A LA SEPTIÈME DIVISION
Messieurs,
La définition que nous avons donnée (iwr. ie% leçon i , pag. 29) de l'espèce considérée dans les corps composés, est applicable à tous ceux dont nous avons parlé jusqu'ici , à quelques exceptions près. En effet, chacun de ces corps est assujéti à une composition définie et peut être obtenu avec un ensemble de propriétés constantes, qui n'appartient qu'à lui, de sorte que le nom qui le désigne exprime implicitement, pour celui qui a étudié ce corps, cet ensemble de propriétés.
Lorsque nous avons eu des subtances qui, comme le charbon, l'acier, ne se classent point encore dans le système des espèces, nous les avons décrites dans des appendices placés à la suite de
4 ^Ôe LEÇON DE CHIMIE
l'histoire du corps qui constitue la plus grande partie de leur masse. Si nous avions fait un cours de chimie générale, nous aurions traité de la même manière des alliages qui ne rentrent point encore dans le système des espèces chimiques.
On retire des êtres organisés, et surtout des végétaux, beaucoup de matières, qui sont employées dans l'économie domestique et dans un grand nombre d'arts, et qui, considérées sous le point de vue chimique, présentent des combinaisons indéfinies , ou même de simples mélanges de diverses espèces de substances composées. Tels sont en général les huiles fixes, les huiles volatiles, les résines, les baumes, et les matières colorantes que le teinturier emploie pour colorer la laine, la soie et le ligneux.
Si toutes les espèces de corps que nous avons nommées des principes immédiats (tom. ier, leçon i,page 46), et qui constituent les matières dont je parle, avaient été rigoureusement déterminées, on pourrait se dispenser, après avoir étudié ces espèces, de revenir sur leurs combinaisons indéfinies ou leurs mélanges. Malheureusement, il n'en est point ainsi. Nous som-
APPLIQUÉK A LA TELNTUnE. 5
mes bien loin de connaître parfaitement les espèces qui constituent les diverses sortes d'huiles, de résines, de baumes, de matières colorantes qui se trouvent dans le commerce. Une conséquence de ce que ces matières sont des combinaisons indéfinies ou des mélanges d'espèces qui n'ont pas été en général exactement déterminées, c'est que le nom qui exprime une sorte de ces matières, ne présente plus à l'esprit de celui qui l'entend prononcer, une idée aussi nette que celle que lui présente le nom d'une espèce bien distincte. Par exemple, les mots fèr, sulfate de protoxide de fer, appliqués à des échantillons de ce métal, de ce sel, représentent au chimiste une idée parfaitement claire des propriétés de ces échantillons et de l'utilité dont ils pourront être dans les arts, soit pour faire avec le premier des barres d'une grande ténacité, de l'acier, etc., etc., soit pour faire avec le second du rouge à polir, de l'acide sulfurique fumant, de l'encre, etc. Mais il n'en sera plus de même des mots Imilefixe, résine. Il y aura telle huile fixe (l'huile d'olive) qui formera avec la soude un savon solide, et telle autre (l'huile de colzat) qui formera avec elle un savon mou; telle autre (l'huile de lin) qui sera
propre à la peinture dite à l'huile. Il en sera de même de diverses sortes de résines; mais il y a plus ; c'est que les divers échantillons d'une même sorte d'huile, d'une même sorte de résine, d'une même sorte de matière colorante, pourront présenter des différences plus ou moins grandes dans les propriétés qui les font rechercher pour un usage déterminé. Ainsi , tous les échantillons d'huile d'olive n'auront pas au même degré les propriétés qui la rendent précieuse pour les usages de la table, pour composer les bains blancs, dans lesquels on passe le coton qu'on veut teindre en rouge des Indes, etc., etc. Tous les échantillons d'indigo n'offriront point les mêmes avantages pour la teinture. Ces exemples sont assez nombreux pour faire concevoir la différence extrême qu'il y a entre une espèce de corps composé et une collection d'espèces, qui sont unies en proportions indéfinies ou simplement mélangées.
D'un autre côté , l'importance d'un grand nombre de ces dernières substances, qui sont des matières premières , dans les arts , particulièrement dans celui de la teinture, nous fait un devoir d'en parler d'une manière spéciale,
non-seuleraent sous le rapport de leur composition , mais encore sous celui des essais propres à en faire connaître la valeur réelle relativement au parti qu'on peut en tirer dans les arts où elles sont d'usage.
30e LEÇON DE CHIMIE
PREMIÈRE SOUS-DIVISION
HUILES, GRAISSES et SAVONS.
SECTION re.