ACTION DES AGENTS MÉDICAMENTEUX
chaleur, la fièvre, la morphine, etc., paraissent au contraire les faire se contracter. Les composés antimoniaux ont une action rapide sur le sang : à dose médicamenteuse ils font, après deux jours, augmenter sensiblement la graisse du sang et doublent la eholestérine. A dose plus forte le globule sanguin est comme anémié; l'hématose entravée; le sang renferme moins d'oxygène et d'acide carbonique qu'à l'état normal.
Les doses faibles de composés arsenicaux augmentent la graisse du sang et le volume du foie. Sous leur influence, la cholestérin'e croît, la glycose tantôt augmente, tantôt diminue. A dose un peu forte, les sujets maigrissent; le globule sanguin s'altère, son hémoglobine tend à s'exfravaser et à cristalliser.
Le phosphore agit comme l'arsenic, mais bien plus rapidement et à des doses minimes qui ne sont même pas toxiques. Les graisses et la eholestérine s'accumulent dans le foie et dans le sang; la sérine diminue tandis que s'élève le poids de la fibrine.
La bile injectée dans les vaisseaux intoxique rapidement le sang et y fait apparaître des cristaux d'hémoglobine, effets dus aux acides biliaires et non aux matières colorantes. Si les sels biliaires sont injectés dans le sang a doses non toxiques, le globule se déforme, l'hémoglobine tend à cristalliser et à s'extravaser ; la graisse et la eholestérine augmentent; les urines se chargent de produits colorants dérivés de la destruclion des globules rouges.
Vacide carbonique pénétrant en excès dans le sang (par exemple si l'on respire dans un milieu qui contient plus de 2 vol. pour 100 de ce gaz) diminue la quantité d'hémoglobine et augmente l'hémoglobine réduite. L'action successive de l'acide carbonique et de l'air sur le sang extravasé finit par l'altérer et par faire diffuser son hémoglobine. . On sait que Y oxyde de carbone chasse l'oxygène des hématies et rend leur matière colorante impropre à s'oxyder en formant avec elle une combinaison relativement stable. Les animaux sont tués à des doses, d'oxyde de carbone capables de saturer la sixième partie à peine de l'hémoglobine de leur sang; le gaz toxique n'agit donc pas seulement en empêchant l'hématose. Ce qui est plus remarquable encore, c'est que la capacité absorbante du sang pour l'oxygène s'abaisse dans une proportion considérable pour des doses très faibles d'oxyde de carbone, telles que celles qui existent dans l'atmosphère de nos habitations à côté d'un poêle de fonte fonctionnant mal. A 2 millièmes de ce gaz dans l'air, la capacité respiratoire du sang pour l'oxygène étant normalement de 28 tomhe à 18, c'est-à-dire qu'un tiers de l'hémoglobine du sang a été mis dans l'impossibilité de servir à l'hématose par une quantité d'oxyde de carbone relativement infime. Aux doses plus faibles de I à 2 dix-millièmes d'oxyde de carbone dans l'air, la capacité respi-
ratoire du sang est encore très sensiblement affaiblie^). L'oxyde de carbone absorbé par l'hémoglobine ne s'élimine ensuite que liés lentement, mais il s'élimine en nature; on le retrouve tout entier dans les gaz expirés (Gréhant).
Le protoxyde d'azote Az30, souvent employé comme anesthésique, tend à déplacer l'oxygène du globule sanguin sans secombiner sensiblement à l'hémoglobine ni empêcher sa • réoxydation. Dans un air qui
contient ^ de ce gaz, la vie peut continuer longtemps, mais l'exhalation
de l'acide carbonique diminue.
Le bioxyde d'azote AzO s'unit à l'hémoglobine du globule rouge e| en chasse l'oxygène et même l'oxyde de carbone s'il y en avait de combiné. Ce composé est excessivement vénéneux, même à faibles doses. Sous son influence le sang prend une couleur cramoisie due à une combinaison assez stable de bioxyde d'azote et d'hémoglobine.