IV. PROPniÉTÉS CHIMIQUES
A. Cas où elle n'est pas altérée.
o'-joS d'hématine et 76 grammes d'eau bouillante donnent une solution rouge pourpre qui devienl orangée par le refroidissement. On peut reproduire cette succession de eouleurs un grand nombre de fois en élevant et abaissant la température de la solution. Ces phénomènes prouvent l'influence que la chaleur peut exercer sur la couleur des corps en général, et sont ana« logues à ceux que nous ont présentés le soufre (tom. 1*^, leçon S^pag. a), Tacide nitreux (tom. i"^ leçon S^pag. 27), avec cette différence pourtant que Thématine est dissoute dans Tenu , tandis que le soufre et l'acide nitreux sont à l etat de pureté.
L'alcool dissout bien mieux l'hématine que Feauyjet la solution est d*un rouge orangé brun , dans lequel on aperçoit du verdâtre quand elle est en couche mince et vue par transmission.
L'éthei^ la dissout aussi.
Action des acides.
L'acide sulfurique faible jaunit la solution d'hcmatiue, l'acide concentré la fait passer au rouge.
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Les acides hydrochlorique et nitrique à 3a^ agissent d'une manière analogue ; mais lorsque ce dernier, employé en excès^ a fait passer la couleur de l'hématine au rouge , il finit par l'altérer profondément.
Les acides phosphorique et phosphoreux la font passer au rouge jaunâtre.
L'acide arsénique la jaunit ou la rougit, suivant la quantité employée.
L'acide arsénieux n'a pas d'action sensible.
L'acide sulfureux faible la jaunit sans l'altérer.
L'acide borique a cette action remarquable, que , quelque petite que soit la quantité qu'on ajoute à la solution d'hématine, pour peu que cette quantité ait une action sensible, il se développe une couleur rouge tirant sur le pourpre, c'est-à-dire que l'acide borique agit à la manière d'une base alcaline plutôt que comme un acide, et, ce qui rend encore l'analogie plus frappante, c'est qu'une petite quantité cf acide sulfurique fait passer au jaune la couleur rouge développée par l'acide borique, comme cela arriverait si cette couleur rouge eut été produite par une base salifiable.
Un courant de gaz carbonique qu'on dirige dans la solution d'hématine, la jaunit.
APPLIQUÉE A LA TEINTUIIE. 45
Les acides oxalique , acétique , citrique , tartrique y la font passer au jaune et à l'orangé rongeâtre quand ils sont employés en excès.
L'acide beÎLZoîque la &it passer au jaune seulement, quelle qu'en soit la quantité.
Enfin l'acide hydrosnlfurique semble la décolorer, n n'y a pas de désoxigénation, car, en mettant du potassium dans une dissolution d'hématine saturée depuis quelques jours d'acide hydrosnlfurique, et qu'on Vient d'introduire dana une- cloche remplie de mercure, sur-lechamp il se produit de la potasse qui fait passer l'hématine au bleu.
I^ peroxide d^étain agit sur elle à la manière des acides.
Action des bases salifiables.
Tous les alcalis solubles, dissous dans l'eau, changent la couleur de l'hématine en bleu; mai» il fau^ opérer le mélange des corps dans des cloches pleines de mercure et renversées dans un bain de ce métal, afin d'éViter le contact de l'oxigène atmosphérique.
Les eaux de baryte, de slrontiane et de chaux forment avec elle des précipités bleus : ces composés sont moins altérables par l'air,
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que ne le sont ceux de *potasse de soude et d'ammoniaque qui restent en dissolution dans l'eau où on les a. produits.
Les hydrates de magnésie ^ d^yttria, de glucine, de zircone et d'alumifne, le protoxide de zinc et son hydrate, le protoxide de manganèse, rhydrate de.peroxide de fer, les plrotoxides de cobalt et de nickel, l'hydrate <le deutoxide de cuivre, l'oxide de bismuth, les protoxides de plomb, d'étain et d'antimoine, epfin l'acide antîmonieux, forment avec l'hématine des cçmbinaisons bleues, insolubles dans l'eau.
C'est assurément un fait fort remarquable, que le protoxide d'étain agisse comme un alcali, et leperoxlde comme un acide; et, pour mettre ce hiit hors de toute contestation , il suffît de rappeler les deux expériences que j'ai faites il y a long-temps; c'est que l'infusion de campéche, qui contient Thématine, précipite les sels^ de protoxide d'étain ea bleu ; tandis qu'elle donne avec le sous-stannate de potasse un précipité rouge formé d'hématine et de peroxide d'étain. Ainsi , le protoxide agit comme un alcali, malgré la présence d'un acide^ et le peroxide comme un acide, malgré la présence d'un alcali.
