‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 4)Chapitre 501 sur 613 · V. ETAT NATUREL · texte numérisé non relu

V. ETAT NATUREL

Elle existe dans la cochenille et le kermès. La cochenille est formée, suivant MM. pelletier et Caventou,

De carminé, 4

De coceine,

De stéariue,

D'oléine ,

D'acide coccinique,

De phosphate de chaux,

De phosphate de potasse, De sous-carbonate de chaux, D'un sel organique à base de potasse, De chlorure de potassium.

Le kermès l'est, suivant M. Lassaigne,

De carminé,

— stcarine)

^, . ,. ) 1 usibles à 45".

D oléine J

De coccine,

— phosphate de chaux ,

— — de soude,

— — de potasse,

— chlorure de potassium,

— — de sodium, D'oxide de fer.

VL PRÉPARATION

'est en traitant successivement la cochenille par l'éther hydratique, l'alcool et l'eau, dans l'appareil que j'ai décrit sous le nom de digesteur distillatoirey que MM. Pelletier et Caventou ont obtenu la carminé. Voici leur procédé : La raison pour laquelle on fait usage de cet appareil, est qu'il permet de faire réagir l'éther et l'alcool à une température plus élevée que celle où ils réagiraient sous la simple pression de l'atmosphère, et que dès lors leur action devient plus énergique.

A. Traitement par l'élher hydratique rectifié.

; Ce liquide, bouilli sur la cochenille, se colore en jaune d'or; il dissout la matière grasse, c'està-dire la stéarine , Y oléine et Y acide odorant et, eu outre, uu peu de carminé.

En traitant l'extrait éthéré par l'alcool absolu bouillant, on obtient, par le refroidissement, la stéarine cristallisée ; on la purifie en la traitant plusieurs fois par l'alcool.

L'alcool, d'où la stéarine s'est précipitée, retient de X oléine en dissolution , de l'acide odorant libre et de la carminé. En le distillant, on obtient l'acide libre dans le récipient, et. un résidu formé d'oléine et de carminé retenant un peu de stéarine. En exposant Y oléine au froid , on en sépare la stéarine à l'état solide ; et , en dissolvant Yolèine dans.l'éther pur, agitant la solution avec l'eau , la carminé est dissoute.

Messieurs Pelletier et Caventou ont observé que la carminé peut se combiner à la matière grasse et la rendre soluble dans l'eau , et que cette combinaison est orangée, ce qui, suivant eux, a induit en erreur les chimistes qui ont parlé de l'existence d'une matière jaune dans la cochemlle.

Il est vraisemblable qu'une portion de l'acide odorant est engagée dans une combinaison d'aspect huileux, qui se trouve dissoute dans Yoléine, ainsi que cela a lieu, d'après mes observations, pour les acides butirique etphocéniqne, qui sont à l'état de bulirine et de phocénine dans les oléines du beurre et de l'huile de dauphin.

B. Traitement, par V alcool a -l\o°, de la cochenille épuisée par Vètlier hydratique.

Il faut faire trente décoctions dans le digesteur distilîatoire , pour épuiser la cochenille de ce qu'elle peut céder à l'alcool.

(a) Les premiers lavages alcooliques sont d'un rouge foncé, tirant sur le jaune; par le refroidissement et l'évaporation spontanée, ils déposent des cristaux entièrement solubles dans l'eau Ces cristaux sont formés de coccine, de carminé et de stéarine. En les traitant par l'alcool concentré à froid, la coccine n'est pas dissoute. L'alcool évaporé laisse un composé cristallisable de carminé et de stéarine dont on parvient à isoler la carminé: premièrement, en épuisant par l'éther qui dissout la plus grande partie de la stéarine avec un peu de carminé ; deuxièmement, en reprenant le résidu par l'alcool très-

APPLIQUÉE A LA TEISTUKF.. Çn)

fort, et ajoutant à cette solution un volume égal d'éther; celui-ci , en s'unissant à l'alcool , forint; un liquide, duquel se précipite la plus grande partie de la carminé à l'état de pureté : le reste est retenu en dissolution avec la stéarine.

La carminé pure se reconnaît à ce qu'elle n'abandonne rien à l'éther; qu'elle ne précipite par aucun acide , ni par le chlore, ni par le nitrate d'argent.

(b) Les seconds lavages alcooliques ont la même composition que les premiers; ils sont seulement moins chargés de matières.

(c) Les derniers lavages ne contiennent plus de carminé.

C. Traitement par Veau bouillante , dans le digesteur distillatoire , de la cochenille épuisée par Véther et V alcool.

tÉf M Premier lavage.

Ils sont colorés en rouge cramoisi ; ils contiennent de la carminé, de la coccine et de la matière grasse.

■ Deuxième lavage.

Ils sont incolores, et ne contiennent que de la coccine. ï**

?0 29e LEÇON I>E CHIMIE

D. Propriétés de la coccine qui n'a pas été dissoute dans l'eau.

Elle est blanche , ou brunâtre , translucide : sèche, elle se conserve ; humide, elle se pourrit.

Au feu elle se ramollit sans se fondre , donne les produits des matières azotées, et notamment beaucoup de sous-carbonate d'ammoniaque.

La coccine est fort peu soluble dans l'eau bouillante. Cette solution est jaune; évaporée, elle donne des pellicules qui se redissolvent facilement dans l'eau.

Ce qui la distingue de la gélatine, c'est que l'alcool , mêlé à sa dissolution , ne la trouble qu'au bout d'une heure, tandis que la solution de gélatine est troublée sur-le-champ ; c'est en outre que tous les acides précipitent la coccine en flocons blancs , qui sont peu solubles dans un excès du précipitant.

Le chlore la précipite abondamment, ainsi que le perchlorure de mercure et la noix de galle.

La potasse et la soude la dissolvent aisément, sans dégagement d'ammoniaque ; en neutralisant l'alcali, la coccine se précipite.

Tous les sels avec excès d'acides la précipitent et deviennent neutres.

La coccinc , mise avec des solutions de cuivre, de plomb, d'étain, de nitrate d'argent, se précipite, en entraînant avec elle de l'oxide et de l'acide.

Pairie inorganique de la cochenille.

On en détermine la nature en incinérant cet insecte; la cendre représente 7^ du poids de la matière brûlée.

En appliquant la méthode analytique suivie par MM. Pelletier et Caventou , dans l'analyse de la cocheniile, au kermès, M. Lassaigne a trouvé que ce dernier insecte est formé, ainsi que nous l'avons dit :

i° D'une matière grasse, jaune, fusible à 4^°, inodore, sans action sur le tournesol, facile à saponifier par la potasse caustique;

20 De carminé;

3° De coccine ;

4° De phosphate de chaux, de potasse, de soude, de chlorure, de sodium et de potassium, et enfin d'oxide de fer.

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