‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 69 sur 102 · I. II. iir. IV. V · texte numérisé non relu

I. II. iir. IV. V

Carbonate de soude fondu 48 48 3o 00 00

Carbonate de potasse à o,5ô d'alcali.. » » » 60 60

Sable d'Etampes 63 40 70 70 70

Craie 5 12 3o 3o 40

On fond dans un creuset avec un bon coup de feu. Le vernis n° ï appliqué mince, fond très-bien sans écailler, en rehaussant le ton de la pâte : le vernis n° II est bon pour recevoir la matière qui donne le noir.

Les compositions llï , IV et V sont moins fusibles que les précédentes, mais elles s'appliquent parfaitement encore à des terres moins calcaires que ne le sont les poteries romaines ou grecques pouvant ainsi supporter sans s'altérer une chaleur plus intense.

Pour citer un exemple , la composition n** V a donné de trèsbons résultats sur une terre formée de la manière suivante, et cuite au fort dégourdi des fours à porcelaine de Sèvres:

Argile de Retourneloup 5o

Argile de Fresles (Seinê-Inférieure) i5

Sable d'Aumont i5

Ce mélange a même pu admettre 3 pour 100 d'oxyde d'iridium et glacer parfaitement pour donner un noir qui pût imiter le noir des poteries campaniennes. Mais sur cette même compositioii la glaçure nTS^ tressaillait à la façon du truite, des Chinois en craquelures excessivement serrées, à moins d'être chauffées longtemps et soumises à des températures très-élevées sur un biscuit trèsdense et sous une faible épaisseur.

La terre ferrugineuse de Fresles pure reçoit très-bien aussi la glaçure n** V.

Les composés dont nous venons de parler sont éminemment alcalins, mais lorsqu'ils sont appliqué3 sur la pâjte et.suffîsam-! ment cuits ^ ils résistent comme les vernis anciens aux mêmes influences; il est probable que l'excès d'alcali pénètre dans la pâte elle-même et s'y combine.

Poteries tendres à pâte marneuse, à g;la^;ure stannlfère. — L'expérience a démontré, nous reviendrons du reste sur ce fait, que les glaçures opaques à base d'oxyde d'étain ne s'appliquent sans gerçures que sur les pâtes très-chargées de calcaire.

Toutes les recettes indiquées pour la composition de l'émail oscillent autour de la suivante , qui tient à peu près le milieu comme fusibilité.

Calcine composée d'étain 20 (

de plomb 100 ( ^^

Minium 2

Sable de Decize , 44

Sel marin 8

Soude d'Alicante 2

La calcine se fait dans la fournette que nous avons dessinée page 147, et le mélange de calcine', de sable , de minium, de soude et de sel se fond dans les fours au-dessous de la voûte qui forme le sol sur lequel reposent les pièces à cuire.

M. Barrai a fait voir que lorsque les pâtes sur lesquelles on applique les glaçures stannifères à base d'étain ne renferment pas assez de chaux, la glaçure tressaille et se gerce, et des analyses

précises ont démontré que les compositions dans lesquelles il n'entrait pas de calcaire ou de marne, ne pouvaient servir à la confection des faïences ingerçables ; il est vrai que le fabricant est ici placé toujours entre deux écueils pour les faïences qui doivent être directement en contact avec les foyers et qui, telles que les carreaux de faïence , sont destinées à la confection des poêles. D est certain que la présence d'une grande quantité de chaux rend fragiles ces carreaux , dont la détérioration est alors très-prompte. Les analyses faites par M. Barrai ont indiqué d'une manière rationnelle la voie que les faïenciers doivent suivre pour établir des produits bien faits qui répondent au but de leur destination.

L^embarras dans lequel se trouve le fabricant de poteries usuelles n'est pas moindre que celui dans lequel est placé le poêlier ; car si la terre contient assez de chaux pour que l'émail blanc ne se détache pas par écailles , il est indispensable que la glaçure brune ne se dessèche pas et qu'elle conserve une teinte brillante : ce résultat ne peut être obtenu que lorsque la pâte n'est pas trop calcaire.