XPPLIQUÉE A LA TEIICTURE. 4?
jiction des sels.
Les sulfates de potasse et de soude, le nitrate <le potasse, etc., etc., ne font éprouver aucun changement à l'hématine; mais pour s'en convaincre, il faut prendre des sels qui aient été purifiés par plusieurs cristallisations d'un légor excès d'alcali que les sulfates de potasse et de soude contiennent ordinairement.
lies sels à base de potasse et de soude, dont l'acide est faible, agisseat comme de» alcalis faibles sur l'hématine^ ils la font passer à un rouge légèrement pourpre.
Les sur-sels de ces bases jaunissent l'hématine comme le feraient des acides faibles.
Les sulfates de magnésie et de chaux , leurs hydrochlorates, les acétates de baryte, de strontiane et de chaux, agissent par leur base sur l'hématine, parce que l'affinité de celle-ci conspire avec l'insolubilité des bases pour former des précipités, (Tom; ii, Ucon ai, pag. II.)
L'infusion de campeche, que nous considérons ici comme de l'hématine, forme dans la solution d'alun à base de potasse un précipité, qu'on peut regarder comme un alun avec excès
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de base uni à de rhématitie. Lorsqu'on le traite par l'eau bouillante, on le réduit à un composé insoluble d'alumine et d'hématine.
La solution d'alun y d'où la matière précédente a été réparée, concentrée et refroidie, donne un précipité bleu et des cristaux d'alun qui sont incolores, après qu'ils ont été lavés.
L'hydrocblorate de protoxide d'étain , ou la solution de protochlorure d'étain, donne un précipité bleu avec l'infusion du bois de campéche. Si celle*ci est employée en excès, tout l'oxide peut être précipité. La combinaison insoluble est formée essentiellement d'hématine de prot03^de d'étain et d'acide hydrochlorique. L'eau bouillante en sépare la totalité de ce dernier; mais une portion d'hématine et d'oxide est dissoute en même temps.
L'af étate de plotnb se comporte d'une manière analogue; le précipité bleu qu'il donne peut être réduit par l'eau bouillante â un composé d'oxide et d'hématine sans acide acétique.
Hétffotine et coUe de poisson ou gélatine.
o"^,5 d'hématine bouillie dans l'eau donne une solution qui ne précipite pas la solution dé colle de poisson au moment même où les lî*
APPUQUÉB ▲ LA T£I5TI7aE. 49
queura sont mêlétB; uuib s4 heuDea aprè» oaj remarque des flocons.
La solution d'hématine concentrée à la moitié de son volume, précipite sur-le-champ le même réacti£
B. Cas Ou Vhématine est altérée.
L'hématine soumise à la distillation ^bftnede l'eau, Hn liquide acide qui parait def(Hr cette propriété à de l'acide acétique, et ensuite un sel ammoniacal et un produit bjoileux. Le chai> bon pèse o,54 et ne donne pas, quand on l'in** cinère, 0,0 1 de cendre. Cell^-ci est formée de chaux et de peroxide de fer.
L'hématine dissoute dans l'eau et abandonnée à elleHnéme, s'altère promptement; elle devient d'un brun Jaunâtre, et dépose des floconsbruns.
L'acide nitrique bouillant la décompose^ il se forme de l'acide oxalique.
L'eau de chlore la déeompose aussi assez rapidemenL
Les combinaisons d'hématine avec la potasse, la soude et l'ammoniaque, s'dtèrent dès qu'elles ont le contact de l'oxigène. Elles absorbent ce gaz. Il se produit une quantité d'acide carbonique , qui reste tmie à la base alcaline, et qui
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est assez loin-de représwiter «wtt ro^gène abr sorbe. En employant Yhém^iate de potasse zv^c excès de base , on peut fiàre l^alyse de Fair comme on la ferait avec un^ sulfure hydrogéné de potasse. o?^i |d'extrait de camp éche, dissous dans a cent, cubes d'^au de potasse, réduit sS^ cent, cubes d'air en 12 miputes à de.Tazote puf , ^pirt>iqu'on opère dan» une ^oche de o^'yOi de diamètre iftt4îeur. »
Je ne puis trop vous faire remarquer ctlte ihAuenee de la potasse et des alcalis en général , pour détruire rhématine sou^Finfluence del'air; Tacide gallique qpus a déjà présenté des faits analogues (tom. n^. leçon ao^ pag, 48), et nous auronsencore roccasién d'en observer beaucoup d'autves. filous reviendrons au reste sur'ce sujet Iorsqu#;nou$ développerons la théorie des mordants.
Y. PEOPRIETjés OKOAJDrOLEFtriQUES.
^ Elle a une saveur très4égèremetit astringente et acre.