‹ Leçons de chimie appliquée à la teintureChapitre 258 sur 356 · VI. USAGES · texte numérisé non relu

VI. USAGES

Le teinturier doit connaître les propriétés de l’étain, car, non-seulement ce métal est éminemment propre à la fabrication des chaudières destinées aux opérations les plus délicates de l’art de la teinture, mais ses combinaisons salines, ses chlorures , sont éminemment propres à fixer les couleurs, ou à les modifier en les avivant;

APPLIQUÉE A LA TEINTURE. 3ï

enfin le protochîorure d’étain est un désoxigénant puissant, utile surtout dans la fabrication des toiles peintes.

Nous croyons utile d’indiquer la manière dont on doit procéder pour reconnaître le degré de pureté de l’étain d’une chaudière , ou de celui qui doit servir à en confectionner une. Les métaux qui peuvent se trouver alliés à l’étain sont le plomb, le cuivre, le bismuth et le fer.

Pour déterminer la proportion de l’arsenic, on fera l’opération suivante sur 5 ou i o grammes d’étain : Après avoir réduit le métal en rubans ou en grenailles, on le traitera par l’acide hydrochlorique en excès dans un petit matras communiquant avec trois flacons de Woulf, dont le premier sera rempli d’eau de potasse, et les deux autres d’eau de chlore; il se dégagera de l’hydrogène mêlé d’hydrogène arséniqué. Celui-ci sera décomposé par l’eau de chlore; son hydrogène passera à l’état d’acide hydrochlorique, et l’arsenic, sous l’influence d’une autre portion de chlore, absorbera l’oxigène de l’eau, tandis que cette portion de chlore en absorbera l’hydrogène; il en résultera donc de l’acide arsénique et de l’acide hydrochlorique. On réunira les liqueurs des deux derniers flacons, on

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les fera évaporer à sec, pour chasser tout l’acide hydrochlorique ; l’acide arsénique restera. Eu le neutralisant par la potasse, et précipitant parle nitrate de plomb ou le sulfate de peroxide de fer, on aura de Farséniate de plomb ou de fer, dont le poids indiquera l’acide arsénique sec* et par suite l’arsenic. Lorsqu’on fait usage du nitrate de plomb, il faut être sûr, avant de neutraliser l’acide arsénique, que tout l’acide hydrochîorique en a été séparé, autrement Farséniate de plomb qu’on obtiendrait ensuite ne serait pas pur, il serait mêlé de chlorure.

Il pourrait arriver que tout l’arsenic ne fût pas combiné avec l’hydrogène : dans ce cas, il resterait, au moins pour la plus grande partie, à l’état de flocons noirs, insolubles dans l’acide hydrochlorique; on les recueillerait, on les laverait, pour les faire sécher ensuite, et les peser. On serait certain de leur pureté s’ils se sublimaient sans résidu dans un petit tube de verre fermé à un bout.

Pour déterminer la proportion des autres métaux, on prend 2 grammes ou 5 grammes d’étain ; on les traite par l’acide nitrique à 20° dans un ballon à long col ; on commence l’opération à froid, et on la termine à chaud : tous

les métaux sont dissous, excepté l’étain, qui a passé à l’état de peroxide; il faut employer un excès d’acide nitrique, pour être sûr que les métaux solubles ne se sont point combinés avec ce peroxide. Quand on juge l’opération terminée, on sépare exactement la liqueur du précipité, qu’on lave à plusieurs reprises avec de i l’eau acidulée : on ajoute les lavages à la liqueur, j et on fait concentrer le tout, pour en séparer l’excès de l’acide nitrique; on y ajoute ensuite de l’eau, afin d’en précipiter la plus grande partie du bismuth à l’état de sous -nitrate : celuici, chauffé au rouge, se réduit à de l’oxide pur; la liqueur filtrée contient du plomb, du cuivre, et le reste du bismuth; on précipite le premier de ces trois métaux par du sulfate d’ammoniaque. Le sulfate de plomb obtenu fait connaître la quantité de plomb allié à l’étain; on a une dissolution qui contient du cuivre, du fer et du bismuth, et de plus, du sulfate d’ammoniaque. On y verse de l’ammoniaque en excès; l’oxide de cuivre reste dans la liqueur, et l’on a un précipité de peroxide de fer et d’oxide de bismuth; la liqueur séparée du précipité est évaporée à sec; le résidu qu’elle a laissé étant calciné, il reste du deutoxide de cuivre; on pèse les oxi-

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des de fer et de bismuth, on les dissout dans l’acide hydrochlorique, et on précipite le bismuth par l’acide hydrosulfurique. Le sulfure de bismuth calciné à l’air laisse de l’oxide pur. En retranchant son poids de celui du précipité formé d’oxides de bismuth et de fer, on a le poids de ce dernier, et conséquemment celui du fer métallique. En outre, l’oxide de bismuth, ajouté à celui qu’on a obtenu de son sous -nitrate, donne la proportion de ce métal qui était allié à l’étain.

La présence du plomb et du bismuth dans l’étain, en certaines proportions, a l’inconvénient de le rendre plus fusible et moins ductile.

SECTION II

COMBINAISONS BINAIRES DEFINIES D ÉTAIN AVEC PLUSIEURS DES CORPS EXAMINÉS.

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