POTASSE DU COMMERCE
Je passe maintenant au moyen de se procurer la potasse du commerce.
j. Préparation des potasses du commerce.
On retire la potasse des végétaux qui la contiennent à l'état de sel, en les brûlant sur une aice abritée du vent, et préparée à cet effet. On ne peut opérer cette combustion que dans des pays où le bois est à très-bon marché, tels que plusieurs contrées de la Russie^ de l'Amérique du nord, etc.
I^es parties herbacées sont plus riches en alcall que les parties ligneuses; les branches, surtout les petites, sont préférables au tronc d où elles sortent; et les arbustes, les herbes,, tels que les genêts, les fougères, Fhièble, les chardons, le maïs, la bourrache, les fanes de pommes-de-terre, les tiges de haricots, sont encore préférables aux branches. Les fruits contiennent
APPLIQUÉE A LA TElMTUAB. Sf)
en général une quantité notable de potasse; je citerai pour exemple les marrons d'Inde.
Lorsqu'on s'est procuré une suffisante quantité de cendres, on les lessive avec de l'eau ; et pour cela on peut les mettre dans des tonneaux placés debout, et dont le fond supérieur a été enlevé. Dès qu'on juge que Teau y a séjourné assez long-temps, on la tire à clair par un robinet ou chantepleure placé à la partie inférieure de chaque tonneau, et on la Ëiit repasser sur de nouvelles cendres jusqu'à ce qu'elle marque i!^ k ]5^ environ à l'aréomètre. En général, le principe à observer est de présenter de l'eau pure aux cendres déjà lessivées qu'on se propose de laver une dernière fois> et de présenter à des cendres neuves des lessives déjà chargées d'alcali. Lorsqu'on s'est procuré une suffisante quantité de lessives , on les fait évaporer à sec dans des chaudières de fonte dont la profondeur est à peu près la moitié de leur diamètre. Le résidu est appelé salin. Pour le convertir en potasse du commerce j il ne s'agit que de le calciner dans des fourneaux à réverbère, afin de consumer des parties charbonneuses qu'il con^ tient toujours. Le salin , dans cette calcinatioo^ perd de lo à 2à5 pour loo.
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Après cette opération, la matière est blanche, et presque toujours plus ou moins tachée de vert, de b^eu ou de rouge ; on la met dans des tonneaux bien fermés.
a. Variétés de la potasse du commerce.
On distingue dans le commerce plusieurs sortes de potasse; par exemple :
\^ La potasse perlasse ;
Elle est en morceaux , dont les plus gros ne dépassent guère le volume d'un œuf;
Elle est blanche, ou d'un gris léger, souvent tachée de bleu ou de vert par des oxides de manganèse ou de fer;
a» La potasse de Tresses;
3® La potasse de Dantzick;
4^ La potasse de Russie ;
5^ La potasse des Vosges;
^ La potasse d* Amérique ;
Celle-ci est rougeâtre, et ordinairement en masse compacte comme fondue ; mais ce serait une erreur de croire que la couleur indique certainement cette variété , car aujourd'hui on sait donner l'apparence de la potasse d'Amérique à des alcalis beaucoup moins riches qu'elle;
70 La cendre gravelée qu'on obtient en bru-
APPLIQUÉE A LA TEINTURE. J^l
lant les lies de vin desséchées qui sont abondantes en bitartrate de potasse , doit être considérée comme une variété dépotasse du commerce; mais, par la raison que la matière qu'on brûle est très-riche en sels solubles , on ne lessive pas la cendre qu'on en retire : c'est ce qui explique pourquoi la cendre gravelée laisse, quand on la traite par l'eau ^ un résidu plus considérable qu'aucune potasse du commerce; il s'élève à 0,06 environ de la masse. Il faut savoir en outre que cette variété d'alcali est trèssujette à être falsifiée.