IV. PROPKIÉTÉS CHIMIQUES
A. Cas ou il ne s'altère pas ,
Il est très-hygrométrique , et peut-être est-il vrai de dire que jamais on ne l’a obtenu complètement sec.
Il est insoluble dans l’eau, même bouillante, dans l’alcool, dans l’éther.
Il est insoluble dans les eaux alcalines et acidulées.
L’eau de chlore faible ne l’altère pas.
Il se combine à plusieurs oxides, notamment à l’alumine, aux peroxides de fer, de manganèse, etc.
Il se combine avec plusieurs sels, tels que l’alun , l’acétate d’alumine.
Il y a des cas où le ligneux éprouve une diminution dans sa ténacité, sans qu’on puisse conclure, au moins aujourd’hui, qu’il ait subi une altération chimique. En effet, que le ligneux soit formé de fibres ou de clostres adhérens les uns aux autres, et l’on conçoit qu’une cause pourra diminuer cette adhérence sans trou-
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hier l'équilibre des élémens de la matière même de ces parties ; c’est ainsi qu’un fil de lin est rompu par l’effort qu’on fait en le tirant. D’une autre part, on conçoit encore que des corps, en s’unissant au ligneux, le rendront plus roide, moins flexible, et le disposeront à se déchirer.
B. Cas ou il est altéré .
Le ligneux, exposé long-temps dans un air humide, si la température n’est pas trop basse, se couvre de moisissures, et finit par disparaître sous l’influence de l’air, de l’humidité et de la chaleur. Il se forme de l’eau et de l’acide carbonique, et une matière soluble qui peut servir à la végétation.
L’eau de chlore concentrée affaiblit peu à peu la ténacité du ligneux, et paraît à la longue l’altérer profondément dans sa nature ; mais cette action n’a certainement point été suivie avec l’attention qu’elle mérite. H. Davy a attribué l’altération qu’il éprouve alors à Faction de l’acide hydrochlorique résultant de la décomposition de l’eau (tome ier, leçon io, pag. 5y); mais M. D. Kœchlin pense que l’acide hydrochlorique, ainsi formé, est trop faible pour pouvoir produire cet effet.
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L’acide sulfurique concentré exerce sur le ligneux une action très-remarquable, dont nous allons parler d’après M. Braconnot.
II a versé peu à peu 34sr’ d’acide sulfurique concentré sur 24gr' de chiffons de toile de chanvre, qui avaient été préalablement desséchés et coupés en petits morceaux; ils étaient contenus dans un mortier. En opérant ainsi il a évité l’élévation de température, et il ne s’est point manifesté d’acide sulfureux. Le mélange broyé s’est réduit en masse mucilagineuse tenace, qui a été dissoute par l’eau, sauf 28%5 de ligneux légèrement altéré.
La solution, traitée par leprotoxide de plomb, puis passée à l’acide hydrosulfurique , et évaporée à sec, a laissé 2igr,,5 d’une matière douée des propriétés suivantes :
Elle a l’aspect d’une gomme, mais je ne puis lui donner ce nom, parce que l’acide nitrique ne la convertit pas en acide saccholactique.
Elle est légèrement acide au tournesol; elle contient de l’acide sulfurique, mais en combinaison avec une matière végétale, car sa solution ne précipite pas le nitrate de baryte.
L’acide nitrique la réduit en acide oxalique.
Cette matière, bouillie pendant dix heures
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avec l’acide sulfurique faible, se convertit en sucre de raisin . Il parait qu’une portion de la combinaison de l’acide sulfurique avec la matière végétale dont nous venons de parler est dénaturée.
ioo parties de ligneux donnent 1 1 4?7 parties de sucre de raisin.
La matière soluble me paraît avoir beaucoup d’analogie avec celle qu’on obtient de l’amidon traité par l’acide sulfurique faible avant qu’il soit converti en sucre de raisin.
