AIR CONFINÉ
entre l’air et le sang veineux. Celui-ci exhale l’acide carbonique qu’il contient en excès et prend une certaine quantité d’oxygène à l’air atmosphérique. Cet oxygène entraîné dans la circulation y brûle les principes charbonneux du sang et produit ainsi de nouvel acide carbonique, qui vient s’échanger dans les poumons contre une nouvelle dose d’oxygène. Dans les mouvements d’expiration, l’acide carbonique est rejeté au dehors.
On peut mettre en évidence cette exhalation d acide carbonique, en soufflant pendant quelques instants (fig. 57) dans un tube plongeant au milieu d’une dissolution limpide de chaux. L’air qui sort des poumons contient une quantité d’acide carbonique suffisante pour qu’il se produise bientôt un abondant dépôt de carbonate de chaux.
L’air est le seul gaz qui puisse entretenir la respiration d une manière continue; 1 oxygène serait trop actif; 1 azote, qui est mélangé avec lui dans l’atmosphère, vient tempérer ses effets.
9J. Chaleur animale. - — La combustion lente du charbon dans les vaisseaux sanguins est accompagnée d un dégagement continuel de chaleur. C’est là la source principale de la chaleur animale. Quand la respiration est active, la température du corps de l’animal reste constante, indépendante de la température extérieure; en général, elle lui est môme supérieure. C’est ce que l’on rencontre dans les animaux dits à sang chaud ou à température constante , comme les mammifères et les oiseaux. Quand la respiration d’un animal est lente, sa température suit la variation de la température des corps environnants; c’est ce que l’on observe chez les reptiles, les poissons, qui sont dits animaux à sang froid ou à température variable.
92. Air confiné. — Nous avons dit précédemment que d’après un certain nombre d’analyses, on pouvait considérer la composition de l’air comme invariable ; il est bien entendu que cette remarque ne peut s’appliquer qu à 1 air libre. Lorsqu au contraire l’air est enfermé dans un espace limité, où se trouvent réunis des hommes ou des animaux, la composition de l’atmosphère ne tarde pas à être modifiée. A chaque mouvement respiratoire, une certaine quantité d’oxygène disparaît pour être remplacée par une quantité à peu près équivalente d’acide carbonique. Au bout d’un temps variable qui dépend du nombre des individus et de la capacité de l’enceinte ou ils sont renfer-
més, 1 air est devenu irrespirable, ou tout au moins nuisible.
Le défaut du renouvellement d’air dans les locaux d’une capacité insuffisante et non ventilés a souvent amené les accidents les plus graves. En 1750, aux assises d Old-Bailey, qui se tenaient dans une pièce de 10 mètres carrés de surface, la plupart des juges et des assistants périrent asphyxies ; ceux qui survécurent étaient près d’une fenêtre ouverte. A la suite des journées de juin 1848, les effets terribles de l’air confiné se firent sentir sur les prisonniers entassés dans les souterrains de la terrasse des Tuileries.
C est à cette viciation de l’air confiné que doivent être attribués les malaises que l’on éprouve dans les endroits où l’air ne se renouvelle pas suffisamment.
Indépendamment de l’acide carbonique, 1 air confiné contient encore des matières organiques dites miasmes, qui proviennent de l’expiration des gaz ayant servi à la respiration et de l’exhalation cutanée. La présence de ces miasmes se traduit par une odeur forte et repoussante. MM. Dumas et Péclet ont constaté que l’air qui s’échappe des cheminées d’appel destinées à opérer la ventilation des salles, où se tiennent des assemblées nombreuses, exhale souvent une odeur que l’on ne pourrait supporter impunément. M. Gavarret a prouvé, par ses expériences, que ces miasmes pouvaient produire la mort d’animaux qui les respiraient au milieu d’une atmosphère où on avait pris soin de renouveler l’oxygène et d’absorber l’acide carbonique prO- FiS- 58. — Expérience duit.
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sence des miasmes dans L)n peut tacilcment constater la présence
La*1’- de ces miasmes dans les endroits où respi-
rent un grand nombre d'individus. Il suffit de suspendre au milieu de l’appartement un ballon rempli de glace (fig. 58); la vapeur d’eau répandue dans l’air se condense sur les parois du ballon, et le liquide recueilli, soumis à une