‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 3)Chapitre 225 sur 268 · DE IA PEAU · texte numérisé non relu

DE IA PEAU

La peau des animaux est considérée généralement comme formée de trois parties :

i° D’épiderme,

2° De tissa réticulaire,

3° De derme ou de peau proprement dite.

L’épiderme et le derme sont faciles à distinguer l’un de l’autre : mais le tissu réticulaire est

si difficile à apercevoir, que des anatomistes en rejettent l’existence; ceux qui sont d’une opinion contraire regardent ce tissu comme étant le siège des nerfs du tact, et du principe qui colore en noir la peau des nègres.

§ I. Epiderme.

L’épiderme, qui est la partie extérieure de la peau, est très-mince , demi-transparent et facile à séparer de la partie qu’il recouvre. Vauquelin le considère comme du mucus uni à une matière huileuse.

§ IL Tissu réticulaire.

La composition de ce tissu est inconnue.

§ III. Derme y ou peau proprement dite .

Le derme, ou la peau proprement dite, est placé au-dessous du tissu réticulaire , mais il ne faut pas croire qu’il en soit absolument indépendant. Le tissu réticulaire le traverse, avant de s’e'panouir à sa surface au-dessous de l’épiderme.

La peau contient entre ses fibres de l’oléine et de la stéarine , qu’on peut en séparer au moyen de l’alcool et de l’étber. Quant à la substance azotée qui en constitue la plus grande

30e LEÇON DE CHIMIE

partie, elle a beaucoup d’analogie avec celle des tendons, puisque, comme ceux-ci, elle se convertit en gélatine sous l’influence de l’eau bouillante.

La peau, en perdant l’eau qu’elle contient à l’état frais, perd de son épaisseur, et devient jaune, demi-transparente, cornée. Elle reprend son premier aspect, si on la tient plongée dans l’eau un temps suffisant.

Mise dans l’eau aiguisée d’acide sulfurique , hydrochlorique, acétique, etc. , elle se gonfle, et s’unit à l’acide.

Les eaux de potasse ou de soude la font gon= fier.

On fait avec la peau un grand nombre de préparations, telles que,

i° Le cuir.

C’est la peau, en général, que l’on a unie avec une matière tannante, d’origine végétale, telle que celle de l’écorce de chêne , du bablah , du sumac , etc.

On distingue parmi les cuirs :

(a) Le maroquin , qui est la peau de la chèvre ou du bouc tannée avec de la noix de galle, du sumac.

(b) Le cuir proprement dit . C’est la peau du bœuf, de la vache, du veau , du cheval, du mouton, tannée le plus souvent avec de l’écorce de chêne, ou tan .

2° Les peaux de mégie ou peaux blanches .

Ce sont ordinairement des peaux de moutons, d’agneaux , de chevreaux, de chamois, que l’on tanne avec de l’alun et du chlorure de sodium.

3° Les peaux chamoisées.

Ce sont non-seulement des peaux de chamois, mais encore des peaux de chèvre , de bouc , de mouton , de veau , de daim , de cerf et même de bœuf, préparées à l’huile , après qu’on en a enlevé l’épiderme ou la fleur.

L’huile de poisson est ordinairement employée, surtout celle de morue.

4° Le cuir de poule ou cannepin .

C’est la pellicule que le peaussier enlève de dessus la peau de mouton passée en mégie*

5° Le parchemin ,

Qui est une peau de mouton passée à la chaux, écharnée, amincie avec un fer tranchant, dit à raturer , qu’on passe sur le dos de la peau ou fleur , et enfin adoucie avec une pierre ponce.

6° Le vélin ,

C’est la peau du veau âgé de 8 jours à 6 se-

30e LEÇON DE CHIMIE

maines au plus, travaillée comme la précédente.

Il n’est pas inutile de connaître ces différentes préparations que l’on donne aux peaux de diverses espèces d’animaux, puisqu’un assez grand nombre sont destinées à être teintes, et nous verrons plus tard que les couleurs qu’elles reçoivent n’y sont point simplement adhérentes comme des laques appliquées sur du papier; mais qu’elles y sont fixées par l’affinité chimique , force à laquelle nous rapportons la cause de l’adhérence des matières colorantes sur le ligneux , la laine et la soie.

Page 1