VII. PRÉPARATION
On peut obtenir le gaz acide carbonique en distillant le sous-carbonate de chaux dans une cornue de grès, à laquelle on a adapté un tube à gaz qui va s’ouvrir dans un flacon rempli d’eau. A l’aide d’une chaleur rouge, l’acide carbonique prend l’état gazeux, et se sépare ainsi de la chaux, qui reste dans la cornue à l’état solide.
A ce procédé, qui peut être économique dans certains cas, on préfère celui qui consiste à s’emparer de la chaux du sous- carbonate de cette base au moyen de l’acide hydrochlorique ou de l’acide sulfurique. Quand on tient à avoir de l’acide carbonique dissous dans l’eau parfaitement pur, l’acide sulfurique convient mieux que l’acide hydrochlorique.
On met dans un flacon à deux tubulures de Feau avec du marbre; à ce flacon on adapte deux tubes, i° l’un en S, destiné à verser l’acide quon veut faire agir sur le marbre; 2° l’au-
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tre deux fois courbé, à angle droit; il doit communiquer avec un second flacon rempli d’eau , et l’extrémité du tube, qui doit plonger jusqu’au fond du liquide, doit avoir été effilée à la lampe. Cette précaution est surtout nécessaire lorsqu’on emploie de l’acide hydrochlorique pour décomposer le marbre. Le second flacon communique avec un récipient qu’on a rempli d’eau et renversé sur la tablette d’une cuve pneumato-ch unique. Si l’on voulait préparer en même temps une dissolution aqueuse d’acide carbonique, il faudrait que Je second flacon communiquât avec un troisième rempli d’eau ; le second serait destiné à laver le gaz. Lorsque tout est ainsi disposé, on verse de l’acide hydrochlorique dans le premier flacon, on aperçoit à l’instant même une vive effervescence occasionée par le dégagement de l’acide carbonique. Dans les circonstances où l’on opère, l’acide hydrochlorique ayant pour la chaux une affinité plus grande que celle de l’acide carbonique pour la même base , doit expulser celui - ci du marbre , de même que nous avons vu le fer mêlé avec du sulfure de mercure, en chasser ce métal pour se combiner avec le soufre. La décomposition du marbre est plus lente, quand on se sert
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d’acide sulfurique au lieu d’acide hydrochîori que.
On reconnaît la pureté du gaz acide carbonique à ce qu’il est absorbé en totalité par Feau de potasse, et que sa dissolution dans l’eau distillée ne précipite pas le nitrate d’argent. Ce réactif ne s’emploie que dans le cas où l’on a fait usage d’acide bydrochlorique pour décomposer le marbre.
Lorsqu’on veut dissoudre dans un liquide un gaz qui n’est pas très-soluble, ou bien qu’on veut purifier un gaz par le lavage, il est nécessaire d’effiler le tube qui conduit le gaz au milieu du liquide qui doit le dissoudre ou le laver, afin qu’il n’y arrive qu’en bulles excessivement petites. En effet, plus le gaz est divisé, plus les conditions sont favorables à sa dissolution ou à son lavage. Lorsqu’on fait usage pour décomposer le sous-carbonate de chaux d’un acide tel que l’hydrochlorique, qui est susceptible de prendre facilement l’état de fluide élastique, il arrive que les bulles d’acide carbonique qui se dégagent présentent à l’acide hydrochlorique un espace vide de liquide, qui détermine une certaine quantité de cet acide à prendre l’état élastique. De là une nécessité ab-
solue de faire passer le gaz dans le plus grand état de division possible dans de l’eau, quand on veut l’obtenir à l’état de pureté. C'est parce que l’acide sulfurique n’a qu’une tension extrêmement faible à la température ordinaire, qu’il est préférable de l’employer pour décomposer le marbre; mais il a ce désavantage sur l’acide hydrochiorique, qu’il produit un sel peu soluble avec la chaux, lequel a l’inconvénient de couvrir le marbre indécomposé, et de le soustraire ainsi à Faction ultérieure de l’acide; il est vrai qu’au moyen d’un agitateur, on parvient jusqu’à un certain point à diminuer cet inconvénient.
Il y a une autre observation à faire relativement à la nature du sous -carbonate de chaux qu’il faut employer dans cette opération : lorsqu’on veut préparer de l’eau chargée d’acide carbonique destinée à être prise en boisson, c’est de ne pas prendre des sous-carbonates de chaux qui contiennent des matières organiques odorantes, car l’acide carbonique dégagé de ces sels au moyen d’un acide est rendu plus ou moins odorant par son mélange avec les matières organiques dont nous parlons.
Enfin nous remarquerons que plusieurs auteurs ont conseillé d’agiter beau qui est en con-
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tact avec l’acide carbonique pour déterminer l’absorption de ce gaz. Toutes les fois qu’on ne se propose de dissoudre qu’une très-petite quantité d’un gaz peu soluble dans un liquide , cette pratique peut être utde; mais lorsqu’on veut saturer autant que possible un liquide d’un tel gaz, il faut bien se donner de garde d’agiter les corps, car si le liquide était saturé, une portion s’en dégagerait par l’agitation, parce qu’il est vrai de dire qu’un liquide agité a moins de capacité pour dissoudre un fluide élastique, que n’en a ce même liquide lorsque ses particules sont en repos.
Il est bon aussi, quand on fait l’opération dont je viens de parler, de ne pas remplir entièrement les flacons du liquide qu’on veut saturer de gaz, car celui-ci ne pourrait s’y dissoudre que quand il le traverserait. Or, dans le cas où le flacon n’est pas entièrement plein, il se forme bientôt dans la partie vide de liquide une atmosphère d’acide carbonique qui, se trouvant en contact avec l’eau, tend à s’y dissoudre, et conséquemment à la saturer; de cette manière, la dissolution se fait pour ainsi dire en deux actes: dans le premier, l’acide est dissous dans son passage au travers de l’eau; dans le second, il
l’est par la surface du liquide en contact avec l’atmosphère qu’il forme.
On facilite encore la dissolution de l’acide carbonique i° en mettant dans l’eau des obstacles qui l’obligent à y circuler long-temps avant d’en sortir; :i° en comprimant le gaz lorsqu’il est en contact avec l’eau.
M. Faraday l’a obtenu à l’état liquide en décomposant le sous-carbonate d’ammoniaque par l’acide sulfurique concentré dans un tube courbé, de la meme manière qu’il a décomposé le sulfure de fer par l’acide hydrochlorique pour liquéfier l’acide hydrosulfurique.