SERVANT DE COMPLÉMENT A CELLBS DE LA II" LEÇON, PAGE
Dans les considérations sur la combustion, qui terminent la 1 1 e leçon , j'ai traité la question de savoir si le chlore, le brome, l'iode, doivent être envisagés comme des corps analogues à l'oxigène, ou comme l'étant aux corps décidément combustibles, par la raison qu'ils se combinent avec l'oxigène. Je me suis décidé pour la première manière de voir, et cela,
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i° D'après les phénomènes dn feu qu'ils produisent quand ils se combinent avec des 'corps qui en dégagent pendant leur combinaison avec l'oxigène ;
2° D'après les propriétés des combinaisons produites, envisagées comparativement avec celles de leurs élémens; en effet, parmi les composés de chlore, de brome, d'iode, on en trouve qui sont neutres, acides, comme le sont un grand nombre de composés oxigénés ;
3° D'après les phénomènes que les combinaisons présentent dans quelques circonstances de leur décomposition. Ainsi le chlore, le brome, l'iode, forment avec les coi*ps décidément combustibles des combinaisons binaires qui sont décomposées par la pile à la manière des corps oxigénés; le chlore, le brome, l'iode, comme l'oxigène, vont au pôle positif , tandis que l'autre substance va au pôle négatif; et enfin j'ai ajouté que toujours, ou presque toujours, lorsqu'un composé binaire cède à l'affinité élective d'un troisième corps, celui-ci chasse de la combinaison le corps qui lui est analogue : or, l'oxigène ne peut être isolé d'un corps décidément combustible que parle chlore, le brome, l'iode, ou un corps analogue.
A présent, que nous avons examiné la série complète des corps simples , et que ceux qui la terminent nous ont présenté la propriété combustible ou électro-positive au plus haut degré , le rang que nous avons assigné au chlore, au brome, à l'iode auprès de l'oxigène, sera encore justifié par la grande opposition qu'ils présentent à l'égard des corps que nous venons d'étudier.
En effet, ces derniers donnent tous les signes d'une vive combustion en s' unissant nonseulement à l'oxigène et au chlore, au brome et à l'iode, mais encore au soufre, au phosphore, à l'arsenic, en un mot à des corps bien moins comburans que l'iode.
Nous avons vu les corps les plus comburans former par leur union mutuelle des acides ou des composés neutres, c'est-à-dire des composés qui sont généralement plus électro-négatifs qu 'électro-positifs , et qui , sous ce rapport, ont de l'analogie avec leurs élémens.
Les corps que nous avons examinés en dernier lieu, non-seulement ne forment point d'acide par leur union mutuelle , mais ils n'en forment pas même en se combinant avec les corps les plus comburans ; les composés qu'ils consti-
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tuent sont neutres ou doués de l'alcalinité, c'està-dire de la propriété la plus opposée à celle des acides ; enfin les composés résultant de l'union mutuelle des corps examinés en dernier lieu ont des propriétés analogues à celles de leurs élémens.
Les composés binaires d'oxigène, de phtore, de chlore, de brome, d'iode, de soufre, de phosphore et d'un des corps qui terminent la série, sont décomposés par la pile, de manière que les premiers vont au pôle positif, et le corps qui leur est uni va au pôle négatif. Lorsque ces mêmes composés sont mis en rapport avec l'oxigène ou le chlore, ou le brome, ou l'iode, etc., et qu'il y a une décomposition, c'est l'analogue de ces corps qui est éliminé ; par exemple, le chlore chasse l'oxigène de la magnésie, de la chaux, de la strontiane, de la baryte, de la soude et de la potasse; l'iode chasse l'oxigène de la soude et de la potasse.
Enfin, si ces mêmes composés sont mis en rapport avec des corps décidément combustibles, et qu'il y ait une décomposition, c'est le corps comburant qui reste dans la nouvelle combinaison.
Nous devons faire remarquer, que de même
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que l'oxigène, le chlore, l'iode, sont de puissans réactifs , les corps de l'autre extrême de la série, notamment le potassium, ne sont pas moins précieux lorsqu'il s'agit d'éliminer des combustibles unis à des comburans : c'est ainsi qu'avec le potassium on a obtenu le bore, le silicium, le zirconium, l'aluminium, le glucinium , l'yttrium ; et la puissance de ce réactif ne s'étend pas seulement aux composés d'oxigène, mais encore à ceux de phtore, de chlore, etc.
Enfin nous avons observé que les protoxides de magnésium, de calcium, de strontium, de barium, de sodium, de potassium, et l'oxide de lithium, sont doués comme les acides d'affinités énergiques.
i° Comme eux, ils forment avec les réactifs colorés des combinaisons d'une certaine couleur; mais celle qu'ils développent diffère de celle développée par les acides dans la même circonstance. A cet égard, les alcalis sont pour le teinturier des corps importans à bien connaître.
2° Comme les acides énergiques, les alcalis énergiques manifestent une forte action sur l'eau; suivant les circonstances, il se produit
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de la chaleur ou du froid, et les propriétés caractéristiques ne sont point neutralisées; de sorte qu'on étudie les propriétés alcalines dans des hydrates ou dans des dissolutions aqueuses , aussi bien qu'on étudie les propriétés acides dans les combinaisons du même ordre.
3° Comme. les acides énergiques, les alcalis énergiques sont caustiques ; ils dénaturent les tissus organiques.
4° Enfin les alcalis sont les corps antagonistes des acides : c'est dans leur affinité mutuelle qu'on trouve les exemples les plus frappans de la neutralité chimique; et sous ce rapport, ils intéressent encore le teinturier lorsqu'il veut détruire l'effet des acides sur des matières colorées dont les principes immédiats ne sont pas d'ailleurs altérés.