I. COMPOSITION
L’acide chrômique hydraté est formé
en poids.
Àçide chrômique. . 85,28 Eau 14,72
en atomes.
poids at. 1 528,60
IL PROPRIETES.
L’acide chrômique hydraté desséché est d’un rouge orangé.
Il cristallise difficilement.
Il est déliquescent, conséquemment très-soluble dans l’eau. La solution a une saveur trèsacide, austère et métallique.
Pour se rendre compte du rôle que joue l’acide chrômique dans les actions chimiques, il faut le considérer sous deux rapports : comme acide qui tend à neutraliser les alcalis, et comme corps oxigénant qui tend à abandonner une portion de son oxigène.
Sous le -premier rapport , l’acide chrômique, en se combinant aux bases salifiables, forme des sels colorés en rouge et en jaune dont quelques-uns sont susceptibles de colorer les étoffes.
8e LEÇON DE CHIMIE
Tel est surtout le chronicité de plomb , matière qui donne des jaunes qu’il est facile de faire passer à l’orangé.
Sous le second rapport , l’acide chrômique tend à abandonner une partie de son oxigène, et à passer à l’état d’oxide; par exemple :
A. Chauffé, il perd la moitié de son oxigène, et se réduit en oxide vert.
La lumière du soleil tend à effectuer la même décomposition.
B . Chauffé avec l’acide sulfurique concentré, il se produit un sulfate d’oxide de chrome vert et un dégagement d’oxigène.
Mêlé avec l’acide sulfureux, il produit du sulfate de chrome.
Mêlé avec l’acide hydrosulfurique, il se forme de l’eau et de l’oxide de chrome; du soufre est mis à nu.
Lorsqu’on voudra employer Facide chrômique en teinture, il ne faudra jamais perdre de vue les propriétés que nous venons de lui reconnaître. S’il s’agit de le fixer sur une étoffe par une base salifiable, on en choisira une qui ne soit pas disposée à se suroxi gêner, et on éloignera l’acide du contact de toute matière assez combustible pour le désoxigéner.
OXIDE VERT DE CHROME (Cr).
eu poids. eD atomes.
Oxigène 29,89 3 . . . . 3oo
Chrome 70,11 1 . . . . 703,64
100,00 poids at. ioo3,64
Il est vert ; et s’il est à l’état d’hydrate gélatineux, il se dissout dans Feau de potasse et les acides nitrique, sulfurique, etc., etc.; tandis que, s’il a été fortement séché, il ne s’y dissout pas. Ses dissolutions sont vertes.
Comme il n’est pas décomposé à la chaleur la plus forte du four à porcelaine, il est employé avec succès pour colorer les poteries fines et les émaux en vert olive.
DEUTOXIDE DE CHROME (Cr).
en poids. en atomes.
Oxigène 36,24 4 . . . . 400
Chrome ...... 63,76 1 . . . . 703,64
100,00 poids at. iio3,64
Préparations de chrome utiles à T art de la teinture.
On trouve en France, dans le département du Yar, un minéral connu sous le nom de fer
chromé , qui paraît essentiellement formé d’oxide vert de chrome, de fer oxide, et peut-être d’alumine. Après l’avoir réduit en poudre et mélangé avec la moitié de son poids de nitrate de potasse, on en emplit un creuset de terre aux \ de sa capacité ; on ferme le creuset avec un couvercle de terre, et on l’expose à une chaleur graduée jusqu’au rouge cerise; on soutient cette température pendant une ou plusieurs heures, suivant la quantité de matière. A l’aide de la chaleur, l’acide nitrique se décompose, son oxigène se porte sur l’oxide de chrome, et le convertit en acide chrômique qui neutralise la potasse. Lorsqu’on traite la matière refroidie par l’eau, le chrômate de potasse est dissous, à l’exclusion de l’oxide de fer qui était uni à l’oxide de chrome.
11 y a presque toujours une certaine quantité de fer chromé qui n’a pas été attaquée : si on voulait en extraire le chrome, il faudrait traiter ce résidu par l’acide hydrochlorique, laver la partie insoluble, et la chauffer avec l- de son poids de nitre.
La lessive de chrômate de potasse n’est pas pure; elle est mêlée d’acide manganésique, d’alumine et de silice, qui sont dissous par un léger excès de potasse. Il faut en conséquence la
APPLIQUÉE A LA TEINTURE. I ï
faire bouillir pour eu précipiter l’acide manganésique ; neutraliser l’excès d’alcali par l’acide nitrique ; et si on a mis trop d’acide, aj outer un peu de sous-carbonate de potasse, filtrer, puis faire cristalliser le chrômate de potasse.
Ce sel une fois obtenu en cristaux, peut servir à préparer tous les chromâtes insolubles, l’acide chrômique et l’oxidé de chrome.
On prépare les chromâtes insolubles en versant la solution aqueuse de chrômate de potasse dans la solution d’un sel quelconque dont la base forme avec l’acide chrômique un chrômate insoluble. Il suffit, pour obtenir ce dernier à l’état de pureté, de le laver avec soin.
On prépare l’acide chrômique en dissolvant du chrômate de baryte dans Facide nitrique, précipitant la baryte par la quantité d’acide sulfurique strictement nécessaire pour la neutraliser-, puis faisant évaporer presque à siccité la liqueur, qui doit avoir été filtrée dans un filtre de papier lavé à l’acide hydrochlorique.
L’oxide de chrome peut être obtenu en distillant dans une cornue le chrômate de protoxide de mercure. L’oxigène de l’oxide et la moitié de celui de l’acide se dégagent avec le
8e LEÇON DE CHIMIE
mercure réduit en vapeur, et il reste de l’oxide vert de chrome.
On peut encore, en chauffant au rouge dans un creuset de terre fermé, comme l’a fait M. Lassaigne, parties égales de chrômate de potasse et de soufre, traitant la matière fondue et refroidie par i’eau , obtenir l’oxide de chrome.
TUNGSTENE (Tu).