‹ Leçons de céramique professées à l'Écolé central des arts et manufacturesChapitre 80 sur 102 · IK>TAS · texte numérisé non relu

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SOUDI.

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Dans toutes ces pâtes , sauf celles de Chine , on n'a pas séparé la potasse de la soude.

Les pâtes de Sèvres servant à l'exécution des pièces de sculpture, non recouverte de glaçure, qui correspondent aux n"" 11, n et i3, proviennent des fabrications des années i834, i838 et 1S39. Elles dénotent, ce que con6rment les autres analyses, d'assez grandes différences, sous le rappwt de la contenance en chaux; les alcalis

sont aussi variables relativement aux alcalis contenus dans les pâtes dites de service. Il reesort de ces chiffres, que la pÂte de sculpture contient au moins à Sèvres moins d'alumine et plus de silice que la pâte de service. Dans beaucoup de fabriques, il n'y a pas de différence, la même composition sert indistinctement. La pâte de sculpture exige cependant généralement une plus grande fusibilité.

La chaux est introduite à Sèvres pour éviter la tressaillure. J'ai remarqué, dans des essais nombreux, que certaines compositions, dans l^uelles il n'entrait pas de calcaire, ne pouvaient recevoir la glaçure de Sèvres sans tressailler, et que ce défaut disparaissait , lorsqu'on ajoutait un peu de craie dans le mélange qui formait la pâte.

La silice est fournie par l'introduction de sables provenant du avage des kaolins. Les alcalis sont ajoutés par la même substance ; l'alumine résulte de l'emploi de Targile de kaolin.

La composition la plus simple qui puisse conduire à la pâte de porcelaine est le mélange suivant :

Sable fusible de kaolin 20

Argile de kaolin lavé 80

Mais ici la composition des éléments que nous venons de citer a la plus grande influence , car elle varie avec chaque masse, en raison des lavages plus ou moins bien faits.

On fait à Sèvres l'analyse de chacun des éléments pour les réunir en proportions telles , que le mélange corresponde après cuisson complète aux proportions indiquées sous le n° 10, qu'on regarde comme composition normale des pâtes définies. Lorsqu'on ajoute de la craie et qu'on fait usage de matériaux préparés avec soin , c'est-à-dire convenablement lavés, on peut faire de belles pâtes de porcelaine pour le service de table en prenant :

Argile de kaolin 70

Sable de lavage aS

Craie 8

Dans les compositions des pâtes de Sèvres, on fait entrer des argiles de kaolin caillouteux et argileux mêlés à des sables de ces deux provenances ; elles oscillent généralement autour de ces

données. S'il manque un peu de silice^ on l'introduit à rétatde sable siliceux; on le prend dans la butte d'Aumont, près de Chantilly (Oise). Ces dosages me paraissent convenables pour faire par la méthode expérimentale , avant toute analyse , l'essai d'un kaolin lavé. Je le mêle avec du sable de lavage et de la craie dans las proportions indiquées ci-dessus , puis je fais façonner avec la pâte bien battue qui résulte du mélange, une douzaine de petites tasses destinées à cuire dans diverses places d'un même four, et dans plusieurs fournées successives.

Je pense qu'il est inutile d'indiquer ici toutes les différentes recettes avec lesquelles on prépare les porcelaines; dans quelques dosages on fait entrer des argiles ordinaires , qui nécessairement ajoutent à la plasticité. Dans plusieurs localités en France, on profite même de la présence de matières argileuses blanches pour confectionner des pâtes d'un prix de revient très-faible , ce qui permet de fabriquer des objets de service au bas prix auquel ils sont tombés actuellement.

Quoique les pâtes de porcelaine reçoivent généralement comme glaçures de véritables couvertes , on trouve de ces pâtes dont la surface est rendue brillante par plusieurs des glaçures que nous avons admises plus haut.

