‹ Lecons de chimie élémentaireChapitre 2 sur 134 · NOTIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

NOTIONS GÉNÉRALES

SoMitiiiiE. — Coup d'<xil sur l'historkiae des hëtaix et sur Ica opinions qui oui été succc»siTemnnt proCesséiis à leur égard. — Dos alchimisies et de U pierre jAilotophole. — Théorie du plilogùiiqve . — Décuuvertos rciiiar [uables de sir U. Davy ; rédurlion des radicaux mélaltiquos des terres et des alcalU. — ' De l'analyse spectrale. — ClasaiBcatioD des métaux. — Propriétés générale* de cf>s corps. — Du briquet k ^az hydrof[éne. — Principes de iionieiiclaturo pour les composés des métaux et dei métalloldos.

lMr*FteRe« 4ea mélsBi. — Il GSl peu de corps, Messieurs, qui offrent autant d'inlërâl que les hëtaui, de quelque point de vue qu'on lesenvÎMge. Leur abondance dans la nature, les états varié» sous lesquels ils s'y présentent, leurs propriétés physiques si curieuses qui, loutes, ont donne lieu à des applications imporlanles, leurs caractères chimiques sî tranchés, et les phénomènes remarquables qu'ils manires-" lent dans leurs diverses réactions avec les autres corps simples ou com^ posés, cnfln l'immense influence qu'a exercée leur étude sur la marche et le perfectionnement de la chimie, et en général de toutes les sciences physiques : tout se râunit pour faire de cette classe d'éléments l'une des parties les plus attachantes de la science dont j'essaie de vous donner une idée claire et précise.

GiURotN. — lit f

Employés, tour à tour, pour détruire et pour édifier, les métaux ont les usages les plus étendus et les plus opposés. Ils sont les instruments de toutes les industries, les signes conventionnels de la valeur nominale des différents objets. Ils servent à la défense comme à la ruine des intérôls les plus chers. La médecine les utilise avec succès pour combattre les maux les plus redoutables. Le crime les fait servir à la réussite de ses coupables et homicides projets. Sans eux, enfin, la civilisation serait arrêtée dans sa marche, et nos cités, si belles et si florissantes, retomberaient bientôt, si elles venaient à les perdre, dans cet état de barbarie et de misère où sont plongées ces peuplades sauvages auxquelles l'usage des métaux est encore inconnu.

Hlstoriqne. — C'est dans l*Asie centrale qu'on s'accorde à placer les premiers efforts de l'industrie humaine ; l'Inde, la Chine, le Japon, la Perse, l'Asryrie, la Mésopotamie, la Chaldée, paraissent avoir été civilisées avant les autres ségions. Toutes ces contrées asiatiques sont riches en mines métalliques dont beaucoup sont superficielles, aussi n'est-il pas étonnant que les métaux qui se montrent à l'état natif, tels que l'or, l'argent, le cuivre, aient été recueillis et employés dans ces pays dès l'origine des sociétés.

A ces trois métaux, les premiers mis en œuvre, s'ajoutèrent l'étain, le fer et le plomb. Il est certain que, dès l'antiquité la plus reculée, il a été question de fondeurs de métaux, de forgerons, de fabricateurs d'armes et d'instruments aratoires. La Genèse nous parle de Tubal-Kain, le huitième homme après Adam, comme d'un ouvrier fort habile à travailler le fer et l'airain : ce fut lui, dit-on, qui fournit aux auteurs profanes le mythe de Vulcain.

Les Indiens, comme les Chinois, connurent de très-bonne heure les alliages métalliques, particulièrement ceux de cuivre, de zinc et d'étain, avec lesquels ils confectionnaient des armes, des miroirs, des ustensiles de cuisine, des instruments de musique; ils pratiquèrent la trempe du bronze, du fer, de l'acier; ils inventèrent les monnaies, le moiré métallique, la soudure avec le borax, certaines couleurs métalliques, les pierres précieuses artificielles, les onguents mercuriels, etc.

