‹ Leçons de chimie appliquée à la teinture (volume 5)Chapitre 318 sur 325 · B. APPLICATION · texte numérisé non relu

B. APPLICATION

B'. Préparation de T acide sulfurique normal.

L’acide sulfurique normal , qui sert à l’essai des potasses, sert à l’essai des soudes (a4e leçon , pag . 45); mais ioo parties d’acide anhydre saturent 77,98 de soude et 129,6 de sous-carbo-

nate, tandis que la même quantité d’acide en sature 117,7-5 de potasse.

1 centimètre cube d’acide normal représente donc ogr-,iooo d’acide sulfurique anhydre qui neutralisent o8r, 07 798, ou o*r’,or]8 de soude pure, ou 0^,1296 de sous-carbonate.

B ". Préparation de la liqueur alcaline pour fessai.

Deux cas se présentent dans l’essai des soudes et des sels de soude, relativement à la dissolution de ces matières dans l’eau; ou la dissolution est complète, ou elle est incomplète.

Le premier cas n’a lieu que pour les sels de soude.

Le second, conséquemment, n’a lieu que pour les soudes du commerce proprement dites.

Premier et deuxième cas.

On opère comme il est dit dans la leçon précédente (pag. 47).

B"'. Neutralisation de la liqueur alcaline par l'acide normal .

Avant de procéder à la neutralisation des soudes, il faut reconnaître si elles contiennent du sulfure, du sulfite et de l’hyposulfite de

soude. Nous allons examiner les cas qui peuvent se présenter relativement à la présence de ces corps.

Premier cas.

La soude ne contient ni sulfure, ni sulfite , ni hjposulfüe.

On reconnaît une soude qui est dans ce cas à ce qu’elle ne dégage ni acide hydrosulfurique, ni acide sulfureux, et qu’elle ne devient pas laiteuse quand on a versé de l’acide sulfurique dans sa dissolution.

On prend ioo centimètres cubes de liqueur alcaline avec la pipette graduée P [pi. 3, fîg. 7), en supposant que 5oocc de cette liqueur représentent toute la partie soluble de 5o grammes de soude. Si la solution de cette quantité de soude occupe plus de 5oo centimètres, on en prendra le cinquième , afin d’avoir toujours un volume de liquide qui représente l’alcali contenu dans 10 grammes de la soude qu’on essaie.

On versera cette liqueur dans le vase cylindrique Y {pl. 3,/ïg- 8), où elle doit former une couche de om,o3 à om,o4 de profondeur; on la colorera en bleu avec du tournesol.

La burette B ( planch . 3 ,fig. 9) étant remplie

d’acide normal, on procédera à la neutralisation avec le meme soin que pour l’essai des potasses, et on retranchera du volume de l’acide normal versé de la burette autant de f de centimètre cube + 1 qu’il y aura de traits rouges permanens tracés sur le papier de tournesol avec la liqueur que l’on a neutralisée.

Le volume de l’acide normal nécessaire à la neutralisation étant ainsi déterminé, on a le moyen de déterminer la valeur vénale de la soude ou du sel de soude.

En effet,

100 centimètres cubes d’acide normal neutralisant 7sr,5798 de soude et 1 2^,96 de sous-carbonate de soude, il suffira de .multiplier par l’un ou l’autre de ces nombres le nombre de centimètres cubes d’acide normal nécessaires à la neutralisation de la soude ou du sel de soude, et de diviser par 100, pour avoir la quantité d’alcali ou de sous-carbonate contenue dans la matière de l’essai.

Supposons, par exemple, que 10 grammes de soude ou de sel de soude aient demandé 47cc>5 d’acide normal, suivant qu’on voudra, avoir la quantité de soude ou de sous-carbo= nate, on aura les proportions

25e LEÇON DE CHIMIE ioo : 7,798 : : 47,5 : X =r 3,6g

On voit d’après cela,

i° Que 10 parties de la soude ou de sel de soude essayé contiennent 3,69 parties de soude pure, ou 6,1 5 de sous - carbonate, ou pour le quintal 86,9 de potasse, ou 61, 5 de sous -carbonate ;

20 Qu’il suffit de diviser par 10 le produit des deux moyens des proportions précédentes pour avoir l’alcali vénal du quintal.

Deuxième cas.

Neutralisation d’une liqueur contenant avec la soude du sulfite ou du sulfure sans hyposulfite.

A. Soude contenant du sulfite.

CARACTÈRE

La solution dégage du gaz acide sulfureux sans mélange d'acide hydro sulfurique et sans dépôt de soufre.

L’acide sulfureux est bien reconnaissable à l’odeur.

On fait évaporer à sec dans une capsule de platine 100 centimètres cubes de lessive de soude

APPLIQUÉE A LA TE UN T Ü RE. 2j

préparée comme je l’ai dit précédemment, et dans laquelle on ajoute quelques grammes de chlorate de potasse; on expose le résidu à une chaleur rouge obscure, puis on ajoute au résidu ioo centimètres cubes d’eau environ pour le dissoudre, et on neutralise la liqueur par l’acide normal, ainsi qu’il a été dit plus haut.

