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PIGMENTS BILIAIRES ET URINAIRES

La bilirubine résulte du dédoublement, avec oxydation, de la matière colorante du sang en passant par l'hématine qui, elle-même, nous l'avons vu, dérive d'un dédoublement de l'hémoglobine en albumine, hématini . et acides gras. La bilirubine est reliée à l'hématine par l'équation :

G**fls*Az*EeO* + 3H»0 + 0 = Cr>2H3«Az*0° + FeO + OH*08 Hématine. Bilirubine.

La plus grande partie de la bilirubine est évacuée avec les matières fécales. Une autre passe dans l'intestin à l'état d'hydrobilirubine C3SHA0Az*07, qui, partiellement résorbée, s'oxyde dans le san^ et va colorer les urines.

11 en est de même, avons-nous vu, des dérivés de l'indol et du scatol (indogène, indigotine, urrhodine, etc.), qui, formés aussi dans l'intestin grâce à la putréfaction des résidus albuminoïdes, sont absorbéet éliminés ensuite par les urines après s'être simplement copulés avec l'acide sulfurique provenant de l'oxydation du soufre des albuminoïdes.

Nous avons vu (p. 561 et 602) les rapports de la matière colorante principale des urines, Yurochrome, et de l'urobiline elle-même, avec la bilirubine.

L'origine de ces substances colorantes est donc bien connue, elles dérivent de l'hématine et de l'hémoglobine. Quant à leur sort, elles sont éliminées en nature avec les matières fécales et les urines.

LEUCOIYIAÏN ES CRÉATINIQUES ET AUTRES BASES

On sait que Yolhardt a fait la synthèse de la créatine au moyen de la cyanamide et de la sarcosine ou méthylglycocolle :

Az i C - AztP + AzH(CrP) - Cil* - COU = Azlt = C C ^"ch^-CH* - COU

Cyanamido. Sarcosine. Créatine.

La cyanamide est elle-même un anhydride de l'urée :

iJBPj Az - C !Oj - AzH* = H«0 + Az : C - Azll*

Urée. Cyanamide.

Quant à la sarcosine ou méthylglycocolle on comprend qu'elle puisse

C) Monats. f. Chem., 1891.

ORIGINE DES LEUCOMAÏNES,

se produire dans l'êcônomiej comme le glycdcoUe (ou acide aminoacétique-), par ta dislocation ayeo hydratation des groupes fondamentaux que nous avons vu entrer dans la constitution de l'albumine (p. Of).

N'^* rn rn i ^ CO - CMI8 - Cil2 - AzH - R' , „20 NT - Az - CO - CO - Az s co C] p Az((;|1,) q' + 4 J l U

Branche uréiquo do l'albumino. Eau.

CO - Az C J!

- Az s N,

Urée.

, + H,p';CO -,C8H»o -AzH» + 110 • CO - Cil- - Az(CII3)II

Leucinei Sarcpsino.

+ R'-OII + Q'-Oïî

[lestes de la molécule albuminoïde.

De même la guanidine, produit de dédoublement de la guanine, peut s'unir à Iasarcosine pour donner de la créatinine, d'après Horbaczewski, et cette guanidine revient à son tour à l'union d'une molécule d'ammoniaque à une molécule d'urée avec élimination d'eau :

AzH9 AzI

Urée.

AzH2 Azll3

Guanidine.

AzH = C

On comprend donc par quels mécanismes la créatine peut dériver de l'alhumine et de l'urée elle-même ou des corps aptes, comme les sels ammoniacaux, à produire l'urée à l'état naissant, fin passant à travers le rein elle se déshydrate et donne de la créatinine qu'on retrouve dans les urines. Les autres termes de la série, xanthocréatinine CBH10Az*0; crusocréatinine CsHsAz/'0, etc., ont une origine semblable.

Entre le corps de la série urique et ceux de la série créatinique les rapports sont évidents. Les exemples suivants les feront bien saisir :

A. — Uréïdès.

AzHa

AzH - CH* - CO*H

Acide hydantoïque.

répond à

AzH =

Basesyréatiniques .