Quand on fait un mélange de ces terres sous les volumes suivants , on obtient une poterie qui reçoit parfaitement le brun : la glaçure est parfaite ; elle résiste sans se dessécher aux plus forts coups de feu des fours de faïence. Mais le blanc est peu glacé , ii tressaille même en magasin et après un court usage, il est parsemé de milliers de petites raies qui, devenant noires par les liquides, lui donnent un aspect désagréable ; cette terre sans être bonne pour les feux de cuisine y résiste cependant un peu.

Glaise 5oo

Sable argileux 334

Marne , i66

Paierie* tendres à pâte marneuse, à glaçure boraoiciue. — On

trouve que les premiers essais de l'introduction de l'acide borique dans les glaçures des poteries , ont eu lieu sur des poteries à pâte marneuse rentrant dans cette classe; mais comme la pâte était assez fusible et que la glaçure demandait un feu soutenu pour se glacer complètement, on a dû modifier ces pâtes pour se rapprocher davantage des terres de pipe et des faïences façon anglaise.

Poteries tendres à pâte marneuse, à glaçure aloalino-terreuse.

Les observations que nous venons d'exposer ici pour la glaçure

boracique se présentent également, à plus forte raison , même avec les pâtes marneuses recouvertes de glaçures contenant de la chaux : car ici, pour obtenir une glaçure satisfaisante, il est indispensable de chauffer assez pour que le calcaire se combine avec la silice , et dans ce cas la glaçure est facilement absorbée. On trouve la preuve de ce fait dans quelques poteries à pâte tendriBqui'ne sont pas convenablement cuites pour n'être pas imperméables et qui ont conservé quelque porosité : il est à peu près impossible de les recouvrir d'une glaçure même plombeuse, sans qu'elle soit plus ou moins fortement ressuyée.

Poteries tendres a pâte calcaire. — Nous commencerons par présenter une observation très-importante : il n'est pas indispensable pour nous que la chaux ait été mélangée dans la pâte crue à l'état de craie ou à l'état de marne ; nous nommerons pâte calcaire toute pâte qui contiendra plus de 10 pour 100 de chaux. Cette chaux , en grande partie à l'état de carbonate de chaux , donne â la poterie réduite en poudre la propriété de faire effervescence avec les acides. Nous avons indiqué plus haut quel était le rôle de la chaux dans ces composés ; on l'introduit pour donner à la glaçure opacifiée par l'étain une résistance indispensable aux usages culinaires : cette même adhérence de la glaçure pourrait être obtenue par beaucoup d'autres moyens , comme l'addition de frittes alcalines; mais il est évident que Taddition du calcaire est de beaucoup plus économique.

On peut à volonté prendre le calcaire ou dans les calcaires grossiers qu'il faut broyer, ou dans la craie qu'il suffit de laver, ou dans la marne calcaire qui doit être délayée. Ces éléments sont introduits dans les pâtes en vue de la fabrication des pâtes colorées qu'il est convenable de recouvrir d'une glaçure qui cache et masque la couleur désagréable de la pâte.

Nous verrons dans un instant qu'il y a du danger, au point de .vue de la réussite des pièces, à dépasser une certaine limite dans la quantité de chaux que la poterie contient. Nous avons réuni dans le tableau suivant un assez grand nombre d'analyses de pâtes calcaires. On peut voir que toutes ces compositions correspondent â des pâtes de faïences communes à base d'étain, et comme elles proviennent de localités très-éloignées et de fabrications d'époques très-variées , il est évident encore que les conséquences auxquelles II. 3o

35o VINGT BT UNIÈME LEÇON,

elles conduisent présentent le caractère d'une grande généralité. On voit que certaines terres renferment jusqu'à aa pour. loo de chaux, A ces analyses, que j'ai faites au laboratoire de Sèvres sur la demande et d'après les instructions de M. Brongniart, je joins deux aAalyses de faïences ingerçables faites par M, Barrai et qui cour firmeut les. résultats que nous avançons.

PROVENARCB •

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