L’acide sulfurique étendu de la moitié de son poids d’eau réduit le ligneux, à une douce chaleur, en une pâte homogène qui, délayée dans l’eau, donne une bouillie blanche semblable à l’empois. Cette bouillie , étendue d’une plus grande quantité d’eau, forme une émulsion qui dépose une substance d’apparence cristalline , laquelle représente presque tout le ligneux soumis à l’expérience, la liqueur ne retient qu’une très-petite quantité de la substance soluble dans l’eau qu’on obtient du ligneux traité par l’acide sulfurique concentré.
Le ligneux, imbibé d’acide nitrique, et exposé dans un bain d’eau bouillante jusqu’à ce qu’il se dégage du gaz nitreux, se change en
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une substance blanche, insoluble dans la potasse, qui ressemble à la précédente, suivant M. Braconnot.
J’ai vu que l’acide nitrique à 45% gardé un mois à la température de i5° à i8°sur le ligneux contenu dans une cornue, le convertit en une matière gélatineuse transparente, légèrement jaunâtre, qui, étant chauffée, devient liquide. Cette liqueur, concentrée , ne donne que de l’acide oxalique ; mais la quantité est bien inférieure à celle qu’on obtiendrait d’un poids de sucre ou d’amidon égal à celui du ligneux.
L’acide hydrochîorique concentré a de l’action sur cette substance, car il perce, comme on sait, la toile sur laquelle on le répand.
Parties égales de sciure de bois et de potasse caustique humectées, chauffées dans un creuset d’argent avec le contact de l’air, se fondent, se boursoufflent, se réduisent en une matière qui se dissout pour la plus grande partie dans l’eau; cette dissolution précipite des flocons noirs par l’acide sulfurique. Suivant M. Braconnot, la fibre ligneuse, en perdant de l’eau dans cette opération, se change en ulmine et en acide acétique.
Ayant répété cette expérience dans une cor-
nue de verre dont le bec plongeait sous une cloche pleine de mercure, j’ai vu que, lorsque 3a potasse réagit sur le ligneux, il se dégage de l’hydrogène qui ne contient qu’une petite quantité d’hydrogène carboné; qu’il se forme un composé de potasse et de ligneux déshydrogéné qui a une forte action sur l’oxigène atmosphérique, car il suffit de le mettre en contact avec ce dernier pour qu’il l’absorbe , et se colore en noir, c’est-à-dire que Xulmine artificielle de M. Braconnot est le résultat de l’action, non de l’alcali sur le ligneux, mais celui de l’action de l’oxigène sur le ligneux dénaturé sous l’influence de la potasse.
Le sucre, l’amidon, etc., se comportent d’une manière analogue.
M. Gay-Lussac vient d’observer que le ligneux, chauffé à 200° environ avec la potasse, se change en acide oxalique.
Lorsqu’il est soumis à la distillation, il donne de l’eau, de l’acide acétique ou pyroacétique, de l’huile empyreumatique jaune, de l’huile empyreumatique brune épaisse comme du goudron, de l’acide carbonique, de l’hydrogène carboné , du charbon , dont la quantité s’élève de î8 à 19 parties pour 100 de ligneux.
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Chauffé avec le contact de l’air, il se réduit en eau et en acide carbonique, si la combustion est complète; mais toujours une portion de matière à Tétât de fumée, échappe à la combustion. Rumford estime qu’il y a un peu plus des | de la chaleur qui proviennent de la combustion du carbone, et que le reste provient de celle de l’hydrogène.
Y. PROPRIÉTÉS ORGANOLEPTIQUES.
Il est insipide, inodore, et peut être digéré, suivant l’observation de M. Autenrieth, lorsqu’il a été lavé à beau bouillante, pulvérisé 7 exposé plusieurs fois à la chaleur d’un four, et enfin moulu comme le blé. Cette farine mêlée au levain aigri de farine de blé, donne une pâte qu’il ne faut que cuire pour la réduire en pain; enfin la farine de bois forme une gelée nourrissante lorsqu’on la fait bouillir dans l’eau, et qu’on laisse la liqueur se refroidir.