‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 2)Chapitre 157 sur 544 · C. SELS ET EAU ▲ l'eTAT DE VAPEUR · texte numérisé non relu

C. SELS ET EAU ▲ l'eTAT DE VAPEUR

Les sels pourvus d'eau d'hydratation, une fois qu'ils l'ont perdue , absorbent l'eau à Fétat de vapeur qui est répandue dans l'atmosphère ; et il en est même qui peuvent être employés pour dessécher les gaz.-

Cet effet est indépendant de la solubilité, car des sels peu solubles, comme le sul&te de chaux ^ produisent cet effet avec une énergie remarquable lorsque leurs particules n'ont pas été trop frittées par l'action de la chaleur.

Il y a des sels qui attirent l'eau avec assez de force pour l'enlever à l'atmosphère, et se résoudre en liqueur. Ils sont appelés déUques^ cens.

On sait qu'à une même température l'atmo-

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sphère ou un espace vide d'air peut recevoir de la vapeur d'eau en quantités continûment croissantes depuis le terme de la sécheresse extrême jusqu'à celui de la saturation ; on sait encore que l'hygromètre à cheveu est propre à indiquer le rapport de saturation de la vapeur à l'espace; qu'il marque loo^' dans un espace saturé de vapeur, et zéro dans un espace complètement desséché. Maintenant , la déliquescence des sels étant due à leur affinité pour l'eau , on conçoit que, toutes choses égales d'ailleurs, plus la vapeur sera raréfiée , moins un sel aura de disposition à l'absorber; qu'en conséquence il pourra j avoir des sels qui seront déliquescens jusqu'à un certain degré de l'hygromètre , et qui cesseront de l'être au-dessous , en descendant de l'humidité extrême vers la sécheresse.

A l'humidité extrême , tous les sels solubles sont déliquescens ; il faut donc bien se garder, dans les ateliers de teinture, de placer ceux qu'on veut conserver à l'état solide dans une atmosphère qui serait à loo^ hygrométriques.

La température a la plus grande influence sur la déliquescence des sels ; et cela est facile à concevoir, puisque l'affinité est la cause pre-

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mière de ce phénomène, et qu'elle varie avec la température. Quand on parle de la déliquescence d'une substance, il faut donc noter le degré du thermomètre où elle a lieu , pour que l'observation *soit complète.

S'il est vrai, ainsi que nous l'avons dit, que le terme d'ébullitiôn d'une solution saline soit d'autant plus reculé que la matière dissoute a une plus grande affinité pour son dissolvant, il est évident qu'il y aura un rapport entre la déliquescence d'un sel à une température T et le degré d'ébullitiôn de sa solution saturée à cette même température T : c'est aussi ce que M. Gay- Lussac a observé.

Que l'on sature de l'eau avec un sel à la tem<^ pérature T, que l'on en prenne le terme d'ébullitiôn , et l'on verra que si elle bout à 1 1 2^ sous la pression de o"*',76o, le sel sera très-déliquescënt à la température T; si elle bout de loc à joa^, il ne le sera que très-peu ; enfin si elle bout à 100% il ne le sera pas sensiblement.

Enfia, si on mouille les parois d'une cloche de verre avec une solution saline saturée à la température T, et qu'on y renferme un hygromètre : lorsque celui-ci sera stationnaire , il est évident qu'il y aura équilibre entre l'affinité du

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cheveu pour l'eau et la tendance qu'a l'eau à se séparer de la solution; par conséquent, audessus de ce degré, le sel sera déliquescent, et au-dessous il ne le sera pas. Par exemple, M. Gay-Lussac a vu qu'une solution de chlorure de sodium saturée à la température de i S"" fait monter l'hygromètre à 90*; par conséquent, dans une atmosphère à i5^ de température, le chlorure sera déliquescent si cette atmosphère est au-dessus de 90^ hygrométriques, et il ne le sera pas au-deasous.

Il existe des sels qui abandonnent de Teau par leur exposition à l'atmosphère, quand celleci n'est pas très-humide. Ces sels sont dits efifiorescens; ils deviennent opaques, et il en est qui se réduisent même en poudre.

Les sels déliquescens et efflorescens contiennent toujours une forte proportion d'eau ; dans un grand nombre, elle excède la moitié de leur poids. C'est pour cette raison que le teinturier doit toujours, quand il fait usage de ces corps, tenir compte de l'eau qu'ils peuvent conter; et cela est nécessaire surtout quand il emploie des sels tels que le sous-carbonate de soude, qui renferme 0,62 de son poids d eau de cristallisation. Il est nécessaire, d'après cela.

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dans les recettes, de dire si le sel efflorescent prescrit pour une opération doit être pris à l'état anhydre ou de cristaux.

S VIL

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