En Babylonie, on fabriquait des tissus de laine et de soie mélangés d'or et d'argent. Los Égyptiens, les Phéniciens, les Hébreux avaient des objets dorés et argentés, des émaux, des verres colorés, des emplâtres à base d'oxydes métalliques, et les premiers employaient déjà (1900 ans avant Jésus-Christ) des procédés analogues à ceux de la cuupellation pour purifier les métaux précieux ; ce sont eux aussi qui inventèrent le nieilage de l'argent.

La Grèce, par suite de sa constitution géologique, est une région passablement métaUifère. De très-bonne heure, on sut y exploiter les sept métaux déjà connus des peuples asiatiques et africains, et, d'après les recherches de M. Rossignol, ce furent des tribus asiatiques, exclusivement vouées au travail des mines, qui, sous les noms de Dactyles^ de Curetés^ de Corybantes^ do Cabira^ de DioscureSf de Teichines^ y importèrent les arts du mineur, du métallurgiste, du forgeron, du fondeur de statues, etc. — Les alliages furent mis en œuvre avec une rare perfection par les Corinthiens, et dans la Grèce on employait déjà plusieurs des composés métalliques, tels que la céruse, le minium, la lithargc, le cinabre, le vert-de-gris, la couperose, l'oxyde de zinc, l'oxyde de cuivre impur provenant de l'oxydation de l'airain.

Toutefois, les procédés de métallurgie sont restés grossiers jusqu'au huitième siècle, et le nombre des métaux connus des Romains, qui tenaient tout des Égyptiens et des Grecs, était réduit à huit ou neuf tout

«u plus. Cei métaux furent dËsignés pendant bien longtemps par les ■ Donis de planètes avec lesquelles lea anciens leur supposaient quelque rapport mystérieux, et ils étaient représentés dans les livres par lespnbole de la planète à laquelle ils correspondaient Ainsi :

L'or était le Soleil, et an le représentait par Q

Utigenl, ta Lune <i

Le mercure, Mercure 1>

Le cuivre, ViBU3 Ç ou ç

Lo fer, Mart C? au 1'

Véluin, Jupiler * ou Jf

Leplamb, Saturne Q

•• l**p« McrA au (II«1b. — Dès les temps les plus anciens, on trouve répandue en Asie el en Kgypte une opinion bien ainguHÈrc sur la nature des métaux, à savuir la possibilité de leur transmutalion les uns dans les autres, et, par conséqueni, la conversion en or des aulrcs métaux, qui étaienl regardés comme des ébauches de celui-ci, et gue, pour celle raison, on appeluil Tndaui vils, métaux imparfaits, demi-m('taux. Ces idées devinrent peu h peu la hase d'une science nouvelle, de l'art tofri ou divin, dont on trouve les premiers principes développés par les philosophes pnïens des premiers siècles de l'ère chrétienne.

Les opérations du grand œuvre ou de \'artsa/:ré étaient enveloppées de mystères, et le langage symbolique des maîtres, qui avait probublement une grande analogie avec le langage hiéroglyphique, n'élail compris que des initiés ; car 11 était défendu, sous peine de mort, de le révéler aux profanes. Le but principal était la découverte de la pierre philosophale, du metiurt des tayes, de la panacée universelle, qui devaient piocurer la richesse el la santé.

Celle pierre philosophale était tantôt le cinabre (sulfure de mercure), tantât le soufre ; pour les uns, c'était l'arsenic qui blanchit le cuii re ; pour les autres, c'était la cadmic qui le jaunit ; enlln, pour d'autres, c'était quelque chose de surnuturet, qui ne pouvait être saisi que dans certaines conditions physiques, e\traordin aires. Pour tous, la pierre pfailosophalc était une substance ayant la verlu de transformer les métaux imparfaits en or ou en argent, et do procurer ainsi immédiate- [Qenl la richesse ; et il ne fallait qu'une partie de cette pierre philosophale ou de cette poudre de projection, comme on l'appelait encore, pour convertir ài\ mille parties de métal imparfait en mêlai parfait.

