I. coxposiTioir
Leroyer et Dnmu.
Oxigène 10,43
Azote z3|8i
Carbone. • ... i »«••'• . 73,a6 Hydrogène ..... •<*^. .• . a,5o
iM
Cette analyse a iké faite sur l'indigotine snbliQ^e.
4 29* LEÇON DE CHtlIlE
IL PROPRIÉTÉ PHYSIQUES
L'iudigotine est en poudre d'un bieu violet ou en aiguilles cuivrées douées de l'éclat mé* tallique.
Exposée à la chaleur, elle se fond et se volatilise sous la forme d*une belle vapeur pourpre qui se condense en aiguilles. La température nécessaire pour la faire bouillir, c'est-à-dire pour lui donner une tension ^ale à la pression at* mosphérique, étant très-rapprochée de celle où elle se décompose, il s'ensuit que si on la distille dans une cornue, on en décomposera toujours une quantité plus ou moins considérable.
IIL PEOPEiiTis chiuiques.
A. Cas où rindigotine n'éprouve aucune
altération.
L'iudigotine est neutre aux réactifs colorés.
L'eau n'a aucime action sur elle.
Il en est de même de l'alcool et de l'éther hydratique à froid ; à chaud, et surtout dans le digesteur distiUatoire (tom. i", leqon ^<,pag. 'fjy Talcool en dissout assez pour se teindre en bleu. Il se décolore entièrement par le refroidissement. S'il restait violet, cela prouverait
APPLIQUÉE À LA TEIKTtfllE. 5
que Findigotine employée à faire rexpériencc ne serait pas pure, qu'elle retiendrait une quantité notable d'une matière dite résineuse qui se trouve dans les indigos du commerce.
Les alcalis faibles ou concentrés n'ont aucune action sur elle.
Il en est de même de l'acide sulfuriquè faible, et des acides phosphorique, arsénique, borique, hydrochlorique, etc., faibles ou concentrés.
L'acide sulfuriquè bjdraté d'une densité de 1 ,84^ la dissout en présentant des phénomènes complexes que nous allons décrire d'après M. Berzelius qui les a examinés dans ces derniers temps.
Lorsqu'on met i partie d'indigotine et i :i parties d'acide sulfuriquè hydraté d'une densité de 1,84^9 la couleur devient jaune dans quelques parties, puis verte, et enfin Ton obtient une liqueur d'un beau bleu, sans qu'on observe de dégagement de gaz sulfureux.
Si l'dn opère avec de l'acide fumant ^ et qu'on en mette 6 parties avec i partie d'indigotine, on obtient promptementune liqueur d'un rouge pourpre, sans qu'il se dégage de gaz acide sulfureux. Il ne s'en dégage pas davantage lorsque Findigotine est exposée au contact de la vapeur
6 29* LEÇON DE CfilHIE
provenant de la distillation de Tacide sulfurique fumant (tom, ï% leçon 6ypag. a6). Seulement M. Dœberein^r a observé que la dissolution pour^ pre qui s'opère alors est si concentrée qu'elle se prend en masse par le refroidissement.
La dissolution d'indigotine faite avec l'acide fumant étendu d'eau, ne donne pas de précipité. Elle est bleue, comme celle qu'on a préparée avec l'acide d'une densité de ifi/^i.
On avait généralement considéré la dissolution sulfurique d'indigotine comme un sulfate d'indigotine, ou nn acide sulfo - indigotique. M. Berzelius, qui l'a examinée dans ces derniers temps, y reconnaît trois composés :
i^ Du sulfate d'indigotine, que je nommerai ticide sulfo^indigotique ;
a^ De l'hyposul&te d'indigotine , que je nommerai acide hyposulfo-indigotique ;
3f Du sulfate d'indigotine modifiée, qu'il appelle pourpre d^ indigo y et que je nommerai acide su^ophénicique, M. Crum Ta décrit le premier TOUS le nom àephénicine.
