‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 2)Chapitre 260 sur 544 · CONSÉQUENCE · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCE

Si donc des poids égaux d'échantillons de potasse n°* I , a, 3, etc, ont exigé, pour être neutralisés, deis quantités a,ik a,Z a, etc., d'acide sulfurique, on en conclura que les quantités de potasse contenues dans ces échantillons sont entre elles comme les nombres i , a , 3 , etc. , c'est-à-dire qu'elles sont proportionnelles aux quantités d'acide sulfurique qui les ont neutralisées.

B. Application.

Pour appliquer ces principes à l'essai des potasses, il ne s'agit plus que de préparer d'abord un acide le plus convenable possible à la neutralisation de leur alcali , et de déterminer ensuite la quantité de cet acide nécessaire pour neutraliser une quantité connue de potasse

APPLIQUEE k LA TEINTURE. 4^

pure OU de sous-carbonate de cette base, également pur.

On peut déterminer la quantité d'acide nécessaire pour produire cet effet au moyen de la balance, ou d'après le volume qu'il occupe dans des vases de verre exactement gradués : ce dernier procédé est exact, et bien plus simple que le premier.

B'. Préparation de Vacide sulfurique normal^

ou liqueur dépreuue.

On prend un ballon B {pi. ^^Jig^ 3) dont la capacité jusqu'au trait a est égale à looo centimètres cubiques; on y met environ t\oo^^' d'eau ; on pèse exactement dans une fiole 1 a2«'-,43 d'acide sulfurique hydraté d'une densité de 1,845, qui contienent 100 gramm. d'acide sulfurique anhydre; on les verse dans le ballon B, en ayant le soin de ne pas en perdre : pour cela on fait égoutter la fiole, on y passe de l'eau à plusieurs reprises; on la verse dans le ballon, qu'on agite en même temps afin de jnélanger les liqueurs, et d'éviter que la chaleur dégagée par leur réaction ne détermine la rupture du vaisseau. Enfin on adiève de remj^ir ce dernier jusqu'au trait a. Quand on est sûr que la tempe-

46 2-i* LEÇON DE CHIMIE

rature de l'acide est la rnéme que celle de Tatrnosphère, on constate si la surface du liquide est au-dessous du trait a. Dans ce cas, il faut ajouter assez d'eau pour rétablir le niveau ; après quoi on verse l'acide dans un flacon fermé A l'émeri.

i*On sait que loo parties d'acide sulfurlque neutralisent 1 17,72 p. de potasse ou 172,90 p, de sous - carbonate ; par conséquent il est évident que I centimètre cube d'acide normal représente exactement, à la température où la dissolution a été faite, o*'*,ioo d'acide sulfurique anhydre, qui neutralisent 0^,1177 de potasse pure ou o%i7a9 de sousK^arbonate.

a® Il suffira de connaître ce qu'on aura employé de centimètres cubes d'acide normal dans un essai ^ pour avoir la quantité pondérale d'acide anhydre qui a produit la neutralisation^ et par suite la quantité d'alcali pur contenue dans la potasse essayée.

B". Préparation de la liqueur alcaline pour

VessaL

On prend plusieurs échantillons de potasse dans diverses parties de la masse que l'on veut acheter ou essayer, afin de prévenir Terreur qui pourrait résulter de ce que cette masse ne se-

rait pas homogène; on les mélange exactement, puis on en met quelques grammes avec de Teau. Deux cas peuvent se présenter : la potasse est entièrement ou presque entièrement soluble, ou elle contient une quantité notable de matière insoluble.

Premier cas. — On pèse 5o grammes de potasse dans une balance , on la met dans le vase B {pi. ^j/ig' 5), dont la capacité jusqu'au trait tt est de 5oo centimètres cubes ; on ajoute de l'eau de manière que la liqueur ait précisément ce volume; on ferme le flacon, et on IV gite fortement pour avoir une liqueur homo« gène.

Deuxième cas. — On pèse 5o grammes de po« tasse, et on les met dans un mortier de verre à bec (p/. ^^fig. 4)? de aoo centimètres cubes environ de capacité. SI la potasse est dure, il faut préalablement la pulvériser dans un mortier de bronze, puis on ajoute loo"^^ d'eau environ pour la triturer pendant quelques minutes. Quand la liqueur est éclaircie, pn la décante «ur un filtre placé sur le vase B {pL 3,yîg^. 5); on remet dans le mortier loo ''*''' d'eau, on lave comme la première fois, et on verse le lavage dans le filtre E, en ayant le soin de bien égout-

ter le bec du mortier; on fait un nouveau lavage avec loo centimètres cubes d'eau, et l'oa verse toute la matière dans le filtre. Quand le résidu est bien égoutté , on verse de l'eau dans le mortier, et on la passe sur le filtre, afin d'enlever tout ce qu'il contient de soluble; il faut, pour bien faire, qu'on y soit parvenu lorsque le liquide s'élève dans le vase au trait u. Il est évident qu'on a alors 5oo centimètres cubes d'une liqueur contenant toute la partie soluble de 5o grammes de potasse, en supposant que le lavage en ait été fait avec le soin convenable.