Quanta la panacée universelle, qui donnait lo secrcl de guérir toutes les maladies cl do prolonger la vie mCme au delà du terme lixé par Il nature, les uns croyaient l'avoir trouvée dans une teinture mercurielle, les autres dans une teinture d'or ou d'argcni. Ces idées, ces recherches étaient d'ailleurs intimement liées aux mystères de la religion, do l'astrologie, de la cosmogonie; en un mol, li toutes les cooniÙMnca religieuses el spâoululivcs do l'hommu.

4 DlX-HUlTlÈME LEÇON.

De l'alchimie. — L'alchimie, qui est la chimie du moyen âge, de même que Vart sacré était la chimie des philosophes de l'école d'A- • lexandrie, avait les mOmcs doctrines. Mais au milieu d'une société où tout le monde croyait à l'influence d'êtres invisibles et fantastiques, au pouvoir occulte des démons, des anges bons ou mauvais, le phénomène physique le plus simple était supposé produit par une cause invisible et magique, par un agent surnaturel. Les sciences physiques étaient appelées ocmltes, et la chimie, art liermétique^ science noire, alchimie.

Du neuvième au treizième siècle, hormis les Grecs et les Arabes, toute l'Europe était plongée dans une profonde barbarie. Les Arabes embrassèrent avec ardeur ïes doctrines mystiques de l'art sacré et de l'alchimie, ils ontpubhé un grand nombre d'ouvrages sur l'art de transmuter les métaux, de faire de l'or et la panacée universelle. Mais ils portèrent aussi leur attention sur la préparation des remèdes, et, sous ce rapport, ils ont rendu de véritables services. La science garde encore des traces de leur influence, par les mots a/coo/, alkali, borax, elixir, laqtLCj alambic, colcothar, qu'elle leur a empruntés. Ce n'est pas aux Arabes, comme on l'a dit, que les Occidentaux doivent leui^ connaissances métallurgiques, mais bien aux Grecs et aux Romains .

Du treizième au seizième siècle, l'alchimie se répandit dans toute l'Europe et fut cultivée avec plus d'ardeur que jamais. C'est surtout pendant cette période, que l'histoire des métaux s'enrichit d'un grand nombre de faits. Soumettant ces corps à une foule d'épreuves dans leui*s opérations, qui duraient souvent des années entières, les alchimistes découvrirent plusieurs de leurs propriétés, obtinrent beaucoup de leurs composés, et même plusieurs métaux nouveaux, tels que le bismuth, l'antimoine et l'arsenic (1). <

Mais c'est aussi dans cette même période qu'apparurent les idées les plus extravagantes, relativement à la découverte de la pierre philosophale, et que surgirent un grand nombre de fourbes, qui, sous le nom de souffleurs, exploitèrent la crédulité publique et s'évertuèrent à substituer des supercheries à une science réelle. Promettant des richesses incalculables pai* le moyen de la transmutation des métaux, affirmant pouvoir multiplier l'or et l'argent à l'aide de quelques grains de poudre de projection, ils se faisaient remettre de grosses sommes d'argent par

(1) François Bacon dit, avec raison, (|u'on peut comparer l'alchimie à ce >ieux cultivateur dont parle Ësopo, et (lui, près de mourir, dit à ses fils qu'il leur avait laissé dans sa vigne une grande quantité d'or, mais qu'il no se rappelait pas bien l'endroit où il l'avait enfoui. £t voilà ses enfants retournant partout la terre de cette vigne ; ils n'y trouvèrent pas d'or & la vérité, mais, en récompense, comme ils avaient remué la terre autour des racines du ceps, ils eurent l'année suivante une vendange très-abondante. Tout en travaillant à faire do l'or^ les alchimistes ont allumé un flambeau, à la lumière duquel on a fait un assez gi*and nombre de découvertes et d'expériences utiles, soit comme éclairant rétudc de la nature, soit comme applicables aux usages de la vie. (Bacon, Deia dignité et de f accroissement des sciences^ liv. 1, page 32, édition Buchon, 1836.)

