VI. «TAX NATUREL
La diaux ne peut exister dans la nature à i'état de pureté qu'autant qu'elle est soustraite au contact de l'air atmosphérique. On conçoit sans peine qu'il peut s'en trouver dans des 1*0ches qui ont éprouvé l'action du feu des voU caiis, et qui contenaient dans l'origine du sous^ carbonate calcaire.
La chaux se rencontre dans le règne inorganique en très-grande quantité à Tétat de nitrate, de
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sulfate, de phosphate, d'arséniate, de silicate, de carbonate , etc.
Elle existe en assez grande quantité dans les plantes à Tétat de sulfate, de phosphate, d'oxalate , et de sels contenant des acides orga- Iniques.
X^e squelette osseux qui donne aux animaux vertébrés leur forme principale , et auquel 6on,t fixés médiatement ou immédiatement les ligameus, les tendo^is et les muscles, contient une grande quantité de phosphate de chaux et une "petite quantité de sous-carbons^te ; les coquilles des mollusques, les coquilles des oduù d'oiseaux, les polypiers , sont formés eq grande partie de ce dernier seL La chaux a donc d'intimes rapports avec les animaux. Si dans les végétaux nous n'avons pas, à la première vue, de mo^f de croire à Findispensable nécessité de sa présence pour l'existence de ces êtres , cependant on pourrait commettre une grave erreur en la considérant comine accidentelle, car il est bien probable qu'elle est ^splument nécessaire pour neutraliser certains acides. Si cette opinion n'a pas été prouvée, l'opinion contraire est loixi df Tav^ir été>
APPLIQUÉE A LA TEINTURE. a3
VU. PRÉPARATigif.
Pour préparer de la chaux pure, il £siut se procurer du $ous«<»rbonate de chaux pur, puis le soumettre à Faction d'une chaleur blanche dans un creuset de platine ou dans une cornue de grès. L'acide caribûnique , qui n^était à l'état* fidide dans le sous-carbonate de chaux que par Taffînitë de cette base y acquiert à luie certaine Xem^rati»^ une force expansive telle, quft cette affinité se \roine tout-à-£ait surmontée ; dès lors il ^piitte la châuz^qui, à cette température, étant iîre et iniûsîble, reste dans le creuset ou la cornue en ooosenrant à peu près un volume égal à celui du carbonate d'où elle provient. Ce dernier ré^ sultat nous explique maintenant sa porosité , et Faction que nous lui avons reconnue précédemment d'imbiber une assez grande quantité d'eau sans paraître mouillée.
lia chaux que l'on obtient en grand est rarement pure, parce que les pierres à chaux ou sotts-carisonates calcaires natifs que Ton calcine, contiennent presque toujours des matières fixes étrangères qulse retrouvent nécessairement dans Ja dbaux provenant de leur calcination. 11 existe quelques-unes de ces matières étrangères qui hii
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donnent des propriétés remarquables qu'elle ne possède pas à l'état de pMireté, et dont nous dirons quelques mots.
La calcination des pierres calcaires s'eiécute ordinairement dans un grand fourneau cylindrique formé d'un foyer et d'un cendrier ; on met sur la grille un lit d« bois et de charbon de terre 9 par -dessus une couche de pierre» calcaires cassées en morceaux, puis des couches altemiitives de charbon de terre et de pi^*res calcaires, et cela jusqu'à l'orifice du fourneau, qui est presque toujours découvei*t; enfin on met le feu au bois du lit inférieur.
La chaux doit être conservée dans des lieux secs où l'air ne peut que difficilement se re* nouveler.
Observations sur les pierres à chaux et leurs
produits.
A. Lorsque les pierres à chaux ne contiennent que du sous-carbonate pur, ou presque pur, le produit de leur calcination est appelé chaux grasse,
B. Si elles sont mélangées d'un sable siliceux plus ou moins grossier, elles donnent la ohaux maigrç non hjrdraulique.
APPI.IQUÉE A LA TEIHTUJIE. a5
Mous supposons que les pierres à dimix pré^ cédentes A^t B ont été oalcinées de manière & perdre tout leur acide.
€. Lorsqu'au cootratre les pierres à chaux cxmtÎBniient de fa silice saffisamment divisée, ou, ce qui revient au mémo, de Vargile, elles doniient de la chaux ^maigre irfdravUque y en supposant que la calcination n*a(l pas élé poussée jusqu'à opérer un commencement de fu* sîon ou un trop gfeind rapprochement des inolfecuVes.
