IV. PROPRIÉTÉS CHIMIQUES
Cas où il n éprouve pas de décomposition.
Il n’éprouve aucune action de la part des gaz oxigène et hydrogène.
Il a une grande affinité pour l’eau, et il la manifeste , quel que soit l’état d’agre'gation des particules de cette substance. Lorsqu’il la rencontre à l’état de vapeur dans l’atmosphère , il s’y unit sur-le-champ, et la combinaison, dont la tension est beaucoup plus faible que celle
APPLIQUEE A LA TEIIS'TCRE.
de ses principes, se précipite sous forme vésiculaire, ou plutôt sous celle dune fumée blanche.
La glace absorbe le gaz hvdrochlorique , et se fond en dégageant de la chaleur.
Le gaz hvdrochlorique est absorbé si rapi dement par l’eau, que lorsqu’on débouche avec promptitude un flacon de ce gaz , que l’on tient renversé dans un bain d’eau, celle-ci s’y élance avec assez de force pour le briser.
i volume d’eau à 4° en absorbe 480 de gaz hydrochlorique. ïl y a dégagement de chaleur; aussi faut -il refroidir le liquide, pour qu’il puisse se saturer à la température de 4°* Sa densité est alors de i.,2i.
Cette dissolution répand des fumées blanches dans l’air, parce que sa tension est telle, qu’en débouchant le vase qui la contient, une portion d’acide s’en dégage.
Elle commence à perdre son gaz en bouillonnant à une basse température; c’est pourquoi, lorsqu’il s’agit de la faire réagir sur un corps a l’aide de la chaleur, il faut opérer de manière que la température soit insuffisante pour la faire bouillir ; et on remplit cette condition , soit en l’étendant d’un peu d’eau, soit en ne chauffant
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que très -doucement les corps au commencement de l’opération.
Lorsqu’on l’expose à un froid de — 5o°, elle se prend en une masse butireuse. Il est probable qu’elle éprouve quelque changement dans la proportion de ses principes immédiats, car il paraît que toute la masse n’est pas solide.
Le gaz hydrochlorique est absorbé par le charbon, ainsi que nous l’avons dit, et en général par tous les solides poreux.
L’acide hydrochlorique, mêlé à l’acide nitrique, forme Veau régale , ou acide nitromuriatique , qu’il ne faut pasNconsidérer comme un acide particulier. On a prescrit des proportions trèsdifférentes pour faire ce mélange; mais avant de chercher la proportion la plus convenable, il faut distinguer le cas où l’eau régale est destinée à dissoudre simplement de l’or, du platine, etc., et celui où elle est destinée à servir de mordant en teinture, après toutefois qu’on y aura dissous un métal.
Dans le premier cas, il faut mêler 3 parties d’acide hydrochlorique liquide et i partie d’acide nitrique à 32°. En employant plus d’acide nitrique, comme on l’a souvent prescrit, il y en aurait ufie portion qui serait perdue, par la rai-
son qu’un métal, en se dissolvant dans l’eaurégale, doit s’unir au chlore ou à de Facide liydrochlorique, et non à de Facide nitrique.
Dans le second cas, les proportions peuvent varier beaucoup, suivant le résultat qu’on veut obtenir. En effet, lorsqu’on emploie comme mordant la dissolution d’un métal dans l’eau régale, Facide hydrochlorique ou Facide nitrique, que je suppose y être en excès à la composition du chlorure ou de l’hydrochlorate , peuvent produire un bon effet, qu’on n’obtiendrait pas d’une dissolution neutre. Je ne traiterai de la préparation des dissolutions métalliques dans l’eau régale destinées aux usages de la teinture que dans la seconde partie du cours.
Expliquons ce qui se passe dans la réaction des acides hydrochlorique et nitrique.
Nous avons :
Acide hydrochlorique,
Acide nitrique ,
Eau.
Tant que ces corps sont mélangés sans avoir le contact d’une substance métallique, on doit toujours considérer les deux acides comme divisés en deux portions A ou A', et B ou B', l’une qui éprouve une altération , et l’autre qui n’en
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éprouve pas. Nous distinguerons donc chacun des deux acides de la manière suivante :
!. (chlore,
poi ion — hydrogène.
portion B = acide hydrochh ,
) portion A.' = ( oxig^ne »
Acide nitrique 1 f acide nitreux.
f portion B' — acide nitrique.
L’hydrogène de A et l’oxigène de À' sont capables de s’unir et de former de l’eau. Cette eau se forme en effet par le mélange des deux acides, et il résulte évidemment de cette production de l’acide nitreux et du chlore , qui , par leur grande force élastique, tendent à se sépa= rer du liquide; et en effet, vous observez toujours qu’un flacon qui n’est pas entièrement rempli d’eau régale a une atmosphère colorée par un mélange de vapeur nitreuse et de
La décomposition mutuelle des acides hydrochlorique et nitrique s’arrête bientôt, par la raison que l’eau qu’ils contiennent affaiblit leur réaction. Mais en les échauffant il s’en décompose une nouvelle quantité.
Si l’on met dans l’eau régale une substance qui ait de l’affinité pour le chlore, comme de l’or,
du platine, l’affinité de cette substance conspirera avec celle de l’hydrogène de A pour l’oxigène de Af, et augmentera ainsi la décomposition mutuelle des acides.