leun crédules clients, et ne taistaient dans leurs mains, en ïo sauvant après les avoir ruinés, que des alliages grossiers de cuitrc et de plomb. Ils se servaient, pour faire croire à la multiplication de l'or, de petites cannes métalliques creuses, avec lesquelles ils remuaient l'or qu'ils avaient fait mettre dans un creuset rouge de Tcu, au milieu d'une (bulc de matières hétérogènes et de la fameuse pierre philosophale. Après l'opération, on trouvait effectivement un poids d'or beaucoup plus conudéroble; mais le surplus proieuail de l'or qui remplissait les cannes métalliques, bouchées av«c de la cire noiie. D'aulies fois, c'étaient des cbarbons creux, remplis de poudre d'or ou d'argent, bouchés avec de la cire, que les soufneur* jetaient subtilement dans les eréusets o\\ devait s'opérer le grand œuvre. Quelques-uns, enfin, se servaient decreusets dont ils garnissaient le fond d'or ou d'argent, amassé en pâte légère; ils couvraient celle couche d'une autre piile, faite de la poudre même d'un creuset et d'eau gommée, qui cachait l'or ou l'argent ; ensuite, ils y jetaient le mercure ou le plomb, el, l'agitant sur un feu ardent, faisaient apparaître & la lin l'or ou l'argent caché dans le fond du creuset.

Un des meilleurs tours des souffleurs est celui que joua un Roie-Croix à Henri ]■', ducde Bouillon, prince souverain de Sedan, vers l'an 1630.

■ Vous n'avez pas, lui dit-il, une souveraineté proportionnée à votre grand courage; je veux lous rendre plus riche que l't^mpereur. Je ne puis rester que deux Jours dans vos litats.-il faut que j'aille tenir à Venise la grande assemblée des fri>ret: gardez seulement le secret. Envoyez demander de la litharge chez le premier apothicaire de votre Tille,Jelez-y un grain seul de lapoudre rouge quejc vous donne; mettez le tout dans un creuset, el en moins d'un quart d'heure vous aurez de l'or. •

Le prince fll l'opéralion, et la réitéra trois fois en présence du souffleur. Cet homme avait fait achrler auparavant toute la lilliarge qui était chez les apothicaires de Sedan, et l'avoit fait ensuite revendre chargée de quelques onces d'or, [/adepte, en partant, lit présent de toute sa pondre de projection au duc de Itouillon. — Le prince ne douta poi ni qu'ayant fait 3 onces d'or avec ^ grains, il n'en (It 300,000 onces avec 300,000 grains, et que, par conséquent, il ne fût bicnlAt possesseur dans la semaine de 37,!i00 marcs d'or, sans compter ce qu'il ferait dans la suite. Il fallait trois mois au moins pour faire celte poudre. Le philosophe Ëlalt pressé de partir ; il ne lui restait plus rien ; il avait tout donné au prince : il lui fallait de la monnaie courante pour tenir à Venise les états de la philosophie hermétique. C'était un homme Irî-s-modéré dans ses désirs cl dans sa dépense; il ne demanda que 30,000 écus pour son voyage. Le ducdc Itouillon, honteux du peu, lui en donna 40,000. Quand il eut épuisé toute la litharge dcScdan, il ne Ût plus d'or, il ne rcvil plus son philosophe, el en fut pour ses 40,000 écus.

6 DIX-HUITIÈMB LKÇON,

Toutes. les prétendues transmutations alchimiques ont été réalisées h peu près de cette manière.

