GAUDE
lÉiat Batarel. — La Gaude ou Valide est une plante herbacée qui croit naturellement dans presque toute l'Europe, mais plus particulièrement dans les lieux sablonneux, dans les friches et taillis, le long des chemins et des fossés. C'est une espèce de réséda, le Reseda îuteola {fig. J186àll89) quia 1 mètre à l"»,30dehauL
On la cultive, en raison de la belle couleur jaune qu'elle fournit, dans le midi de la France et en Normandie, dans le canton d'Ëlbeuf, mais surtout aux environs du Pont^-de-l'Arche et de Louviers ; on porte à 320 le nombre d'hectares de terre consacrés à cette culture dans le département de l'Eure. Il y en a aussi de grandes cultures dans la ThuriDg6|
la Saie, la Bavière, le Wurtemberg et l'ADglelerre. La plante cultivée a de pIuB grandei dimeoiions que la plante «auvage dile bAtarde,
Oq la sËme en Juin et Juillet, et ud an aprËi, od en fait la récolle, en arrachant à la miiin la plante eulière. On la laisse toujoun munie de u racine, Don pas que celle-ci contienne sensible ment de matîëre colorante, mais parce qu'elle donne meilleure façon à la plante ; celle-ci est alors.
«omme l'on dit, plus de «ente.
On la dessËcbe en plein air, soit en la dressant contra des mura, des haies ou tout autre appui, toit en la déposant, à me- 3u e qu'on l'av ache en javelles peu épa sses L d u e p mp emen aun p e so e e a rosée on r u ne a ors e Ja e le pou la se se h au
nir pa e emen e de ou En nio ns d une ema ne par un beau emps a de a on es omp È e L I p u es b un en ^' '^^^
la p an e e u 0 en p e que Fh m
toute sa valeur. Les tiges, sécbées
avec soin, eoni réunies par bottes de 6 kilogr. On en forme quelquefois des balles de IS bottes.
Les teinturiers clioisissent de préférence la gaude longue, peu braochue, à tiges minces et d'un beau jaune ou œCme roussAtrc. Cependant j'ai constaté, avec Mathieu de Dombasle, que la gaude qui a conservé eu séchant sa couleur verte, à cause de la rapidité de la dessiccation, est tout aussi riche en principe colorant cl donne d'aussi belles nuauces en teinture que celle qui est devenue jaune.
La gaude cultivée dans le midi de la France est plus petite, plus fine que celle du Kord et des environs de Paris. On prétend que la première est bien plus riche en couleur que la seconde ; cependant des essais comparatifs faits aux Gobelins ont donné un résultat contraire A cette opinion.
C^mpoaltltfB chlml«M«. — C'est principalement dans la partie su-
Vtali»aK^(ùff fe JJt*''*^' surtout dans les demiùres feuilles et les enve-
'"*" b s le principe colorant. M, Chevreul le pre-
''itéoline et l'a obtenu en cristaux aiguillés,
ds pur, U est complètement incolore;
294 SOIXANTE-HUITIÈMB LEÇON.
seulement, dès qu'il a le contact de Tair, il Jaunit, et par Taction des corps oxydants, notamment du bichromate de potasse, il acquiert une couleur Jaune intense, et constitue alors la véritable matière colorante qui se fixe sur les tissus. La lutéoline est accompagnée, dans la plante, de plusieurs matières azotées, d'une substance amère, d'un principe odorant, de sucre, d'acide tannique, d'un acide libre et d'un grand nombre de sels.
M. Moldenhauer qui, en i 857-1 858, a étudié la lutéoline puve, lui donne pour formule C^H^^O*'. Il la considère comme un acide faible. Elle est à peine soluble dans l'eau ; son véritable dissolvant est l'alcool ; elle se dissout aussi sans altération aucune dans l'acide sulfurique. Le perchlorure de fer donne à sa dissolution la plus étendue une belle coloration verte.
HM. Schûtzenberger et Paraf qui, en 1860, ont obtenu la lutéoline en belles aiguilles Jaunes d'une grande pureté, lui donnent une autre formule. Ils la représentent par C"H*'0", HO, et quand elle est complètement desséchée à -{- ^^0<» ou en combinaison avec l'oxyde de plomb^ par C«*H»0>^
Pour la préparer, ces chimistes ont épuisé la gaude par l'alcool, précipité la solution par l'eau et chauffé le dépôt avec de l'eau à -)- 250^ dans un cylindre en acier fondu fermé à vis. Ils ont trouvé, après refroidissement, les parois du cylindre tapissées de belles aiguilles, et au fond un culot de résine. Ces cristaux ont été purifiés par deux dissolutions dans l'eau réchauffée du cylindre, avant d'Otre analysés.
Les mômes chimistes ont constaté que ces cristaux, traités par l'acide pbosphorique anhydre, donnent une matière rouge qui se dissout dans l'ammoniaque en la colorant en violet. Ils considèrent la lutéoline comme un isomère du morin dont elle se rapproche par ses caractères.
Caractères disIlBciifs de la déeociioB. — La décoedon de gaude est d'un Jaune peu prononcé ; elle dépose bientôt des flocons d'un brun olivâtre qui sont formés de lutéoline impure et d'oxyde de fer ; elle passe peu à peu au roux, par suite de l'oxygônation du tannin ; clic rougit sensiblement le tournesol. Cette décoction, filtrée après le refroidissement, se comporte de la manière suivante avec les réactifs :
Alcalis solubles Virent la couleur au jaune d'or verdàtre.
Eaade cbaux. e.ux cal- 1 poncent U couleur.
caires )
Eau de baryte Précipité floconneux d'un beau jaune.
Acide azotique Fonce la couleur sans la précipiter.
Autres acides La troublent.
Alun Léger précipité jaune.
"cire" 'Xv;;;;.;: l'^'^-p"* i-- »"-<••"'•
„ ,, . . I Colore en brun olivâtre, et forme à la longue un
Sulfate femqae { p^^^jpj j^ ^run.