I. C^MPOSITIOir
Tous les savons dont on fait usage dans les arts sont essentiellement formés d'acides stéarique, margarique, oléique, et d'un alcali qui est la potasse ou la soude.
Si les savons nouvellement fabriqués sont odorans ^ ils doivent cette propriété à un principe aromatique, distinct des trois acides précédens. Dans le savon d'huile d'olive, ce prindpe est celui de l'huile même : il ne s'y trouve que dans une proportion tout-à-fait indéterminable.
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Dans le savon d'huile de poisson^ il y a un ptrint cipe qui était tout développé dans l'hutte avant la saponification , et lorsque cette huile conte* nait, comme celle des dauphins , des- marsouins, de la phocénine, le savon est rendu odorant en outre par l'acide phocénique*
Le savon de beurre doit son odeur détestable à Tacide butirique : elle domine tout-à-fîait sur celle des acides caproïque et cafMrique.
Le savon de suif doit la sienne à l'acide hir^ cique.
Lorsqu'on a décomposé.un savon odorant par l'acide sulfurique , et qu^on a lavé suffisamment à l'eau chaude les acides stéarique y margarique et oléique qui en sont provenus, on obtient, en recombinant ces derniers à la potasse ou à la soude, ainsi que je m'en suis assuré , des sa* vons inodores.
Le stéarate, le margarate et l'oléate de po« tasse ou de soude sont assujétis à des propor*tions fixes d'acide et de base ; mais les savons qui résultent de leur union ne doivent pas être considérés comme des sels complexes définis; ce qui détermine les proportions respectives de stéarate , de margarate et d'oléate , qui les constituent, eé sont les proportions res-
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pectives où la stéarine de mouton , la stéarine d'homme et l'oléine se trouvent dans les dirers corps gras que l'on traite par la potasse ou par la soude, dans la vue de les convertir en savons; car ceuic-ci ne se préparent pas en grand, en unissant directement les acides stéarique, mar* garique et oléique avec la potasse ou la soude. . Comme il existe des graisses et des huiles qui ne contiennent que de la stéarine d'homme et de l'oléine, les savons qui en . résulteront ne contiendront que du margarate et de l'oléate ; tandis que ceux qui^ proviendront de la sape* nificatipn d'une matière grasse , contenant les deux espèces de stéarines et l'oléine , contiendront , outre ces deux sels , du stéarate.
Il y a dans tous les savons du commerce une certaine quantité d'eau, et, en général, un excès d'alcali, d'autant plus grand que le savon est plus mou, c'est-à-dire plus disposé à retenir l'eau. On conçoit aisément qu'il doit en être ainsi , lorsqu'on sait que cet excès d'alcali provient de l'eau mère qui est retenue entre les particules du savon. Il y a si peu de difiFérence entre la capacité de saturation des acides stéarique, margarique et oléique, qu'un savon pur, c'est-à-dire exempt de tout excès d'alcali, con-
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tient à très-peu près la même quantité de potasse ou de soude qUe le stéarate ou l'oléate de ces bases.
IL PROPRIÉTÉS
D'après la connaissance que nous avons des propriétés des stéarates , des margarates et des oléates (tom. ii , leçon n^ypag. 68, et leçon aS, pag. 3i), et ce que nous venons de dire, il est facile de se faire une idée juste des propriétés des divers savons du commerce , si Ton a égard à la proportion respective de leurs acides et à la nature de leur base.
InfUience des acides.
L'acide margarique et surtout l'acide stéarîque forment, avec la potasse et la soude, des sels qui sont moins solubles dans l'eau que l'oléate des mêmes bases , et ii y a plus, c'est que les premières combinaisops sont décomposables par une suffisante quantité d'eau froide , en bisel insoluble, et en alcali qui se disso^t (toh. II, leçons 24 et ^5), tandis que l'oléate de potasse ou de soude est soluble dans l'eau iroide , et s'il a de la tendance à éprouver une décomposition analogue , il faut plus d'eau et plus de temps. Une conséquence de cet état
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de choses, c'esl que les savons d'une même base^ potasse ou soude , seront d'autant plus solubles qu'ils contiendront plus d'acide oléique , rdativement à l'acide margarique et surtout à Tacide stéarique.
Influence de la hase alcaline (soude ou potasse).
