DE PLUSIEURS HUILES ET GRAISSES SUSCEPTIBLES DE FORMER DES SAVONS
Il est facile aujourd’hui de se rendre compte de la diversité qu’on remarque dans un grand nombre de matières grasses saponifiables , telles que les huiles d’olive, de colzat, de poisson, etc., etc., les graisses d’homme, de mouton, de bœuf, de porc, etc., etc., lorsqu’on les compare entre elles sous le rapport de la fluidité , de Fodeur, de la couleur et des produits de leur saponification.
En effet,
L’huile d’olive ) ^ r ,
„ , > sont tormees en grande partie
L huile de colzat J b r
De stéarines,
D’oléine ,
D’un principe colorant vert ou jaune (trace)
D’un principe odorant (trace) ;
APPLIQUÉE A LA TEINTURE. g
La graisse humaine est formée
De stéarine d’homme,
D’oléine,
D’un principe colorant (trace);
La graisse de mouton l’est
De stéarines,
D’oléine,
D’hircine (en très-petite quantité),
D’un principe colorant (trace) ;
La graisse de bœuf l’est des mêmes corps, sauf l’hircine, qui est remplacée par un principe odorant sensible dans les bœufs qui sont échauffés par une longue course;
L’huile des marsouins , etc. , l’est en grande partie
De cétine ,
D’oléine ,
De phocénine,
D’un principe colorant jaune ;
Le beurre de vache , etc. , l’est
De stéarines,
D’oléine,
De butirine,
D’un principe colorant jaune,
D’un principe odorant, autre que les acides butiriqüe, caprique et caproïque (trace).
Connaissant les propriétés des stéarines, de
l’oléine, de la cétine, de l’hircine, de la phocénine, de la butirine, il est visible
i° Qu’on expliquera, par la propriété qu’ont ces corps inégalement fusibles, de s’unir en des proportions indéfinies, la diversité de fusibilité qu’ils présentent. Ainsi, les matières les plus abondantes en oléine, en phocénine, en butirine seront les plus fusibles; tandis que celles dans lesquelles domineront les stéarines et la cétine, le seront moins;
2° Que par la propriété qu’ont les stéarines de donner dans la saponification des acides stéarique et margarique, en plus forte proportion que ne le fait l’oléine, qui donne au contraire plus d’acide oléique, et en outre par la propriété qu’ont l’hircine, la phocénine, la butirine, de donner dans la saponification des acides plus ou moins odorans, on expliquera la propriété qu’ont les matières grasses, qui sont formées des principes saponifiables que je viens de nommer, de donner des savons plus ou moins solides, et plus ou moins odorans.
G’est surtout sous le rapport de la saponifi cation que la distinction des stéarines et de l’oléine est d’une grande importance. Ën effet, si ces matières ne se distinguaient les unes des
APPLIQUÉE A LA TEINTURE. il
autres que par la fusibilité , les conséquences qui se déduiraient de cette différence se borneraient à un petit nombre : par exemple, à ce que l’oléine ou les corps qui en contiennent beaucoup se brûleraient à la manière de l’huile, tandis que les stéarines se brûleraient sous la forme solide à l’état de chandelle; mais en envisageant les propriétés des acides stéarique, margarique et oléique, et ensuite celles des acides hircique, phocénique, butirique, etc., etc., on explique la solidité ou la mollesse plus ou moins grande des savons fabriqués avec ces mêmes matières ; et en second lieu l’origine de leur odeur, si les matières saponifiées contenaient des acides hircique, phocénique, butirique, etc. Les grandes différences qui existent entre les stéarates et les oléates de potasse ou de soude, et d’une autre part les propriétés remarquables des acides hircique, phocénique, butirique, caprique et caproïque , deviennent des caractères du premier ordre pour distinguer comme espèces les substances d’où elles ont été extraites par la saponification.
De là résulte des faits très-importans pour l’art de fabriquer les savons, sur lesquels je reviendrai lorsque nous aurons examiné d’une manière
générale les principaux savons dont on fait usage en teinture et dans la préparation des étoffes.
SECTION IL