L'examen de cette dissolution est trop important pour que nous n'en fassions pas l'objet d'un paragraphe spécial.
APPUQDÉB â Là TBIlITUAE. 7
B. Cas où rindigotine est décolorée, sans être-
radicalement altérée.
Lorsque l'indigotine est en contact avec une liqueur alcaline et une matière oxigénable, et qu'elle se trouve d'ailleurs hors de l'influence de Pair, elle perd sa couleur et iotm% avec l'alcali une combinaison soluble dans l'eau '^ qui présente un phénomène bien digne de fixer notre attention ; c'est qu'elle n'a pas plutôt le contact de l'oxigène atmosphérique, qu'elle Tabsorbe, et que l'indigotine, qui était tenue en disr solution par l'alcali, s'en sépare en reprei^ant la belle couleur pourpre cuivrée qui est propre à cette substance. Je dois d'autant plus insister sur ces faits, que le teinturier les observe tous les jours lorsqu'il &it usage des cuves à indigo.
Un des cas les plus simples où Tindigotine se* décolore, est certainement celui où l'on rem-plit un flacon bouché à l'émeri de
Indigotine o^So
Is 0,53 1 ¥ o,465 aq 0,834
Potasse à l'aloool • . 1,60 MprinnMnt
Eau 5oo,oo
Po x,35o aq 0,263
& 29* LEÇOn DE CHIBtIE
Le mélange, abandonné à lui-même à la tem-^ pérature ordinaire et agité de temps en temps ^ présente au bout de plusieurs heures un liquide d'un jaune^ foncé, et un dépôt d'oxide de fer, dont une partie est à Fétat de peroxide. Ce liquide se recouvre, par le contact de l'air, d^me belle jfteurée de couleur pourpre violette, et jouit, ainsi que je l'ai remarqué, delà propriété de précipiter de l'faidigotine incolore, lorsqu'on vient à neutraliser la potasse par l'acide hydrochloriquc^
Revenons maintenant à la réaction des corps que nous avons renfermés dans le flacon. On peut l'interpréter de deux manières différen* tes; mais, dans les deux cas, ou est obligé de reconnaître que le mélange se réduit essentiellement à de la potasse , du protoxide de fer et de l'indigotine; car o^-,6a5 de potasse, en neutralisant 0^,53 1 d'acide sulfurique du sulfate de 1er, forment i''^, 1 55 de sul&te de potasse. Il reste donc o%6a5 de potasse libre, o*'',465 de protoxide de fer, et o''',5o d'indigotine.Or, en parlant du protoxide de fer (tom. i^, leçon i4, pag^ 66)^ nous avons insisté d'une manière toute pariicu^ lière sur sa forte affinité pour l'oxigène.
A. Dans la première hypothèse, Tindigotine cède tout ou une portion de son oxigène au
APPUQUÊE A LA TEIKTURF. 9
proloxide dé fer, ou à une partie seulement, el rindigotine désoxigénée se dissout dans Teau de potasse.
B. Dans la seconde hypothèse , leau est décomposée. Son oxjgène se porte sur le protoxidef de fer, et son hydrogène s'unit à rindigotine pour former une espèce dliydracide qui se combine à la potasse. '
BerthoUet est le premier, je crois, qui ait k\\ voir que les faits s'expliquaient dans ces deux hypothèses : la première a été universellement adoptée jusqu'à l'époque où le chlore a été considéré comme un corps simple. Alors M. Dœbereiner a soutenu la seconde, et il a appelé l'hydracide d'indigotine ticide iscUique; et j'avoue que cette hypothèse m'a paru plussa*^ tis£siisante que l'autre, jusqu'à l'époque où M« Berzelius et M. Liebig ont examiné d'une manière particulière l'indigotine incolore, et où ils l'ont considérée comme de l'indigotine désoxigénée. Nous nous conformerons à eeite hypothèse, tout en avouant cependant qu'elle n'est pas démontrée.
