DU SUMAC
Le sumac ( rhus conaria) est un arbrisseau du meme genre que le fustet.
Il croît en Syrie, en Espagne, en Portugal , dans la France méridionale. On le cultive dans ces trois dernières contrées pour les besoins de la teinture et la préparation des peaux tannées.
30e LEÇON DE CHIMIE
Chaque année on coupe les tiges de sumac jusqu’à la racine, on les sèche à l’air, et on les réduit en une poudre grossière, au moyen d’une meule.
COMPOSITION IMMÉDIATE
Le sumac cède à l’eau, entre autres corps :
i° De l’acide gallique;
2° Du tannin qui me paraît identique à celui de la noix de galle;
3° Une matière colorante jaune verdâtre, dont une partie me paraît provenir de la chlorophylle.
L’acide gallique et le tannin sont l’un à l’autre dans une proportion peu différente de celle où ils se trouvent dans la noix de galle; mais un poids donné de celle-ci contient une quantité bien plus forte de ces deux corps , et une quantité moindre d’une matière non astringente soluble dans l’eau et insoluble dans l’alcool.
Une décoction faite avec i partie de sumac et io parties d’eau, bouillies un quart d’heure, est d’un jaune légèrement verdâtre ; elle se trouble beaucoup par le refroidissement.
appliquée: a la teinture.
Elle a une odeur assez forte, et une saveur astringente très-prononcée.
Elle précipite la colle de poisson en gros flocons gélatineux blancs.
Elle rougit assez fortement le tournesol.
L’hydro chlorate de baryte la précipite en flocons d’un blanc jaunâtre, presqu’entièrement solubles dans l’acide nitrique. S’ils contiennent du sulfate, ce n’est qu’en très-petite quantité.
Le nitrate d’argent y fait un précipité d’un brun noir, qui se redissout dans l’acide nitrique; mais il reste un peu de sédiment blanc comme cristallisé.
L’oxalate d’ammoniaque y indique une quantité notable de chaux.
Elle précipite par l’eau de potasse en blanc ; elle se colore en verdâtre, ou en rougeâtre s’il y a un excès d’alcali. Ces phénomènes sont évidemment dus à l’acide gallique.
L’ammoniaque se comporte d’une manière analogue, mais le précipité est faible.
Elle précipite plus ou moins abondamment par les eaux de baryte, de strontiane et de chaux. Le précipité blanc passe au vert ou au rouge par le contact de l’air.
L’hydrochlorate de protoxide d’étain la pré-
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cipite en flocons abondons d’un blanc jaunâtre.
L’alun y fait un précipité assez abondant d’un jaune clair.
L’acétate de plomb la précipite en flocons épais d’un jaune serin.
L’acétate de cuivre la précipite en flocons d’un brun jaunâtre.
Le sulfate de peroxide de fer la fait passer au bleu très-légèrement verdâtre , et en précipite d’abotidans flocons bleus.
L’acide sulfurique concentré y fait sur-le = champ un abondant précipité jaunâtre de matière astringente.
L’acide sulfurique faible la trouble.
L’acide nitrique à 34° la trouble et la couleur s’affaiblit : un excès éclaircit la liqueur, et la couleur passe au rougeâtre à cause de l’acide gallique.
L’acide oxalique en affaiblit la couleur et précipite de la chaux.
L’acide acétique affaiblit la couleur et la trouble très-légèrement.
L’eau d’iode produit un effet remarquable : c’est le développement d’une couleur rose qui se détruit bientôt.
APPLIQUÉE A LA TEINTURE» üü3
L’eau de chlore semble agir d’une manière analogue , mais la couleur rose est plus faible et plus fugitive encore que celle développée par l’iode.
usages.
Le sumac est employé dans la teinture en noir, et en général dans tous les cas où l’on se sert de noix de galle. Il agit par son acide gab lique, par sa matière astringente et son principe jaune.
On l’emploie encore dans le tannage des peaux de qualité supérieure. Le sumac de Sicile est le plus recherché pour cet usage.