I. NOMENCLATURE
Le mercure a été appelé vif-argent à cause de sa mobilité et de son éclat métallique qui rappelle celui de l’argent.
Il est liquide depuis la température de — 3q°, 4 jusqu’à H- 36o°; et comme ses dilatations sont proportionnelles aux quantités de chaleur qui le pénètrent depuis la température de plusieurs degrés au-dessous de zéro, jusqu’à 1 oo° au moins,
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il est précieux pour la confection des thermomètres. Un thermomètre à mercure, étudié comparativement avec un thermomètre à air, donne les memes indications dans les limites que je viens de fixer; mais à cent et quelques degrés, les dilatations du mercure sont proportionnellement plus grandes que les quantités de chaleur qui les produisent.
Ce métal est susceptible de se réduire en vapeur et d’agir dans cette circonstance comme font tous les corps qui passent à l’état de fluide élastique, c’est-à-dire que, s’il est chauffé dans un appareil distillatoire, il bouillira, se convertira en vapeurs qui se condenseront en liquide dans la partie froide de l’appareil, tandis que, s’il est chauffé dans un vase clos, quelle que soit la résistance de ce vase, il finira par le faire éclater.
La densité du mercure est de 13,5998.
Il est susceptible de cristalliser eu octaèdres. Il se contracte en passant de l’état liquide à l’état solide.
Quoiqu’aux températures ordinaires la vapeur de mercure soit extrêmement rare, cependant elle agit très-sensiblement sur l’or qui est exposé à son contact.
APPLIQUÉE A LA TEINTURE, 3ï
Le poids de son atome est de a53 1 ,6.
Aux températures ordinaires, il est inaltérable à l’air sec ou humide; mais, comme tous les autres liquides, il paraît susceptible d’en dissoudre une quantité qui devient sensible lorsque le métal cesse d’être soumis à la pression de l’atmosphère. M. Dulong pense que l’oxigène de cet air, en se combinant intimement au mercure que l’on fait bouillir dans un tube > à baromètre, lui donne une viscosité sensible,
A la température de 3ao à 35o° , il s’unit à i’oxigène et forme un peroxide rouge.
Il s’unit au chlore en deux proportions. Si l’on opère à froid, et si le chlore n’est pas en excès, il se forme du protochlorure; tandis que si l’on opèreà chaud, les corps se combinent en dégageant une lumière rouge et en produisant du deutochlorure.
L’iode s’unit au mercure en deux proportions à la température ordinaire.
Le soufre s’y unit, mais il faut le secours de la chaleur.
La plupart des métaux s’y combinent. Ces alliages, comme nous l’avons dit, portent le nom $ amalgames.
3^ 12e LEÇON DE CHIMIE
Le mercure n’est pas attaqué par l’eau, ni par les acides hydrochlorique, hydrobromique, hydrophtorique ; il ne l’est pas non plus par l’acide sulfurique faible, par l’acide sulfureux ; mais il l’est par les acides nitrique et nitreux, par l’acide sulfurique concentré bouillant, ainsi que par les acides hydrosulfurique et hydriodique. Dans ces deux derniers cas, l'hydrogène est mis en liberté, et il se forme un sulfure et un iodure.
COMBINAISONS BINAIRES DEFINIES DE MERCURE ET DE QUELQUES CORPS ÉTUDIES PRECEDEMMENT.
PROTOXIDE DE MERCURE (Hg).
en poids. en alomes.
Oxigène 3,8 i . . . . ioo
Mercure 96,2 i . . . û53i,6
100,00 poids at. 2Ô3i,6
On a cru long-temps qu’en versant de la potasse dans la dissolution d’un sel de protoxide de mercure, on en séparait un protoxide ; mais
récemment M. Guibourt a fait l’observation que ce précipité est un mélange de peroxide de mercure et de mercure métallique.
En effet, prenons
i x füoxigène,
i atome de potasse ...=:< ® .
1 ( i potassinn) ;
et
2 al. de nitrate de protox. de mer. =
1 at. acide nitrique,
2 at. prot. de merc. rr
2 oxig.
2 merc.
La potasse neutralisera les 2 atomes d’acide nitrique, et les 2 atomes de protoxide de mercure mis en liberté se décomposeront en
1 at. de deutoxide
at. oxigène, at. mercure,
et 1 atome de mercure.
Il y aura donc précisément la moitié du mercure qui se séparera à l’état métallique. Mais ce mercure étant très-divisé et intimement mélangé avec le peroxide, le rendra brun; il est remarquable que le protoxide de mercure ne soit susceptible d’exister que sous l’influence d’un acide.
DEUTOXIDE DE MERCURE (Hg).
en poids. en atomes.
en atomes.
Oxigène. . . : .
Mercure ....
poids at. 273 1,6
Le deutoxide de mercure est en paillettes rouges ; réduit en poudre fine, il est jaune. Lorsqu’on le chauffe sans le décomposer, il passe au violet; il reprend sa première couleur par le refroidissement.
11 est légèrement soluble dans l’eau; il s’unit à la plupart des acides.
Il se décompose, au rouge obscur, en mercure et en oxigène ; c’est ce qui le rend propre à plusieurs opérations où l’on se propose d’oxigéner certains corps : c’est encore cette propriété et celle qu’a le mercure de se suroxider quand on le chauffe au milieu de l’air, qui rendent ces deux corps si précieux pour démontrer la composition de l’air atmosphérique.
PROTOCHLORURE DE MERCURE (’Ch Hg).