AzH2

AzH - CE* - C02H

Glycocyamino.

AzH - CO

AzH - CH* Hydantolm .

répond à AzH = C

AzH2

CO

AzH - CH2

Glycocyamidine.

h r ' AzH*

U Ln Az(CHs)-CII»-CO»H Acide méthylhydantoïque.

répond ù AzII = C

AzH2

Az(CR3)-CH2-C02H Créhtine ou glycocyamidine méthylée.

Le même parallèle pourrait se poursuivre entre les autres corps qui se correspondent dans les deux séries, et comme nous venons de voir la descendance de ceux de la série créatinique des principes albuminoïdes eux-mêmes, il s'ensuit qu'à leur tour les composés uriques sont ainsi directement rattachés aux substances protéiques. Du remplacement

A. Gautier. — Chimie biologique. 49

du groupçj (AzII)" par 0 dans les composés créatiniques résultent les corps in iques et ce remplacement, que nous savons réaliser in vitro, résulte lui-même, ceraarquons4e, d'une simple hydratation :

. „ rxAzII3 M9A nr'Azll2

AzlI = G s Az|| . ch» - C0«II + " U — ' ^ AzII - Cil* - CO'II + Az,K

Glyçocyamine Aci<l(! bydantolque

{Base créatinique). (Uréide).

Que l'hydratation se continue (et c'est le cas dans l'économie) et le co posé uréique à son tour donnera l'urée :

LU-AzII-CH*-CO*ll + 11 U — LU-Azll* + c0î|I

Acide hydantOïqW Drce. Ac. glycoliquc.

C'est là certainement, d'après nous, l'un des mécanismes, et probablement le principal, qui, dans la cellule, fait passer des principes protéiques aux bases créatiniques, de celles-ci aux corps uriques, et de ces corps à l'urée elle-même accompagnée, comme le montre la dernière des équations ci-dessus, de la série des acides oxygras : lactique, glycolique, Ieucique, etc.... On sait, en effet, d'une part, que ces acides se retrouvent partout dans l'économie (glandes, muscles, etc.); de l'autre, que l'hydratation in vitro des bases créatiniques, en particulier de la créatine, de lysatine, de l'arginine donnent une grande quantité d'urée sans intervention d'aucune réaction oxydante, à l'abri de l'oxygène. Nous reviendrons sur ce point à propos de l'origine de l'urée (').

Quant aux bases qui, telles que la spermine CsIIuAz*, répondent à une constitution relativement simple, elles peuvent naître directement de la dislocation de la molécule albuminoïde dans laquelle nous avons montré qu'il existe des chaînons tels que CIl2=AzH-CiIs-AzH=CH2 ou des chaînons analogues; ou bien, comme la névrine et la choline, elles peuvent provenir du dédoublement de corps plus complexes, les lécithines par exemple. Toutes ces bases se produisent dans nos tissus à l'abri de tout germe de putréfaction et durant la vie normale, en particulier dans les cellules qui vivent anaérobiquement ; mais elles disparaissent incessamment grâce à leur oxydation. On les retrouve en plus grande proportion dans les urines lorsque diminue l'énergie des réactions générales provoqués par l'oxygène lorsque la respiration faiblit et que s'accentuent les phénomènes de réduction, par exemple dans les maladies pyrétiques, la fièvre typhoïde, la phtisie, les maladies cérébrales, etc .

(l) On remarquera que si l'homologue supérieur de l'acide hydantoïquc avait été pris, dans l'équation ci-dessus, il se serait fait, par hydratation, de l'urée et de l'acide lactique; or. nous avons Tait observer (p. 766) que deux molécules d'urée en s'unissant à une molécule dérivée d'un radical en C3, sont aptes à faire naître de l'acide urique (Synthèse d'Horbacxewski). On comprend donc comment cet acide urique peut dériver régulièrement de l'albuminoïdc.

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