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FAITS POUR SERVIR A L’HISTOIRE DU GALLATE DE PROTOXIDE DE FER

Lorsqu’on met 2 gr. d’acide gallique, 4 gr. de tournures de fer bien décapées, et 5o gr. d’eau dans une petite fiole munie d’un tube à gaz, et qu’on élève la température des matières de 4o à 5o° environ , il se produit une légère effervescence due à de l’hydrogène, et le métal se dissout.

Si l’eau dont on a fait usage retenait de Fair, ou s’il en restait dans la fiole, on remarque au commencement de la dissolution que la liqueur se colore en bleu, parce qu’il se produit un peu de gallate de peroxide ; mais peu à peu l’excès du métal ou l’hydrogène naissant le ramenant à l’état de gallate de protoxide , la couleur bleue disparaît.

La liqueur, saturée de protoxide de fer autant que possible , lorsqu’on opère dans les cir-

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constances précédentes, a la couleur verte, qui est particulière aux solutions des sels à base de ce protoxide.

Elle a la saveur sucrée et l’odeur atramentaire propres à ces mêmes sels.

Dès qu’elle a le contact du gaz oxjgène atmosphérique, elle l’absorbe rapidement, elle se colore en bleu noir et dépose des flocons de cette couleur, que l’on considère généralement, depuis Proust , comme un gallate de peroxide de fer ; de sorte qu’on explique ce phénomène de coloration par la suroxidation du métal. Mais, d’après ce que j’ai dit (tome ii, leçon 20, page 49), pour adopter définitivement cette manière de voir, de nouvelles expériences sont nécessaires. En effet, les gallates alcalins qui ne sont pas avec excès de base deviennent bleus dès qu’ils ont le contact de l’oxigène ; or, l’oxigène qui est absorbé se porte certainement sur l’acide gallique et non sur l’alcali; dès lors ne peut-on pas admettre un résultat semblable dans le cas où le gallate de protoxide de fer passe au bleu? Et ce qui peut rendre encore l’analogie plus frappante, c’est l’identité de la couleur produite dans les deux cas, couleur qui serait le résultat de l’union d’une base alcaline avec un

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acide particulier, soit de l’acide gallique + de l’oxigène, soit, ce qui serait plus vraisemblable, de l’acide gallique déshydrogéné, équivalant à un acide sous-carboneux. Quoi qu’il en soit, je n’insisterai pas davantage sur le rapprochement que je fais, par la raison que la première manière de voir a pour elle l’ancienneté, et j’ajouterai que, dans l’état actuel des choses, elle explique plus simplement plusieurs faits qui me restent à exposer, que ne le fait la nouvelle manière de voir qu’on pourrait y substituer.

FAITS POUR SERVIR A l’hISTOJRE DU GALLATE DE PEROXIDE DE FER.

Lorsqu’on met de l’acide gallique et du peroxide de fer hydraté bien pur, en proportion convenable , au milieu de l’eau , dans une fiole munie d’un tube à gaz qui va s’ouvrir dans une cloche pleine de mercure, voici ce qu’on observe (je suppose que l’air a été exclu de l’appareil) : Les corps réagissent très-promptement, sans aucune effervescence, et ils se changent en flocons d’un bleu pourpre si foncé qu’ils paraissent noirs. Si l’on fait chauffer la fiole, il ne s’en dégage aucun gaz permanent. Il ne s’en dégage

pas non plus pendant six mois qu’on garde les corps sur le mercure.

Si au bout de ce temps on jette la matière sur un filtre qui a été préalablement lavé à l’acide hydrochlorique , on obtient i° une liqueur d’un bleu pourpré , dont la couleur est due à du gallate de peroxide de fer; a° des flocons d'un bleu noir j qui sont le gallate de peroxide de fer; peut-être celui que j’ai obtenu contenait -il un excès de base. Quoi qu’il en soit, je vais décrire les propriétés de la liqueur d'un bleu pourpré y et celles des flocons d'un bleu noir :

i° Liqueur d'un bleu pourpré.

Elle ne rougit qu’extrêmement légèrement le papier de tournesol.

Elle n’a point l’odeur atramentaire des sels de protoxide de fer, mais une odeur sensible au goût , qui est celle d’une terre argileuse humectée. Elle est parfaitement insipide à la langue.

Elle devient sur-le-champ d’un jaune rouge avec l’eau d’ammoniaque aérée, et peu à peu, la couleur s’altérant sous l’influence de l’oxigène atmosphérique, elle passe au jaune de. feuille morte.

L’acide hydrosulfurique la décolore parce

que probabiement il ramène le peroxicle de fer au minimum d’oxi dation.

L’eau de chlore la décolore en la faisant passer au jaune.

Le sulfate de manganèse rouge produit le même effet. Dans ce cas, et dans le précédent, l’oxigène détruit la partie combustible de l’acide gallique.

L’acide nitrique à 34° la fait passer au jaune.

L’acide sulfurique concentré produit le même changement, mais probablement en agissant dif féremment.

2° Flocons d’un bleu noir.

Ils ont un goût douceâtre et atramentaire , et, sous ce rapport, ils se rapprochent plus des sels de protoxide que des sels de peroxide.

L’acide gallique m’a paru les dissoudre, et produire une solution analogue à la liqueur d’un bleu pourpré.

Si on en introduit , à l’état pâteux , au fond d’un tube de verre fermé et étroit , puis qu’on achève de remplir le tube d’acide hydrochlorique fumant, les flocons sont dissous peu à peu sans effervescence; la solution est d’un rouge orangé tirant légèrement sur le verdâtre; elle

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n’a pas ou que très-peu de goût atramentaire.

Cette solution ne précipite pas par Peau, mais dès qu’elle est étendue d’une certaine quantité de ce liquide, elle passe au bleu verdâtre.

Si on introduit dans la solution, sans le contact de l’air, de l’hydrocyanoferrate de potasse privé d’air, on obtient sur-le-champ un précipité de bleu de Prusse, ce qui paraît annoncer que le fer y était à l’état de peroxide.

Si l’acide gallique au milieu de l’eau, en présence du peroxide de fer, ne produit pas d’acide carbonique, et paraît s’y unir sans en abaisser le degré d’oxidation, il n’en est pas de même lorsqu’on fait chauffer jusqu’à l’ébullition 2 gr. de cet acide et 2 gr. de sulfate de peroxide de fer avec 3oo à l\oo gr. d’eau non aérée, dans une fiole qui ne contient pas d’air, et qui est munie d’un tube à gaz plongeant sous une cloche pleine de mercure. Le gaz commence à se dégager avant que l’eau entre en ébullition. L’on peut recueillir 32cc,6o de gaz qui contiennent 3icc,75 de gaz acide carbonique. Quant à la liqueur, elle est d’un brun roux, transparente; elle a le goût atramentaire des sels au minimum. Elle donne un précipité d’un blanc verdâtre avec l’hydrocyanoferrate de potasse , ce qui prouve

que ie fer y est au minimum d’oxidation , au moins pour la plus grande partie. Il n’est pas douteux que l’affinité de l’acide sulfurique pour le protoxide de fer ne facilite la combustion de l’acide gallique. Dans l’expérience qui m’a donné les résultats précédens , j’ai vu que tout l’acide gallique n’avait pas été dénaturé.

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