Poteries traniluoidet à pâte kaolinique, à glaçure fiUoo-alcMJlne. — J'ignore céi)endant s'il en existe qui aient reçu le vernis silicoalcalin , au moins d'une manière industrielle. Il est évidemment possible de projeter dans le four à la fin de la cuisson du sel marin, pour opérer un véritable salage analogue à celui des grès cérames. Mais il parait que la nature alumineuse de la pâte s'oppose à ce que la glaçure soit uniformément brillante ; les expériences dues à MM. Brongiiiart et ^alaguti démontrent la difficulté de faire prendre sur le biscuit de porcelaine par la silice de la pâte le vernis provenant de la décomposition du sel marin , sous l'influence d'une température rouge et de la vapeur d'eau.

Poteries translucides à pftte kaolinique , à glaçure plomlrifère. — L'étude du musée céramique de Sèvres permet de constater et de suivre, pour ainsi dire pas à pas , toutes les tentatives faites à diverses époques, pour recouvrir la porcelaine dure à pâte feldspathique et kaolinique d'un enduit plombifère fusible à basse température , susceptible de communiquer à cette poterie les qualités

les plus précieuses de la porcelaine tendre, c'est-à-dire un aspect plus décoratif que les peintures ordinairement employées.

Les peintures appliquées directement sur biscuit avaient évidemment pour but de donner à la porcelaine dure l'apparence des porcelaines tendres; l'application immédiate de certaines couleurs de fond était encore dans les mêmes données; on avait d'ailleurs pour modèle et pour exemple un grand nombre de vases venant de la Chine , évidemment en porcelaine quant à la nature de la pâte , mais se rapprochant de la faïence fine ou de la porcelaine tendre , sous le rapport de la glaçure. Ces divers produits n'ont pas encore pris, au moins en Europe, le caractère d'une fabrication réelle.

La glaçure dont on fait usage en Chine pour établir ce genre de porcelaine se compose de sable, d'oxyde de plomb et d'alcali. Cette glaçure est colorée généralement par l'addition de certains oxydes, et ce genre de décoration sera traité plus loin.

'Poteries transluoidei à pftte kaoliniquei à glaçure stannifère. —

On trouve dans la fabrication de la porcelaine de Chine quelques exemples de poteries à pâte vitreuse et translucide, qui sont recouvertes d'émaux stannifères. Je rappelle ce fait qu'on peut rapprocher de celui de la fabrication du grès à glaçure stannifère signalée par les produits importés de la Chine , mais comme exception.

Poteries translucides à pftte fcaoliniquey à glaçure boraoi«iue. —

J'ai fait quelques essais pour recouvrir les biscuits de porcelaine dure d'une glaçure très-brillante , assez mince toutefois pour ne pas boucher et empâter tous les détails de la sculpture. On obtient un résultat très-satisfaisant en étendant sur le biscuit que l'on veut vernir une couche mince du fondant qui suit :

Borax fondu 5o

Minium 200

Sable siliceux 100

Ce fondant peut être coloré de diverses manières ; nous donnerons plus loin quelques exemples de ces colorations.

* Poteries translucides à pftte kaolinique f à glaçure alcalino-ter-

reuse. — A cette espèce appartiennent la plupart des porcelaines. On donne le nom de couverte à la glaçure généralement -formée

de feldspath ou de pegmatite, et dont la fasibilité, modifiée en plus ou moins par l'addition de kaolin, de quartz ou de carbonate de chaux , exige pour se cuire la même température que celle à laquelle le biscuit lui-même doit être cuit. La couverte la plus simple est celle des porcelaines de Sèvres , car elle se compose de pegmatite pure sans addition ; l'analyse a fait voir que , depuis près de soixante ans, cette roche présentait une composition qui oscille autour des chiffres suivants sans grandes variations :

Alumine î. . . 12

Potasse 8

Dans le commerce, comme les pâtes ne contiennent pas de chaux, on ne peut que rarement faire usage des pegmatites qui tressailleraient avec une trop grande facilité. On modifie donc la composition de cette roche, en y ajoutant soit des tessons de porcelaine broyés, soit du sable, soit des kaolins en quantités variables, suivant que l'expérience a préalablement appris à le faire. En Allemagne, on se sert de sulfate de chaux, de tessons et de feldspath; en Piémont, on fait de même usage de glaçures composées, qui sont variables souvent dans des limites assez étendues.