A PfiOPAJDÉris DE LA CHAUX GB ASSE.
La chaux grasse , suivant son degré de pureté, jouît plus ou moins de toutes les propriétés que nous avons reconnues à la chaux anhydre pure. Ainsi , elle est blanche en général ; elle s'éteint plus où moins rapidement avec l'eau, en développant plus ou moins de chaleur , et conséquemnent elle se délite, se réduit en poudre, et augmente beaudbup de volume.
Lorsqu'on Ta réduite en pâte, avec une quantité d'eau plus considérable que celle qui est nécessaire pour la convertir en hydrate , on peut Ja conserver hors^ du contact de l'air , c'est-à-dire dans la terre humide ou sous Teau ,
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s'y troure à Félat de sous-silicate cakaire. On a remarqué que Talumine, et surtout' la magnésie unie à la silice dans une certaine proportion, aiagraente plus la qualité de la chaux que ne le ferait la silice pure. D'un autre côté, M. Vicat et M. Berthier ont remarqué que les oxides de fer et de manganèse semblent n'avoir aucune influence pour produire oe résultat.
Suivant M. Berthier,:
. Une pierre à chaux qui contient 0,06 d'argile donne une chaux maigre sensiblmnent hg/xtraulique ;
Celle qui en contient de 0,1 5 à o,ao donne une chaux maigre très^ydraulfque ;
Celle qui en contient de o,a5 à o,3o donne la chaux maigre hydraulique^ connue sott« la dénomination de ciment romain;
Que se passe-t-il lorsqu'on cuit la pierre à chaux qui donne la chaux maigre hydraulîquat^ L'acide carbonique s'en dégage, et la silice, qui est très- divisée^ s'unit à -la chaux. Lorsqu'oi» ajoute de l'eau à cette combinaison , ses parties s'agrègent et adhèrent les unes aux autres avec une force assez grande , quoiqu'il y ait plus d'eau qu'il n'en faut à la constitution de l'hydrate. C'est cette propriété qui rond cette matière si
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émlaeimiient propre à composer les bétons ou cimens employés dans les constructions qui doi* yen! être submergées. On conçoit que la chaux grasse ne pourrait servir à cet usage, parce que la pâte qu'elle ibrme n'a pas de consistance ; et que , si elle était exposée à l'action dTune eau en mouvement , tôt ou tard elle serait délayée et emportée.
La solidité que la pâte de chaux maigre hydraulique acquiert au moyen de l'eau, étant due à l'hydratation du sous-silicate de chaux, on conçoit aisément la nécessité de ne pas élever la température de la pierre k chaux au degré où la combinaison éprouverait un commencement de fusion , parce que l'eau ne pourrait plus s'y combiner.
Nous ajouterons que le sous-carbonate de chaux pur qui n'est décomposé par le feh qu'en partie , c'est-â-dire de manière à être réduit en un mélange de sous -carbonate de chaux et de chaux anhydre y se comporte avec Teau comme le ferait une chaux hydraulique.
On reconnaît la nature des pierres à chaux en les traitant par l'acide hydrochlorique.
À. Une pierre à chaux grasse s'y dissout complètement ou presque complètement, et l'am*
âô 16*" LEÇO!f DE CHIMIE
tnoniaque ajoutée à la liqueur filtrée ne k trouble pas ou ne donne qu'un léger précipité.
B. Une pierre à chaux inaigre non hfdrau* Uque laisse un résidu sensible de sable plus ou moins ^Dossier.
C. Une pierre à chaux maigre hydraulique laisse un résidu de silice ou d'argile irès-divi^ée^ dont Ja quantité fait connaître la qualité de la chaux, d'après le résultat des expériences de M. Berthier, que j'ai donné plus haut.
Quant à la distinction des chaux , Toici com* ment on peut la faire :
A. La chaux grasse préalablement éteinte et délayée dans l'eau sera dissoute sans e£ferves^ cence par l'acide hydrochlorique, et complètement ou presque complètement. Lu dissolution évaporée à sec avec ménagement, et reprise par l'eau, ne laissera pas de résidu. L'ammoniaque ajoutée à la liqueur ne fera pas de précipité, ou n'en fera qu'un très-léger.
B.Lac?uiux maigre non hydraulique préalablement éteinte sera dissoute par l'acide hydrochîo^ rique , en laissant un résidu de sable plus ou moins grossier. Sauf ce phénomène, les autres
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seront conformes à ceux que présente k chaux grasse A.