La potasse forme avec les acides stéarique f margarique et oléique des sek plus décomposables et plus dissolubles par l'eau que ne le sont le stéarate , le margarate et l'oléate de sonde : on conçoit donc qu'un savon, contenant les mêmes proportions de ces trois acides, sera plus attaquable par Feau , s'il est à base de potasse , que s'il est à base de soude.
De là résulte ce &it , que là matière grasse qui contiendra le plus d'oléine et le moins de stéarine, étant saponifiée par la potasse, donnera le savon le plus dissoluble, ou, comme on dit, le plus mou possible, tandis que celle qui contiendra le plus de stéarine , et surtout de stéarine de mouton, donnera le wvon le plus dur possible, si elle est saponifiée avec la soude.
Enfin il résulte de tout ce que nous avons
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diteiir Qfi sujet, qne l'on pourra ^.6ti mélangeant <]e8 graisses aboçidantes efi stéarine», telle» qoe le suif, jprefi des huil&mabondanfes^én oléine, préparer x|ies savons f|ui se placeront par leurs propriétés entre les sitTons que œs deux sortes de mafières grassek.^tbraient fournies,., si elles eussent été saponlSées séparément. Oi> pourra donc, par des mélanges, imiter uitsavon donné, •Ipraqo'on connaîtra les proportions des âoides qui lé constituent, et celles que àes matières grasses saponîfiable3 seront susceptibles de produire* 0
£n parlant de la manière de préparer les. ^pides ctéflique, margarique*etK>léîque (toa{. II, leçon.nOj page yi ), no^s avons traité de Tactîcii de l'eau sur les savons qu'ils forment avec la -potasse : si ces savons sont complètement solilbles à chaud dans ce liquide bouillant , nous avons vu qu'il en est autrement à froid; mais nous avons fait remarquer que dans ce dernier cas la présence de l'oléate empécfte que le mai^arate et le stéarate soient complètement réduits en alcali, qui se dissout^ et en sursel insoluble, puisqu'il j
a toujours tme portion plus ou moins grande de ces deux derniers sels, qui est dissoute avec Toléate y en ^ertu de leur affinité mutuelle.
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D'après cela, ea ^oit qu'uhe solation botiil* lante de savon , «d supposant que celqî-ci soit bien, purgé dé tout exoé» d'alcali , ddl|^étre considérée comme une* solution de deux x>u de trois sels neutres, suivant que' le savon est formé de nttrgarate et d^&léate, ou qu'il Test , outre ces deux sels, de stéarate; tandis qu'une solution de stvon £ùte à froid (en supposant que le stéarate et le nargarate soient à Foléate dans une proportion plus forte que celle qui pen^étre retemie en solution par Toléate), présente des sels neutres + l'excès d'alcali provepant des portions du stéarate et du mar^rate.quiont été réduites en bisels insoiuUês»
Le tdfiturier doitcotinatcre parfûtement, no^-seulement l'action de l'eau pure , à difié» rentes tenypératures , sur les savons qu'il em-» ploie t mais encore celle des eaux naturelles qui sont susceptibles de tenir en dissoluCicm des sels à basss insolubles. Il est évident, d'après ce que nous avons dit de faction mutudte des sels solubles (tom. ii, leçon.ai^pag. 5o), que la solution d'un savon, étant mêlée à la solution d^un sel de chaux ou de toute auffe base qui forme avec les acides stéai^que, margarique et oléique des sels insolubles, produira *un préci*
pité de savon 4e cfaaux, et un sel soluble formé de la base du savon soIuLle et de l'aâUe qui était uni à la chaux. Or cesprécipités^ en s'appliquant sur des étoffes que l'on passe au savon dans des eaux qui contiennent des sels calcaires» magnésiens, etc., ont le grave inconvénient de faire réserve^ c'est-à-dire, que les étoffes plongées ensuite dans des bains colorans, ne prennent point la teinture dans les parties qui sont recouvertes par ces précipités. Le même inconvénient a lieu lorsqu'on plonge dans des eaux calcaires , les étoffes qui ont été passées à l'eau de savon. Il se produit alors un savon terreux qui reste interposé entre les fibres de la laine ou du ligneux. Nous reviendrons, dans la seconde partie du cours , sur la manière de passer les étoffes au savon.
L'alcoot dissout en totalité^ les savons de potasse et de soude , du moins quand il est bouillant.
Enfiïî, tous les corps qui décomposent les stéarates, margarates etoléates de potasse ou de soude , décomposent les savons de ces mêmes ba^es.
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