La glaçure de la porcelaine dure.de Sèvres n'a pas toujours été faite au moyen de la pegmatite sans addition. Avant 1780, Témail était composé de toutes pièces et fait de la manière suivante indiquée dans les Archives de la manufacture impériale de Sèvres :

Biscuit pilé 48

Sable de Fontainebleau 40

Craie de Bougival 12

J'ai vérifié, tout dernièrement encore, l'exactitude de cette donnée. Les matériaux bien broyés ont été passés par un tamis très-fin, et le mélange appliqué sur différents objets qui , trempés et retouchés comme à l'ordinaire , ont été cuits avec les autres pièces d'une fournée.

L'émail artificiel a parfaitement fondu, mais il était légèrement coque {Tœuf, Un examen attentif fait découvrir ce même défaut plus ou moins développé sur la plus grande partie des pièces de

porcelaine dure de Sèvres, dont la fabrication remonte à 1780. On Fa d'ailleurs remarqué toutes les fois qu'on a cru pouvoir augmenter la fusibilité de la couverte par une addition de craie. Il faut • que la fusibilité soit très-considérable , comme celle des émaux chinois qui coulent au feu , pour que le défaut que nous nommons coque iTœuf cesse d'être apparent.

La couverte artificielle, en usage avant 1780, se rapproche beaucoup plus, sous le rapport delà composition chimique, delà couverte des porcelaines chinoises , que de celle de nos couvertes actuelles. C'est ce qui ressort, d'une manière qui me parait évidente, des chiffres qui suivent; ils mettent en même temps hors de doute l'égale fusibilité des couvertes artificielles et naturelles. Ces chiffres, qui représentent la composition de la couverte artificielle, résultent de calculs basés sur la composition moyenne des biscuits établie d'après les analyses faites par MM. Malaguti , Laurent et Salvétat; l'analyse de la couverte feldspathique est celle dont on faisait usage en i85i :

ArtlOcielle. Feldspalhlqae.

Silice 71 762 — 76 10

Alumine 17, 5o — i5,5o

Chaux 9,38— 0,17

Potasse et soude i , 5o — 7 ,4^^

Eau et perte » — 0,81

La chaux dans l'ancienne couverte remplace la potasse de la nouvelle. Les détails dans lesquels je suis entré, en traitant de la fusibilité des silicates, expliquent comment les deux compositions, mises en parallèle, paraissent avoir la même fusibilité; je n'insiste donc pas. Nous verrons plus loin que la couverte en usage antérieurement à 1780 paraissait plus en rapport avec les couleurs employées à cette époque, qui avaient tous les caractères des émaux proprements dits et qui dès lors se rapprochaient aussi des couleurs usitées à la Chine , ainsi que nous aurons l'occasion de le voir.

L'émail dont on recouvre les porcelaines à la Chine est beaucoup plus complexe que la glaçure qui donne le brillant aux porcelaines françaises. C'est un mélange de chaux et de cendres de

38o VINGT ET UNIÈME LEÇON,

fougères, associées à une roche pétrosiliceuse qui prend le nom de yeou-ho , et qui fait la base de la glaçure. Le mélange de chaux et de cendres a pour but d'augmenter la fusibilité du verre dont la composition varie dans des limites assez éloignées , ainisi que cela résulte des analyses qui vont suivre.

Le yeou-ko est encore un pétrosilex tout à fait comparable à ceux dont on se sert en Chine pour confectionner les pâtes. On paraît le choisir contenant le moins possible de fer. La composition chimique est encore celle des pegmatites de Saint-Yrieix. Voici Tanalyse du yeou-ko de Tong-Kang :

Eau 2,7

Silice 75,9

Alumine 18,9

Oxyde de fer 0,7

Chaux 0,4

Oxyde de manganèse traces

Magnésie traces

Potasse. 2,9

Soude 3,8

Le yeou-ko broyé est mêlé intimement à de la chaux qui a été stratifiée avec des fougères qu'on a brûlées , et qu'on a débarrassées ensuite par un lavage à l'eau des parties imparfaitement incinérées. Le mélange de la chaux et des cendres de fougères porte le nom de yeou-hoe; c'est à peu près de la chaux ,. de l'acide carbonique et de l'eau , car il ne renferme que 4 pour 100 de matières insolubles. L'expérience indique que les cendres des fougères renferment 0,645 de matières solubles à l'eau.