Reckher et Glaubersonf, parmi les Allemands, les deux derniers chimistes qui aient osé avouer publiquement leurs travaux sur l'alchimie. A compter de ces deux hommes, les arrêts des parlements et plus encore le ridicule ayant tué l'alchimie, ce n'est que de loin en loin qu'on voit surgir quelqueé adoples dévoués qui tentent de faire revivre les folles croyances du moyen Age. C'est ainsi qu'apparaît le marquis de Saint-Germain à la cour de Louis XV, faisant des prodigalités auxquelles la fortune des plus grands seigneurs n'aurait pas suffi. Personne n'a su d'où il venait ; personne n'a su où il est allé, ni ce qu'il est devenu. C'est encore ainsi qu'on voit reparaître un vérilable alchimiste dans la personnede Price, en 1783. Priée, chimiste distingué, montrait, en Angleterre, une poudre rouge et une poudre blanche, propres à transformer le mercure en or ou en argent, à volonté. Il avait mi^me fait cette expérience devant nombre de personnes, publiquement, et à sept reprises différentes. Mais forcé d'opérer devant la Société royale de Londres dont il était membre, Price, poussé dans ses derniers retranchements, s'empoisonna en pleine assemblée, en i784, avec de l'huile volatile de laurier-cerise. — Sept ans plus tard, l'on renfermait au fort de San-Leo, prison d'État du Saint-Siège, le fameux Sicilien, Joseph Balsamo, qui, sous le titre de comte de CagliostrOy avait parcouru l'Europe entière, disant qu'il pouvait, grûce à sa science transcendante comme alchimiste, créer de l'or en abondance. Ce fourbe fit beaucoup de bruit en France, à cause de sa complicité dans l'affaire si connue du Collier de la Beine. La peine capitale, prononcée contre lui, en i79l, par le tribunal de l'Inquisition de Rome, fut commuée en une détention perpétuelle.

Théorie de Simhl. — Mais laissons \h l'alchimie, qui était expirante à la fin du seizième siècle, et voyons quelles furent les idées qui remplacèrent les rêveries des siècles passés sur la nature des métaux. Ernest Stahl, élève du chimiste Beckher, émit sur les métaux, au commencement du dix-huitième siècle, une théorie qui a eu un bien grand retentissenient et qui a régné jusqu'à la révolution chimique opérée par Lavoisier (i). Il regarda ces corps comme des composés de chaux ou terre métallique et d'une certaine substance élémentaire sui generis à laquelle ils doivent leur combustibilité ; c'est le phlogistique. Pour chaque métal, s'adjoignait en proportions différentes à ces deux composants un troisième principe qu'il nomma terre mircwrieUe,

(1) Gcorges-Brncst Stalil, né àAiispach (Bavière) en ICCO, est un de^ plus jçrand» génies du dix-septième siècle. A Tâgo do quinze ans, il répétait d'un hoxxils. Y tiVi\r(i\2i Chimie philosophique de Barner, qui était alors l'ouvrage le plus célèbre sur cette matière. 11 se fit médecin, et en 1716 il devint premier médecin du roi do Prusse. C'est en l72iJ «lu'il publia ses Principes de chimie. Il mourut en H^M.

DES SIËTAUX. 7

GénéraliMDt ses idées, reconnaîuBnt Is nécetaité du feu peur la produclion de tous les pbénomËQCt, et remarquant les changements qu'il opère dans les caractères du sourre et des métaux, Stahl considéra la eûmbmtion comme l'acte Tondamcntal de la science chimique, et il fit dépendre de son explication celle de tous les faits connus de son temps, en sorte que, le premier, il eut l'heureuse et philosophique idée de réunir toutes les parties de la science cl d'en former un corps de doctrine, ce qui contiibua singulièrement à son développement.

Dans les idées de Stahl, tous les corps combustibles renfernient do pUogi^içue. I.a combustion a lieu, parce que le phlogislique se dégage de* corps ; une fois privés de ce principe élémentaire, ceux-ci deviennent incombustibles. Toutes les fois, au contraire, qu'il est absorbé pardes corpa incombustibles, ces derniers acquièrent de la combuilibililé. Le pUogistiqve, en se dégageant, est affecté d'un mouvement violent de tournoiement, d'où naissent la chaleur et )a lumière qui se produisent dans l'acte de la combustion ; la chaleur et la lumière sont donc seulement deux propriétés du pUogistiqtie en mouvement. Les métaux que l'on calcine changent d'aspect et perdent leurs propriétés caractérisliques,parce qu'ils laissent échapper le pltlogUtique qui était combiné à leur propre substance ; ih reviennent k l'état métallique, quand on leur restitue ce principe essentiel, en les chaufTant avec du charbon, des graisses ou des huiles, etc. Pendant la combustion des végétaux, il s'6chappe en huile volaille, ou bien il reste en partie avec 1e charbon, s'il n'y a pas eu contact avec l'air, etc. En un mot, les propriétés des corps et les phénomènes qu'ils manifestent dans loulcs leurs réactions mu* Inellea ont pour cause unique l'absence ou la présence, le dégagemen ou la fixation de cet être imaipnaire, le phlogûiiqtu, dont Stahl fit ainsi un agent universel.