Quoi qu'il en soit, le teinturier doit parfaitement comprendre ce que nous venons de dire, s'il veut se rendre un compte exact de ce qiù
go . 29* UBÇOH DE CHIIOB
se passe dans ia teinture en bleu de cuve; car, ainsi que nous le verrons dans la seconde partie du cours, toutes les cuves se réduisent à de Tindigotine plus ou moins impure , à une matière alcaline y soit la potasse , la chaux et même l'ammoniaque ; à une matière oxigénable , soit minérale, comme le sulfure d'arsenic, soit organique, comme le sucre, l'amidon, la gomme, etc. pans ce cas, on est presque toujours obligé d'élever la température pour faciliter la réaction de corps.
Le phosphore , les sulfites , les phosphites , les sulfures de p'otassium , de calcium , d'antimoine, etc., réduisent l'indigotine sous Tinfluence d'un alcali capable de la dissoudre lorsqu'elle est désoxigénée.
I volume d'acide sulfurique concentré , et 3 à 4 volumes d'alcool dans lesquels on £siit digérer de l'indigotine en vase clos, en déterminent la désoxigénation. L'indigotine désoxigé^ née est dissoute par l'alcool.
G. Cas ou Vindigotine est complètement
décomposée.
L'indigotine distillée s'altère en partie seulement, car nous avons vu plus haut (/>• 4)
APPLIQUÉE A L4 T£I2tTUnii:. II
qu'une portion se sublime sans altération. La portion qui est altérée, dans le cas du moins où la distillation s'opère dans une cornue remplie d'air, est réduite en eau, en sous-carbonate d'ammoniaque, en un produit qui donne du bleu de Prusse avec un sel de protoxide de fer et le contact de l'air, en une huile épaisse, en gaz carbonique et en un gaz inflammable. Il reste un charix>n azoté.
Si l'indigotine est distillée dans le vide, une portion se sublime en cristaux feuilletés, et une autre se réduit en huile épaisse et en charbon, mais il ne se produit ni eau , ni gaz, suivant M. Berzelius.
Cet illustre chimiste a confirmé ce que j'avais vu, que, toutes choses égales d'ailleurs, l'indigotine est d'autant plus décomposable par la chaleur, qu'elle est chauffée plus lentement.
Il suffirait de faire passer la vapeur d'indigotine dans un tube de verre chauffé a une température peu élevée au-dessus du terme de vaporisation de cette substance, pour qu'elle fut complètement altérée.
Enfin , lorsqu'on voudra s'opposer à la décomposition de l'indigotine exposée à l'action de la chaleur, il faudra présenter à la vapeur déve-
19 29* LEÇON DK CHIMIE
loppée le plus rapidement possible un espace sufHsant où ou la condensera le plus rapidement possible.
L*indigotine chauflKe avec le contact de Fair se sublime en partie, l'autre partie brûle avec flamme et en produisant de l'eau et de l'acide carbonique; de l'azote est mis en liberté. Le charbon brûlé ne laisse pas de cendre.
T^ chlore humide décompose l'indigotine trèsr rapidement, mais on a peu étudié les produits de cette décomposition.
L'iode humide ne l'altère pas, mais à l'aide de la chaleur il y a décomposition.
L'acide nitrique, très-concentré, a une action si énergique sur l'indigotine qu'il est capable de l'enflammer.
L'acide nitrique, peu concentré « exerce sur elle une action qui doit nous arrêter quelques momens , car elle est des plus curieuses : elle donne naissance anx deux amers ou acides car^ bazotique'et indigotique dont nous avons traité (tom. II, leçon ^o^pag. 91 et 93).
