III. PROPRIÉTÉS CHIMIQUES
Nous allons maintenant nous occuper des propriétés chimiques de Foxigène; nous ne pourrons le mettre en rapport qu’avec l’hydrogène, le seul corps que nous avons étudié.
Si l’on met 2 volumes d’hydrogène avec 1 volume d’oxigène, et si l’on abandonne le mélange à lui-même, sous la pression ordinaire de l’atmosphère, et à la température ordinaire, on n’observe dans le mélange gazeux rien qui annonce une action chimique, c’est-à-dire qu’il n’y a ni production de lumière, ni même dégagement de chaléur, ni aucune variation de volume. Mais les choses sont bien différentes si le mélange est suffisamment échauffé, rapidement comprimé , ou s’il reçoit Faction d’une étincelle électrique.
i° Il suffit qu’un corps solide chauffé au rouge naissant touche les gaz, pour que ceux-
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ci s’enflamment. Un charbon en ignition, un morceau de brique ou de verre chauffé produisent cet effet.
20 Les deux gaz s’enflamment lorsqu’ils sont comprimés fortement et rapidement. M. Biot en a fait l’expérience dans une pompe de fusil à vent; l’appareil doit être très-épais pour résister à la force expansive de la vapeur d’eau produite.
3° Enfin, si l’on fait passer une étincelle électrique dans le mélange gazeux contenu dans un eudiomètre, l’inflammation a encore lieu. L’eudiomètre e'tant un instrument très - utile pour l’examen des produits de l’union des fluides aériformes qui sont susceptibles de se combiner sous l’influence électrique, il n’est pas inutile de le décrire. Un eudiomètre (fig. 4) se compose d’un tube T de verre fermé à un bout, suffisamment épais pour résister à l’expansion des gaz que l’on veut y brûler. Le fond du tube a été rodé pour recevoir une masse de métal M qui se termine extérieurement en une boule B. Cette masse doit être en platine, si on veut que feudiomètre soit un instrument de précision. Quand on veut en faire usage, on le remplit de mercure, on le renverse dans
une euve de ce métal , on y introduit le mélange gazeux, puis on y fait passer l’excitateur E, qui est un fil de platine ou de fer terminé par une boule. Cette boule doit être à une distance telle de M, que l’étincelle d’une petite bouteille de Leyde ou celle d’un plateau d’électrophore puisse éclater dans l’intervalle. L’inflammation ayant eu lieu dans la partie du mélange frappée par l’étincelle , la chaleur qui en est le résultat détermine celle du reste. L’inflammation est donc réellement successive, quoiqu’elle nous paraisse instantanée.
Je suppose que nous ayons introduit dans l’eudiomètre 2 volumes d’oxigène et 2 volumes d’hydrogène; après l’inflammation, le résidu, ramené à la pression ordinaire, sera de 1 volume d’oxigène; et les 3 volumes qui auront disparu, savoir 1 volume d’oxigène et 2 volumes d’hydrogène, auront formé de l’eau qui se sera condensée en liquide sur les parois de l’eudiomètre.
On s’est convaincu que ce liquide est de l’eau, en faisant brûler un courant de gaz hydrogène dans un ballon que l’on entretenait plein d’oxigène, ou bien simplement en faisant arriver le produit de la combustion d’un jet d’hydrogène dans un long tube de verre placé au milieu de
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l’atmosphère, ainsi que le représente la fig. 5*. L’hydrogène se dégage du flacon F, où on a mis du fer et de l’acide sulfurique à 25°; il traverse le tube T, dans lequel il y a de la potasse humide et des morceaux de chlorure de calcium; enfin il est enflammé à l’extrémité du tube V, qui est de cuivre.
PHÉNOMÈNES DE LA COMBUSTION DE l’iIYDROGENE.
Parlons des phénomènes de la combustion vive.
A. Dégagement de chaleur .
D’abord il y a de la chaleur dégagée, et l’on peut s’en assurer facilement en portant la main sur l’orifice d’une cloche d’hydrogène où la combustion s’opère. Quelle est la quantité de chaleur dégagée dans cette circonstance ? Lavoisier s’est proposé de résoudre cette question, et il a trouvé qu’une partie d’hydrogène en poids fondait 295,57 parties de glace à zéro. M. Despretz, qui a fait une expérience semblable, a trouvé 3 1 5,20 parties. Vous voyez donc qu’il y a une énorme quantité de chaleur produite dans la combustion de l’hydrogène, et vous concevez comment, si l’on pouvait se procurer l’hydrogène avec économie, on échaufferait de l’eau dans
APPLIQUEE A LA TEINTURE, l3
une chaudière, en plaçant le fond de cette chaudière au-dessus de la flamme produite par ce combustible.
B. Dégagement de lumière.
La flamme des combustibles que nous brûlons dans nos maisons et dans nos ateliers est due à l’hydrogène. A la vérité, cet hydrogène est toujours combiné avec des quantités variables de carbone; mais s’il n’y avait point d’hydrogène, ces combustibles brûleraient sans flamme.
Quand on compare les flammes des hydrogènes carbonés avec la flamme de l’hydrogène pur, sous le rapport de l’éclat , on trouve cette dernière très - pâle , relativement aux autres. Cependant la chaleur dégagée par la flamme de l’hydrogène est très-intense ; il faut conclure de là que l’éclat de la flamme ne tient pas à la quantité de chaleur dégagée par l’acte de la combustion. En traitant du carbone , nous verrons que les flammes n’ont d’éclat qu’autant qu’il s’y trouve une matière solide; et c’est parce que celle de l’hydrogène en est dépourvue qu’elle est sans éclat.
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