Expliquons le motif de cette opération.

Rappelons

i° Que l’acide sulfureux s’unit en deux proportions à la soude (comme je l’ai dit pag . 4 et 5); que le sulfite neutre est alcalin au tournesol et à la teinture de violettes rougie par un acide, et que le bisulfite ne rougit pas la teinture de tournesol, suivant MM. Gay-Lussac et Welter;

2° Qu’en ajoutant au sulfite de soude l’oxigène nécessaire pour convertir son acide en acide sulfurique, on a un sel neutre aux réactifs colorés {pag. 4).

D’après cela, si l’on n’eût pas converti le sulfite de soude en sulfate, il serait arrivé que l’acide normal versé dans la lessive alcaline aurait neutralisé non-seulement la soude vénale , mais encore la moitié de la soude du sulfite neutre, avant qu’on eût pu s’en apercevoir au papier de tournesol, par la raison que

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l’acide sulfureux de la moitié du sulfite décomposé aurait formé avec Fautre moitié du sulfite, du bisulfite; conséquemment, Ton se serait trompé en plus sur le titre de la soude d’une quantité de base égale à la moitié de celle du sulfite.

Il est évident, d’après cela, que si on fait deux essais, i° l’un sur la lessive non traitée par le chlorate de potasse, 2° l’autre sur la lessive traitée par du chlorate, en prenant la différence des deux essais, et la doublant, on aura la quantité d5alcali unie à l’acide sulfureux.

B. Soude contenant du sulfure de sodium .

CARACTÈRE

Une soude qui contient du sulfure se reconnaît à ce que sa lessive dégage de V acide hydrosulfurique reconnaissable à son odeur et à la couleur noire qu il fait prendre au papier imprégné de sous- carbonate de plomb.

On traite le résidu de l’évaporation de ioocc de cette soude par le chlorate de potasse, comme je viens de le dire, puis on procède à la neutralisation.

Le motif de cette opération est que le sulfure est converti en sulfate de soude neutre, et que

si l’on n’eût pas opéré cette conversion , l’acide normal aurait neutralisé et la soude vénale, et le sodium du sulfure ; dès lors l’essai aurait donné un excès d’alcali précisément proportionnel au sodium de cette quantité de sulfure. 11 suit de là que si l’on fait deux essais,

i° L’un sur une portion de soude traitée par le chlorate,

20 L’autre sur une portion de soude qui n’aura pas subi ce traitement,

La différence donnera la quantité de soude représentant le sulfure de sodium de l’alcali essayé.

Troisième cas.

Neutralisation d’ une liqueur contenant avec la soude de l’hyposulfite sans sulfurje ni sulfite.

CARACTÈRE

Une soude qui contient de Vhypo sulfite sans sulfure ne dégage que de V acide sulfureux par l’acide sulfurique , et devient en même temps laiteuse parce qu’il se dépose du soufre .

L’essai se fait absolument comme celui d’une soude dépourvue de sulfite et de sulfure.

En voici la raison :

i° L’hyposulfite de soude neutre étant formé de

2 at. acide hyposulfureux — j aJ* ox^nei

(4 at. soufre,

i at. soude ;

si on le calcinait avec du chlorate dépotasse, il est évident que l’on aurait 4 atomes d’acide sulfurique au lieu de 2 qui sont nécessaires pour neutraliser l’atome de soude, base de l’hyposulfite; dès lors 2 atomes de l’acide sulfurique produit neutraliseraient 1 atome de soude de l’alcali vénal ;> dès lors l’essai donnerait une quantité d’alcali qui serait inférieure à la véritable.

20 D’après la composition del’hyposuîfite, dès qu’un atome de ce sel est neutralisé dans l’essai d’une soude qui contient ce sel , l’acide sulfureux provenant de cette décomposition ne peut former avec un autre atome d’hyposulfite un sel qui soit sans action sur le tournesol bleu ; dès lors, l’acide sulfureux mis en liberté agissant sur le tournesol, il n’y a pas de raison de détruire l’acide hyposulfurique comme on détruit l’acide sulfureux dans une soude qui contient du sulfite.

Quatrième cas.

Neutralisation d’une soude contenant du sulfure f du sulfite , et de l’hyposulfite.

L’essai d’une pareille soude ne donne jamais un résultat sur lequel on puisse compter. Heureusement que ce dernier cas est très-rare, car une soude qui est préparée convenablement, et qui contient par conséquent un certain excès d’alcali, si elle est mêlée de sulfure de sodium, ne donnera jamais par son exposition à l’air que du sulfite, et non de l’hyposulfite; ainsi, de l’hyposulfite contenu dans une soude est déjà l’indice d’une mauvaise qualité.

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