Si après avoir introduit dans une cornue 4 parties d'acide nitrique à 3a*, et 4 parties d'eau, et en avoir élevé la température, on y jette par portions a parties d'indigotine, il se
produit une vive action, beaucoup de gaz se dégage, et Tindigotine devient jaune. Si alors on retire du feu et qu'on abandonne la matière à elle-même , voici ce qu'on remarque au bout de ^4 heures.
La liqueur est colorée en orangé, elle présente une matière résinoide à sa surface, et une matière jaunâtre ^qpi s'est déposée par le refroidissepient.
On sépare par la filtration les matières soli-
des de la partie liquide ; on passe de l'eau froide SUT le filtre^ puis on presse les matières qui y sont restées.
Nous allons examiner
A. Matières solides.
B, Liqueur orangée.
ji. MATJlàRSS SOLIDES.
On les fait bouillir dans l'eau : la matière rési^ noîde se fond, et la matière jaunâtre se dissout en entraînant avec elle une petite portion de la première. On retire du feu; la matière résinoide se 6ge par le refroidissement, tandis que l'autre, qui est formée presque entièrement d'acide iudigotique, se dépose pour la plus grande partie. On enlève la première avec une spatule, puis on jette la liqueur sur un filtre.
l4 29* LEÇ05 DE CHIMIE
A. Matière résinoïde.
Pour la purifier il faut la faire bouillir dans Teau, la dissoudre ensuite dans l'alc^ool, l'en précipiter au moyen de Teau, faire bouillir de nouveau afin de volatiliser l'alcool, et de réunir la matière résinoïde en une seule masse.
Elle est jauneK>rangé, acide et aoluble dans l'eau de potasse.
A'. Acide indigotique ou amer au minimum.
Cet acide recueilli sur le filtre est coloré en orangé par de la matière résinoïde; pour le purifier on le met dans un ballon avec de l'eau et du sous-carbonate de plomb'; on £aut bouillir, il se forme un indigotate de protoxide de plomb soluble , et un composé insoluble de matière résinoïde et de ce même protoxide. On filtre là liqueur bouillante, puis on y ajoute de Facide sulfurique pour en précipiter le plomb. On filtre de nouveau^ et par le refiY>idissemeiit la liqueur dépose de l'acide indigotique.
A". Liqueur séparée par lafiltration de V acide
indigotique impur.
Elle contient de l'adde indigotique et la ma-
APPLIQUÉE A LA TEINTUBE. l5
tière qui se trouve dans la ligueur orangée B que nous allons examiner.
B. LIQUEUR ORAVOEE.
Cette liqueur contient de
L'acide nitrique,
L*acide indigotique,
L'acide carbazotique,
La matière résinoïde.
L'acide oxalique, .
Une 4natière astringente que je considère comme un
i d'acide carbazotique,- — indigotique, de matière résinoide, d'acide nitrique.
En la faisant concentrer convenablement et refroidir, on en sépare la plus grande partie de l'acide indigotique ; en faisant concentrer Teaumère on obtient des cristaux d'acide carbazotique, et d'acide oxalique, et la matière astringente sous la forme d'un liquide huileuxl
Lorsqu'on veut se procurer l'acide carbazotique, on ajoute de l'eau de potasse à la liqueur orangée, on obtient du carbazotate que l'on purifie.
Enfin , si on voulait se procurer de l'acide carbazotique et non de l'acide indigotique, on
l6 39* LEÇON DE GHlBflE
prendrait celui-ci, on le traiterait à chaud par Tacide nitrique, puis on l'unirait à la potas^, on ferait cristalliser la combinaison , et on en séparerait Tacide carbazotique au moyen de Va* cide hydrochlorique.
La réaction de Tacide nitrique sur Tindigotine, qui donne naissance à trois matières dont Tune est d'une couleur orangée et les autres d'un jaune léger, explique comment, en appliquant sur les étofTés de laine teintes en bleu d'indigo, un acide nitrique assez faible d'ailleurs pour ne pas jaunir la laine blanche , on développe alors une couleur orangée.'