La couverte cuite arrachée à des pièces de porcelaine a donné comme résultats à l'analyse chimique :

Alumine 12,0 — 10,2

Oxyde de fer traces — traces

Chaux^. 14,0 — 21,0

Potasse et soude — 6,0 — 5, 1

On voit d'après ces chiffres que la couverte des porcelaines de Chine est très-notablement plus fusible que celle des porcelaines

SYNTHÈSE CERAMIQUE. 38i

européennes : elle doit cet accroissement de fusibilité , accroissement très-notable , au mélange de chaux et de pétuntsé ou pétrosilex qui pourrait seul servir de couverte à la porcelaine française. La teinte verdâtre de la porcelaine de Chine paraît résulter de remploi de la chaux dans la couverte.

Poteries translucides a pâte phosphatique. — En même temps qu'on cherchait en France à reproduire la porcelaine dure qui se fabriquait en Allemagne, à Meïssen, à l'instar de la porcelaine de la Chine , on trouvait en Angleterre une composition de pâte translucide et blanche par l'addition du phosphate de chaux à la pâte des faïences fines. Les premières pâtes de porcelaine tendre , en effet , étaient formées par le mélange suivant :

Kaolin argileux ii — 4 <

Argile plastique '. . . . 19 — 10

Silex. 21—6

Phosphate de chaux 49 — 43

Plus tard on augmenta la proportion de kaolin en évitant l'emploi de l'argile plastique. On prépare, en effet, de belles pâtes de porcelaine avec les dosages qui suivent :

Argile de kaolin argileux 3o

Argile de kaolin caillouteux 25

Silex pyromaque 5

Phosphate de chaux 40

Lorsqu'on veut introduire des alcalis dans la pâte et que la fusibilité que cette pâte doit avoir s'oppose à l'emploi des feldspaths comme matière alcalifère , on compose des frittes qu'on mélange ensuite avec les autres éléments constitutifs de la porcelaine. Ainsi on peut faire fritter :

Sable siliceux 33

Phosphate de chaux 65

Carbonate de potasse 2

On ajoute à cette fritte 21 à 22 de kaolin pour 100 parties de fritte. Les frittes sont, du reste, très-variables; dans quelques-unes on peut faire entrer du borax et de l'oxyde d'étain. J'en donne un exemple. On fait fritter :

Kaolin caillouteux 4o

Silex 28

Carbonate de soude 20

Borax 7

Oxyde d'étain 5

La pâte se compose ensuite en mélangeant au moulin :

Kaolin argileux 33

Argile plastique 45

Kaolin caillouteux 7

Silex 3

Phosphate de chaux 5*

Fritte précédente 7

Les porcelaines tendres , façon anglaise , sont généralement recouvertes de glaçures boraciques ; cependant on en trouve quelques-unes qui n'ont dû recevoir que des glaçures plombifères à cause de l'époque à laquelle on les a fabriquées : lorsqu'on les établissait, le borax n'avait pas encore reçu les applications céramiques qui lui donnent actuellement une si grande importance.

Poteries translucides à. pftte pliosphatiquep à glaçure tilioo-alci^ Une. — Nous avons VU que les faïences fines anglaises, dites cctiVloutages, peuvent recevoir une glaçure alcaline par la vaporisation de certains sels alcalins. Les porcelaines tendres anglaises cuisent au même feu ; le même procédé de mise en glaçure peut donc s'appliquer aux deux sortes de poteries ; il est probable qne dans les mêmes conditions que celles dans lesquelles la faïence fine anglaise se vernit, les porcelaines tendres des mêmes contrées absorberaient la glaçure silico-alcaline. Aujourd'hui ce procédé n'est guère employé ; nous avons donné , en parlant des poteries composées dont l'étude nous a successivement occupés, certains dosages qu'on appliquerait avantageusement.

Poteries translucides a pâte phosphatique, à grlaçure plombifére. — Les premières porcelaines étaient nécessairement recouvertes de glaçures plombifères. Le borax n'était que peu répandu. Nous n'avons pas fait d'essais de glaçures plombifères, mais je ne meCs pas en doute que les glaçures employées sur les porcelaines tendres françaises, posées sous une épaisseur convenable, ne s'adaptent convenablement sur les porcelaines du genre dont nous parlons ici.

