MATIÈRES MINÉRALES DES URINES NORMALES
phosphorique à l'azote éliminé par les urines est de 18 : 100. Les jeunes enfants, les femmes enceintes, perdent moins de phosphates. L'adulte, vers 30 ans, rejette par ses urines le maximum d'acide phosphorique.
La nuit, on excrète par heure environ 1/9° de moins de phosphates que le jour. Le maximum de l'excrétion a lieu le soir, le minimum à midi.
Le travail musculaire accroîtrait les phosphates éliminés, suivant Lehmann et Mosler; il n'influerait pas sur leur élimination, d'après Pettenkoffer et Voit, Byasson, North.
11 n'est nullement démontré que le travail cérébral élève la proportion totale des phosphates urinaires. 11 semble que, dans les cas où l'on a cru remarquer cette augmentation, elle serait due à l'excès d'alimentation.
Si l'on fait bouillir une urine neutre ou très faiblement acide, il s'y produit un précipité amorphe qu'on confond quelquefois avec de l'albumine, mais qui se dissout dans quelques gouttes d'acide acétique : il est formé du phosphate calcique, P04CaII-t- 2IPO.
Acide silicique — Acide carbonique. — L'urine contient environ 3 milligrammes d'acide silicique par litre.
Quand après avoir extrait par le vide tous les gaz des urines, on les acidifie par un acide libre, on extrait encore l'acide carbonique qui était combiné à l'état de carbonates. Cet acide carbonique combiné est plus abondant dans l'urine des herbivores.
Les urines riches en carbonates sont ou deviennent nuageuses.
Acide nitrique et nitreux. — Acide hyposulfureux. — Peroxyde d'hydrogène. — Schônbein signala les deux acides nitrique et nitreux dans les urines normales et démontra : 1° qu'ils proviennent de l'alimentation et des eaux potables qui très souvent sont nitratées; 2° que l'acide nitreux, quoiqu'il puisse se produire par réduction des nitrates, peut se trouver dans les urines les plus fraîches. Rôhmann a confirmé ces observations.
On a signalé une faible proportion d'acide hyposulfureux dans les urines de chat et de chien, et une trace de peroxyde d'hydrogène dans l'urine normale fraîchement émise (Schônbein).
Potasse et soude. — Ammoniaque. — Ces bases sont unies aux précédents acides. Chez l'homme en santé, on admet que la quantité calculée d'anhydride sodique, Na2Û, des urines s'élève de 5 à 7 grammes par jour. La potasse K20 varie de 2 à 4 grammes seulement. Du reste, ces rapports se modifient beaucoup d'un individu à l'autre suivant la teneur des aliments en sodium et potassium, et suivant les conditions normales ou anormales des habitudes et de la santé.
A l'état ordinaire, l'urine contient, chez l'homme adulte et par 24 heures, 0gr,6 d'ammoniaque sous forme de sels divers; cette (pian-
filO URINES.
tité oscillé de 0er,3 à 1*%3. Elle s'enriehrl en ammoniaque par le régime animal (0'r?8(S par joui- en moyenne). Nous avons dit que chez les carnivores qui ne reçoivent pas de sels de potasse ou de soude aptes à se transformer en carbonates, l'acide urique qui tend à acidifier le sans est éliminé grâce à la production d'ammoniaque en excès. Lfl régime végétal fait tomber celle quantité à 0Br,40 par 24 heures.
L'ingestion des acides libres augmente les quantités d'ammoniaque et d'alcalis fixes excrétés par les urines. Si l'on ajoute aux aliments du carbonate d'ammoniaque, ou des sels ammoniacaux à acides organiques, on accroît proportionnellement La sécrétion de l'urée chez les mammifères, de l'acide urique chez les oiseaux; mais la proportion de sels ammoniacaux urinaires ne varie pas sensiblement,
Fer et autres métaux. — Le fer existe dans les urines à l'étal de traces : Magnierde la Source opérant avec grand soin, dans mon laboratoire, en a dosé de 0gr,003 à 0gr,011 par litre. Encore cet élément n'est-il pas sensible aux réactifs ordinaires des sels de fer et se précipite-t-il par l'acétate de plomb. L'ingestion des sels ferreux ou ferriques ne fait apparaître dans les urines que des quantités très minimes de ces sels.
On a signalé dans les urines des traces de manganèse, de cuivre dans quelques cas spéciaux (ouvriers chaudronniers), des indices de cœsium, de rubidium, de lithium, etc., et de minimes proportions de fluor.
Gaz des urines. — L'urine renferme, à l'état de dissolution ou faiblement combinés, des gaz qu'on peut extraire par la pompe à mercure. Ils se composent d'acide carbonique, toujours prépondérant, d'azote et d'oxygène. Le volume réuni de ces deux derniers gaz est généralement inférieur au centième du volume de l'urine.
Voici quelques nombres donnés par Planer :
Urine rendue 14 h. après le repas . .
2 h. après te dîner . .
— après ingestion de 12 gr.
de crème de tartre. .
r 1 1 M > cenlimelres cubes il urine.
Quantité de fjaz totale
Oxygène
Azote
Aciile carbonique
Occ2
8cco
ia5,o
La proportion d'acide carbonique des urines augmente avec l'activité de la circulation et de la respiration, ainsi que chez les fiévreux.