PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES
261. Nous avons vu (30) que les métaux sont des corps possédant, quand ils sont en masse suffisante, un éclat particulier appelé éclat métallique, qu’ils conduisent bien la chaleur et l’électricité et ont pour caractère essentiel de former, avec l’oxygène, au moins une base.
2I>2. Opacité et couleur des métaux. - Les métaux présentent, en général, une opacité très-grande, car ils ne laissent point passer de lumière, même lorsqu’ils sont réduits en feuilles d une épaisseur extrêmement petite. Cependant l’or, à l’état de feuilles très-minces, telles que celles dont se servent les doreurs
laisse passer une quantité notable de lumière d’une belle couleur verte.
La plupart des métaux ont une couleur grise, plus ou moins foncee, lorsqu’ils sont pulvérulents ; quand ils sont agrégés et polis, ils deviennent plus blancs. Quelques métaux ont une couleur prononcée: ainsi, le cuivre est rouge, l’or est jaune.
263. Malléabilité des métaux. - Lorsqu’on soumet les né aux au choc du marteau, on reconnaît que les uns s’aplalis- ■ent en lames, que les autres se brisent; les premiers sont appelas métaux malléables, les seconds métaux cassants.
On réduit les métaux en lames, soit par le battage au mareau, soit en les faisant passer au laminoir.
Le laminoir se compose de deux cylindres d’acier ou de fonte
de fer (fig. 141), dont la surface, unie et polie, est très-dure. Ha sont placés horizontalement l’un au-dessus de l’autre et mar-
Fig. (41. — Laminoir.
client en sens contraire, par suite du mouvement de roues d’engrenage, mues par l’action d un moteur. Les cylindres peuvent être placés a des distances différentes 1 un de 1 autre par l’action des vis que représente la figure, et que l’on peut faire monter ou descendre à l’aide des clefs dont elles sont armées. On leur donne un écartement moindre que l’épaisseur de la lame métallique que l’on veut étirer. On amincit celle-ci sur l’un de ses bords, de manière qu’on puisse l’introduire d’une petite quantité entre les deux cylindres. Lorsqu’elle est ainsi engagée dans l’intervalle qui les sépare, elle est obligée de les suivre dans leur mouvement et de s étendre de manièi e à ne conserver que l’épaisseur égale à leur écartement. On peut ensuite la faire passer de nouveau entre les cylindres que 1 on a rapprochés davantage en serrant les vis, et on obtient ainsi des
feuilles de plus en plus minces.
Quelques métaux peuvent être laminés à froid; d autres ont besoin d’étre portés à une température plus ou moins élevée.
Pendant son passage au laminoir, le métal éprouve souvent, dans sa structure moléculaire, un changement qui altère sa malléabilité et le rend cassant ; et, si l’on voulait continuer le laminage, les feuilles se gerceraient et se déchireraient. On dit alors que le métal s’est écroui. On lui rend scs propriétés primitives en le recuisant, c’est-à-dire en le chauffant au rouge et en • le laissant ensuite refroidir lentement.