j'ai trouvé ceux de la deuxième et troisième.

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