Dans le cas où l'eau représentant 5oo centimètres cubes de solution n'aurait pas suffi pour enlever toute la matière soluble, il £iudrait continuer à laver le résidu. On prendrait le volume total du liquide dans une cloche c {pi. 3 yjig^ 6) de i litre divisée en centimètres cubes.

B'". Neutralisation de la liqueur alcaline par Va*

cide normal.

On puise loo centimètres cubes de liqueur alcaline avec la pipette graduée en centimètres cubes {pL ^fjig. 7), ou si, comme dans le deuxième cas, le volume de la liqueur alcaline

APPUQUEE A LA TEINTURE. 49

excédait 5oo centimètres cubes, il faudrait, après en avoir déterminé le volume dans la cloche graduée (/?/. Z^g. 6), en prendre le cinquième, de manière que dans tous les cas la liqueur alcaline destinée à l'épreuve représentât exac^ tement Talcali contenu dans lo grammes de po* tasse ; on verse cette liqueur dans un vase cylindrique V {pL 3 ^/îg. 8), où elle forme une couche de o,o3 à o"',o4 de profondeur; on la colore en bleu avec un peu de teinture de tournesol. On a une burette B (/?/. 3 ^Jîg. g) graduée en centimètres cubes : chaque centimètre est di- . visé en 5 parties ; on la remplit d'acide normal jusqu'au trait marqué zéro. On a déterminé d'avance combien de gouttes^ versées par la branche oo\ représentent de cinquièmes de centimètre cube; l'orifice o de cette branche doit avoir été enduit de cire.

On prend le vase V {pi. 3 ^fig. 8) de la main gauche, on le place au-dessus d'une feuille de papier blanc, afin de rendre le changement de couleur plus sensible : on imprime un mouvement de rotation au liquide, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre , et pendant ce temps on verse l'acide de la burette.

Dès que le tournesol est passé au rouge de

5o 24-*. LEÇON DE CHIMIE

vin, en supposant que l'alcali contienne de Tacide carbonique, il Ëiut n ajouter l'acide normal que très-doucement; enfin, -quand la liqueur ne fait presque plus d'effervescence, l'acide normal ne doit être versé à la fois que par ^ de centimètre environ, et alors on doit plonger chaque fois une baguette de verre effilée dans le liquide, puis l'en retirer, et tracer avec le liquide qui s'y est attaché un trait sur du papier de tournesol bleu un peu foncé. Tant que celui-ci n'est pas rougi d'une manière permanente, on n'est pas sûr d'avoir atteint le point de neutralisation; mais aussitôt que le papier est rougi , le terme est dépassé.

Supposons que l'on ait fait cinq traits sur le papier bleu, et que, lorsqu'il est sec, 3 traits soient décidément rouges; il est clair que l'on a mis trop d'acide; mais comme on sait que chaque trait a été fait après l'addition de ^ de centiniètre, il est clair encore qu'il faut retrancher | de centimètre du nombre de centimètres d'acide normal que l'on a versé de la burette dans la liqueur alcaline ; et MM. Gay-Lussac et Welter prescrivent de retrancher ^ en sus, par la raison que le sulfate de potasse retarde la récLction de V acide libre sur le papier de tournesol.

APPLIQUÉE A LA TEINTURE. 5l

Le volume de l'acide normal nécessaire à la neutralisation de la potasse une fois connu , on a le moyen de déterminer le titre ou la valeur vénale de cette potasse. En efifet ,

loo centimètres cubes d'acide normal neu* tralisant i i^'{]'}i de potasse ou iT^'sag de souscarbonate, il suffira de multiplier par l'un ou l'autre de ces nombres le nombre de centimètres cubes d'acide normal nécessaire à la neutralisation de la potasse essayée, et de diviser par loo pour avoir la quantité d'alcali ou de sous-carbonate contenu dans la potasse essayée.

Supposons, par exemple, que lo grammes de potasse aient demandé 47****>5 d'acide normal, suivant que l'on voudra avoir la quantité de potasse ou de son sous*carbonate, on aura les proportions

- t. «. 11,77a X 47j5oo ff 100 : 11,77a :: 47,5 : X = -lii 1^2 — =5,59

Page 1