COMPOSITION DES SELS
Les sels sont assujétis à des lois de composition très-simples , que je vais m’efforcer de vous présenter d’une manière élémentaire.
Si nous cherchons les poids de diverses bases salifiables nécessaires pour neutraliser aussi bien qu’il est possible 1002, 32 [q] parties pondérales d’acide sulfurique, nous trouverons qu’il faudra
499,14 parties pondérales d’ammoniaque, p
de lithine ,
de magnésie,
de chaux,
de soude,
pir.
de potasse,
pr.
de strontiane,
pn .
de baryte,
prn.
Si nous cherchons maintenant les quantités de divers acides nécessaires pour neutraliser 712,06 de chaux, nous trouverons qu’il en faudra
APPLIQUÉE A LA TEINTURE, i3
d’acide nitrique,
— sulfureux,
— phosphorique ,
ffl
— phosphoreux ,
qir.
— arsénique ,
<lr-
— arsénieux,
qvi.
— carbonique,
qru<
Nous trouverons en outre que ces quantités d’acide seront celles qui conviennent à la neutralisation des quantités pondérales d’une des bases quelconques du premier tableau.
En généralisant ces résultats, nous aurons la loi suivante :
Première loi. — Si p, p ; p " ,p etc., représentent les poids d’une série de bases salifiables capables de neutraliser un poids q d’un certain acide; si q , q , q'", etc., représentent les poids d’une série d’acides capables de neutraliser p, ils représentent pareillement ceux qui sont capables de neutraliser p , p , p etc.
Plusieurs savans ayant cru qu’il y aurait de l’inconvénient à employer dans la langue chimique le mot atome, qui suppose une chose qui n’est pas démontrée, ont préféré l’expression de proportions, dé équivalais chimiques , qui indique simplement les rapports numériques des quantités pondérales suivant lesquelles les corps
l4 ' 21e LEÇON DE CHIMIE
se combinent en un petit nombre de proportions définies. x\insi les quantités p, p, p\ p'\ etc., de la série des bases salifiables, les quantités q , q , q \ q\ etc. , de la série des acides, sont des proportions , des équivalais chimiques. En effet, chaque quantité d’une série est équivalente, pour la neutralisation des sels, à une quantité quelconque de la même série.
Les principes immédiats des sels sont assujétis à la loi des combinaisons définies. Ainsi,
Deuxième loi. — Lorsqu un acide s'unit à une hase salifiable en plusieurs proportions , c'est en un petit nombre; et ces proportions sont toujours ou presque toujours des multiples par i f , 2, 3, 4 5 5, 6, 7, etc., de la plus petite quantité d'acide.
EXEMPLES
Les carbonates de potasse et de soude contiennent deux fois plus d’acide que les sous-carbonates des mêmes bases.
Le sursulfate de potasse contient deux fois plus d’acide que le sulfate.
Troisième loi. — Dans les sels formés d'un oxacide et d'un oxide binaire , l'oxigène de l'acide est toujours ou presque toujours dans un rapport très-simple avec celui de l'oxide ,
appliquée a la TEINTURE. i 5
EXEMPLES
L’acide sulfurique des sulfates de potasse , de soude, de lithine, de baryte, de strontiane, de chaux , etc. , contient trois fois plus d’oxigène que n’en contient la base salifiable qui le neutralise.
L’acide carbonique des carbonates de potasse et de soude contient quatre fois plus d’oxigène que n’en contiennent ces alcalis.