3Poterief tnui«lttoidef à pâte phocplMitîqiie , à gUfwe «tannifère.

— La pàt^ des porcelaines anglaises n'a pas eu besoin d'être masquée par l'opacité de la glaçure. L'usage établi en France pendant de longues années de poteries à glaçure stannifère n'a pas traversé la Manche , et je ne sache pas qu'on ait fabriqué dans le Royaume- Uni d'autres poteries que celles que nous avons classées parmi les pâtes à glaçures translucides plus ou moins rayables.

3Poterief traiMluoîdef à pâte phosphaticpie , à glaçure boraoique.

— La glaçure de borax est celle qne s'applique le plus souvent sur le biscuit de porcelaine tendre anglaise ; elle a généralement assez d'analogie avec celle des grès fins et celle des caillou tages. Voici quelques dosages usités m Angleterre, autour desquels oscillent tous les autres. On fait une fritte en calcinant :

Feldspath 48

Silex 9

Borax brut cristallisé 'l'i

Verre cristallin 21

* On mélange ensuite :

Fritte 100

Minium 12

D'après M. Rose , on fait une autre fritte en fondant :

Feldspath 44

Sable 8

Kaolin*. 5

Borax 28

Carbonate de potasse 10

On peut ajouter :

Borax 3

Poteriei trantluoidef à pâte phosphatique , à glaçure aloalinoterreuse. — Je ne connais pas de poteries qui puissent correspondre à cette espèce. Il ne me parait pas impossible cependant de composer qudques produits qui se rapprocheraient alors de la poterie de grès. Nous avons vu que les grès pouvaient cuire à des températures peu élevées lorsqu'ils contiennent des frittes convenablement fusibles. Les porcelaines tendres anglaises ne cuisent pas à

des températures beaucoup inférieures. Des matières vitreuses de la nature des véritables verres , employées comme frittes , pourraient s'adapter à la composition des porcelaines anglaises.

Poteries translucides a pâte frittée. — Nous avons dit qu'on avait découvert les porcelaines anglaises en recherchant les poteries translucides analogues à la porcelaine de Chine , imitées en Allemagne. En France on arrivait, en poursuivant la même idée, mais par des moyens tout à fait différents , à créer une poterie bien remarquable au point de vue de l'art. On a donné le nom de porcelaine tendre française, et plus anciennement de porcelaine de France à ce genre de poterie. On employait cette pâte indififéremment pour produire ou des biscuits , ou des pièces en glaçure.

J'ai fait un grand nombre d'analyses de pâtés de porcelaine tendre française , tant de celles de Sèvres que de celles des fabriques de Tournay et de Saint- Amand-les-Eaux. Je les réunis ici ; elles démontrent d'une part d'assez grandes différences entre les compositions d'une même fabrique , et de l'autre la nécessité de faire une assez grande quantité de pâte à la fois, afin de conserver pendant un certain temps la même température de cuisson.

Il est évident qu'en faisant préalablement l'analyse des frittes, celle des marnes et celle des craies qui servent de matériaux élémentaires pour confectionner la pâte, ainsi qu'on le fait actuellement à Sèvres, on pourra composer des pâtes tendres, dites définies, cuisant toujours à des températures invariables.

Je réunis ici quelques analyses de pâtes crues ou cuites d'origines bien différentes comme époque et comme provenance de fabrication. Je ferai tout de suite observer que celles de ces pâtes inscrites sous le même numéro ne représentent pas la même matière cuite et crue. Il n'est pas étonnant alors que les chiffres qui correspondent à ces compositions ne s'accordent pas exactement, si par le calcul on suppose éliminés l'acide carbonique et l'eau.

Nous remarquerons que dans ces pâtes comme dans les pâtes de porcelaine dure , on peut diminuer les alcalis lorsqu'on augmente la chaux. Du reste, les différences offertes par les pâtes de Sèvres sont généralement peu considérables sous le rapport de l'acide silicique et de l'alumine. Nous ne pouvons pas oublier que les matières dont on faisait usage pour obtenir les frittes et les pâtes étaient essentiellement variables.

Pâtes tendres crues.

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