V. PRÉPARATION DU SOUS-CHLORURE DE CHAUX
Pour réussir complètement à faire cette préparation, il faut
i° Eteindre la chaux, et la présenter au chlore quand elle contient i atomes d'eau par atome, c'est-à-dire qu'il faut i partie d'eau en poids pour 3, \i parties de chauxan hydre;
2° Faire arriver le chlore sur la chaux si lentement qu'il ne se dégage pas de chaleur; au-
trement il se produirait plus ou moins de chlorate de chaux et une quantité proportionnelle de chlorure de calcium. L'hiver est préférable à l'été pour cette opération, quand on ne la fait pas dans une cave ou dans un lieu dont la température est constamment de 11 à i5°.
Un procédé qui paraît très-simple pour saturer en grand l'hydrate de chaux de chlore, est celui du docteur Ure, qui est décrit tome xx des Annales de physique et de chimie, p. 436. 11 consiste à faire arriver le chlore dans une chambre de neuf pieds de hauteur, construite en pierre siliceuse, cimentée avec parties égales de poix, de résine et de plâtre sec. L'hydrate de chaux est placé dans des augets d'un pouce de profondeur, de deux pieds de largeur et neuf pieds de longueur, qui sont placés sur des traverses à un pouce au-dessus les unes des autres, jusqu'à une hauteur de cinq ou six pieds, afin que le chlore puisse y circuler librement. Au moyen de fenêtres qui se trouvent sur les côtés de la chambre, on peut juger des progrès de l'absorption d'après la couleur de l'atmosphère intérieure. Le docteur Ure conseille en outre de faire trois ouvertures, une dans le haut#de la chambre, et deux dans sa partie inférieure, qui
soient fermées par des couvercles qu'on puisse lever en même temps ; le chlore arrive dans la chambre par la partie supérieure : il faut ordinairement quatre jours pour faire un sous-chlorure saturé.
Toutes les fois que le sous-chlorure de chaux doit être expédié loin de la fabrique, il faut le renfermer dans des tonneaux; et quoiqu'à la rigueur il puisse se conserver quelque temps, cependant on doit l'employer le plus tôt qu'il est possible , car il finit par perdre de sa force.
Lorsqu'on prépare le chlorure de chaux dans le lieu même où on le consomme, il y a un avantage réel à faire arriver le chlore dans un lait de chaux, c'est-à-dire à préparer, non plus un sous- chlorure, mais un chlorure neutre. Dans ce cas , la dépense de la chaux est réduite de moitié, puisque l'hydrate de chaux ne prend à l'état solide que la moitié du chlore qu'il prend à l'état liquide.
Les chlorures de chaux du commerce variant beaucoup dans leur qualité , il est important d'en reconnaître la force : de là la chlorométrie, ou l'art de la déterminer par des moye/is chimiques. Le sulfate d'indigo, prescrit par Berthollet pour reconnaître la force des
solutions de chlore, a été employé pour le chlorure de chaux par M. Welter et M. Gay- Lussac. M. Morin a proposé ensuite l'usage du chlorure de manganèse. Lorsque je traiterai de l'indigo, je reviendrai sur ce sujet.