D’après cette loi et cette observation, que dans un genre de sels où il est possible de constater la neutralité aux réactifs colorés d’un certain nombre d’espèces, ainsi qu’on peut le faire sur les genres sulfates, nitrates, par exemple, le rapport est le même entre Voxigène de Va eide et celui des diverses bases qui neutralisent V acide , on a établi en principe que toutes les espèces de sulfates dans lesquelles l’oxigène de l’acide est à celui de l’oxide *; 3 : i, que toutes les espèces de nitrates dans lesquelles Foxigène de l’acide est à celui de l’oxide II 5 : i , seraient considérées comme sels neutres, ce rapport étant celui des sulfates et des nitrates de potasse et de soude neutres aux réactifs co lorés ; de sorte que les sulfates de cuivre , d’a~
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lumine, de peroxide de fer, dans lesquels l’oxigène de l’acide est triple de celui de la base, sont considérés comme neutres, quoiqu’ils aient une réaction acide sur le tournesol.
Tous les sels d’un même genre , dans lesquels Foxigène de l’acide et celui de la base sont dans un même rapport, seront dits au même état de saturation.
On voit d’après cela que la détermination de la neutralité ne présentera aucune difficulté dans les genres de sels où il est aisé de constater cette propriété par les réactifs colorés, sur les espèces à base de potasse et de soude qui appartiennent à ce genre.
Il n’en est pas de même dans les genres des sels formés d’un acide faible , comme le sont le carbonique , le borique , etc. , qui ne neutralisent pas la réaction alcaline de la potasse et de la soude sur les réactifs colorés; et c’est parce qu’il y a de l’incertitude dans ce cas que M. Berzelius appelle carbonates les sels que nous appelons sous-carbonates, et bicarbonates ceux que nous appelons carbonates.
A l’égard des nombres êquivalens et des poids atomistiques des acides et des bases salifiables, il y a une remarque à faire que vous
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comprendrez d’après ce que je viens de dire de la neutralité des sels; c’est que dans l’ensemble des équivalens chimiques, établis en général sur la considération des combinaisons les plus neutres possibles, l’équivalent d’un acide sera constant pour toutes les bases salifiables, comme l’équivalent d’une base salifiable sera constant pour tous les acides. Par exemple, en exprimant l’équivalent de l’acide sulfurique par 1002,32, comme nous l’avons fait plus haut ( page 12), le nombre équivalent du peroxide de fer sera 652,22.
Maintenant , si nous cherchons à énoncer la composition des sulfates en atomes , nous trou^ verons que 1002, 32, exprimant le poids de deux atomes d’acide sulfurique contenant 6 atomes d’oxigène, les quantités des diverses bases qui les saturent, et que nous avons nommées ci - dessus ( page 1 2) , représentent le poids de l’atome de chacune de ces bases, lesquelles contiennent pour 1 atome de combustible 2 atomes d’oxigène; ces poids atomistiques peuvent donc se confondre avec les èquivalens correspondans : mais il n’en sera plus de meme du nombre exprimant le poids du peroxide de fer, que neutralisent 1002,32 d’acide sulfurique,
2i® LEÇON DE CHIMIE
par la raison qu’il contient
Oxigène. ... : aoo Fer 4^2,22
et que ces quantités ne peuvent plus représenter en atomes la composition du peroxide de fer, qui est
atomes*
Oxigène. . . 3 pesant 3oo Fer ..... i ... . 678,43
Dès lors, pour exprimer en atomes la composition du sulfate de peroxide de fer, il faut
3 at. acide sulfurique = et
1 at. peroxide de fer = j ^ 5
car autrement on aurait des fractions d’atomes^ Quatrième loi, — Une loi, que je ne puis passer sous silence, est que V oxigène de Veau de cristallisation , contenue dans un grand nombre de sels hydratés , est en rapport simple avec celui de V acide.
Cinquième loi. — Enfin une autre loi, non moins importante que la précédente, c’est que la combinaison d'un oxacide avec deux oxides peut être représentée par deux sels.
Ainsi l’alun, formé d’acide sulfurique, de potasse et d’alumine , est représenté par
2 at. de sulfate d’alumine ,
1 at. de sulfate de potasse.
C’est d’après cette loi que les combinaisons auxquelles elle se rapporte, qui s’appelaient sels triples , s’appellent maintenant sels doubles .