‹ Leçons de chimie appliquée à la teintureChapitre 88 sur 356 · III. PROPRIÉTÉS CHIMIQUES · texte numérisé non relu

III. PROPRIÉTÉS CHIMIQUES

Exposé long-temps à la lumière dans le vide du baromètre, dans le gaz azote, le gaz hydrogène, l’eau bouillie, etc., il prend une couleur rougeâtre.

Soumis à l’action de l’électricité, il laisse dégager une très-petite quantité d’hydrogène; il est difficile de prononcer sur l’état de combinaison où se trouve l’hydrogène dans le phos? phore. Il ne serait point étonnant que ces deux corps fussent combinés ensemble , mais il pourrait se faire aussi que l’hydrogène provînt de

APPLIQUÉE A LA TEINTURE- ï3

là décomposition d une petite quantité d’humidité restée adhérente au phosphore ; car lorsqu’il s’agit de séparer les dernières parties d’un corps qui peuvent être, je ne dirai pas combinées, mais simplement adhérentes à la surface d’un autre, cela devient fort difficile, surtout quand les deux corps sont volatils. Dans tous les cas, cette expérience ne prouve nullement que le phosphore soit composé; car une fois qu’il a perdu la petite quantité d’hydrogène dont il est question , il continue à jouir de toutes les propriétés que nous regardons comme le caractérisant essentiellement.

Le phosphore présente une propriété remarquable relativement à son action sur l’oxigène. Si vous mettez du phosphore dans le gaz oxîgène, sous la pression de om*,76o de mercure, et à la température de io à i5°, il n’y aura pas d’action entre les corps; mais si vous élevez leur température à 38° environ, sur-lechamp la combinaison s’opérera avec un vif dégagement de lumière et de chaleur. C’est une expérience dont vous avez été témoins lorsque nous avons voulu connaître la pureté du gaz oxigène provenant de la distillation du chlorate de potasse. Nous avons introduit un mor~

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ceau de phosphore dans un tube de verre rempli de mercure, et après l’avoir fondu, nous y avons fait passer du gaz oxigène bulle à bulle; la combinaison s’est opérée rapidement , et l’oxigène n’a pas laissé de résidu gazeux, parce qu’il était pur. Le résultat de cette combustion est de l’acide phosphorique.

Si l’oxigène, au lieu d’être soumis à une pression de om*,76o, ne l’est qu’à une pression de om,io à om,o5, que sa température soit comprise entre 5 et 270, et qu’il soit d’ailleurs humide, le phosphore qu’on y plongera répandra des fumées blanches formées d’acide phosphatique , ou plutôt d’acides phosphorique et phosphoreux unis à l’eau qui se trouvait dans l’air à l’état de vapeur élastique. Cette observation due à M. Bellani, qu’en diminuant la pression que supporte l’oxigène, on le rend susceptible de contracter une combinaison avec un corps solide qu’il n’aurait pas formée auparavant à la même température, est contraire à ce qu’on pouvait imaginer, car il était plus naturel de croire qu’en écartant les particules d’un gaz en contact avec un solide , on diminuerait par là sa tendance à s’y combiner, plutôt qu’on ne l’augmenterait.

Si le phosphore répand des fumées dans l’air de l’atmosphère à la température ordinaire, sous une pression où il n’en répand pas dans le gaz oxigène, cela tient précisément à ce que l’oxigène qui est dans l’atmosphère n’y a qu’une faible tension, puisqu’il est mêlé avec quatre fois son volume d’azote.

Vous voyez, messieurs, que les diverses températures auxquelles les corps s’unissen t peuvent avoir de l’influence sur la nature de leurs combinaisons, puisqu’en élevant la température du phosphore à 38°, la combustion se fait rapidement, et que le produit est du phosphore saturé d’oxigène ou de l’acide phosphorique , tandis que dans le cas où la combustion se fait lentement, le produit est de l’acide phosphatique.

11 ne paraît pas y avoir de dégagement de lumière dans la combustion lente du phosphore observée à la lumière du jour; mais dans l’obscurité, le phosphore brille de cette lueur qu’on appelle lumière ou flamme phosphorique.

Le phosphore est susceptible de s’unir a l’oxigène en deux autres proportions qui produisent l’acide phosphoreux et l’acide hypophosphoreux , et suivant plusieurs chimistes il

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s’y combine encore en deux autres proportions qui constituent un oxide blanc et un oxide rouge.

L’hydrogène et le phosphore ne sont pas susceptibles de se combiner directement, mais ils peuvent dans certaines circonstances produire des combinaisons gazeuses, Yhydrogène perphosphoré et V hydrogène protophosphoré.

Le phosphore paraît décomposer l’eau; au moins toutes les fois qu’il y est plongé un certain temps, le liquide manifeste des propriétés acides, et en outre il contient de l’hydrogène phosphoré. Cependant on ne peut dire qu’il soit démontré par des expériences exactes que l’eau soit réellement décomposée, mais c’est l’opinion la plus probable. Quoi qu’il en soit, Faction du phosphore pour décomposer l’eau est extrêmement faible; car, après un certain temps, les phénomènes qui semblent annoncer cette décomposition cessent absolument , et l’on n’a pas observé qu’à une température plus élevée que la température ordinaire, le phosphore eût plus d’action sur i’oxigène de l’eau. C’est, au reste, un sujet qui mérite d’être étudié.

Le phosphore est susceptible de se combiner avec le soufre en toutes sortes de proportions.

Ces combinaisons donnent lieu à un très -vif dégagement de chaleur, et quelquefois même, dit -on, à un dégagement de lumière. Il faut n’opérer que sur de petites quantités , et avec beaucoup de précaution , pour ne point courir le danger de se blesser.

Quoique les combinaisons du phosphore avec le soufre se fassent , comme je viens de le dire, en toutes sortes de proportions, cependant il est extrêmement probable qu’il existe des combinaisons définies, lesquelles sont susceptibles de se dissoudre dans un excès, soit de phosphore, soit de soufre, et qu’une de ces combinaisons a été obtenue par M. Faraday. Elle était formée de i atome de soufre et de 2 atomes de phosphore.

Le phosphore se comporte avec le sélénium de la même manière qu’avec le soufre.

IY. PROPRIÉTÉS ORGANOLEPTIQUES.

Le phosphore exhale une odeur alliacée trèssensible, mais il n’est pas prouvé qu’elle appartienne à la vapeur même de ce corps; car, comme on sent cette odeur par l’intermédiaire de l’air, il n’est pas impossible quelle soit due à une petite quantité de phosphore oxigéné. Cette

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hypothèse est d’autant plus probable, que de l’air dans lequel du phosphore a brûlé sans laisser de résidu solide, a l’odeur dont je parle.

Y. ÉTAT NATUREL

Le phosphore n’existe dans la nature qu’à l’état de combinaison. On trouve des phosphates dans le règne minéral; ceux de chaux, de magnésie, de soude, d’ammoniaque et de potasse, font partie des êtres organisés : le phosphore uni à l’oxigène , à l’azote, au carbone et à l’hydrogène, forme la matière grasse du cerveau.

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