Cette théorie, tout erronée qu'elle fût, charma par sa simplicité et ne tarda pas à être universellement adoptée. Développée et plus ou moins modiliée par les successeurs de Stahl, elle a régné sans partage et a sufll aux besoins de la science pendant plus d'un demi-siècle. Les fausses idées qu'on professait du temps de Stahl sur la nature chimique dns métaux n'empi^chèrcnt pas qu'on ne signalât leurs propriétés les plus remarquables et les altérations chimiques qu'ils sont susceptibles d'éprouver par les divers agents; aussi leur étude fll-elle de grands progrés pendant la période de la théorie slahlicunc. Le cobalt, le pla< tine, le manganèse, le tungstène, le molybdène, furent découverts et assez bien caractérisés par les chimistes do cette époque.

Tbterle 4e LavoUler, — Il Ruftisail, pour renverser la théorie de Stahl, d'examiner attentivement ce qui se passe dans l'acte même de la combustion et de tenir compte de tous les phénomènes produits. C'est ce que Urent 1-avoisier et Bayen, â partir de 1772 h 177*. Lavoisier ayant remarqué, dès I7Î2, que le phosphore, le soufre et plusieurs métaux augmentent de poids pendant leur combustion, en conclut que.

loin de perdre un de leurs principes constituants, comme Stahl le supposait, ils fixent une partie de l'air et augmentent de poids. Bayen démontra ensuite d'une manière rigoureuse, en 4774, que l'oxyde rouge de mercure perd de son poids quand on le calcine en vases clos, sans l'addition d'aucune substance combustible, et laisse échapper un gaz particulier qu'il recueillit, mais dont il n'examina point la nature. Déjà, en 1489, Eck, de Sulzbach, avait reconnu que les métaux augmentent de poids quand on les calcine, et que cette augmentation vient de ce qu'un esprit s'unit au corps des métaux ; et ce qui le prouve, ajoutet-il, c'est que le cinabre artificiel (il désignait ainsi l'oxyde rouge de mercure), soumis à la distillation, dégage un esftrit. — Il ne manquait plus, comme vous le voyez, que de donner un nom à cet esprit y de l'appeler oxvGÈNE, de dire qu'il existe dans l'air, pour éviter à Lavoisier et à Priestley la peine de découvrir ce qui avait déjà été découvert près de trois siècles avant eux !

Ces faits, inexplicables dans la théorie de Stahl, engagèrent le célèbre Lavoisier dans une suite d'expériences ingénieuses qui le conduisirent peu à peu à la découverte capitale de la nature complexe de l'air atmosphérique et de la simplicité de nature des métaux. 11 étudia, avec un semblable soin, la dissolution des métaux dans les acides, la décomposition des acides et de l'eau par les métaux, et démontra, de la manière la plus évidente, que ces corps sont des substances élémentaires, indécomposables, susceptibles seulement de changer d'état, par suite des altérations que leur font éprouver les autres corps avec lesquels on les met en cofitact.

Les chimistes modernes qui ont le plus contribué à compléter l'œuvre de Lavoisier, relativement à l'étude des métaux, sont : Klaproth, Vauquelin, Wollaston, Smithson-Tennanl, Davy, Berzolius, Woehler, Mosander, H. Rose, Bunsen et KirchhofT.

Découverte capitale de sir H. Davy. — Le fait, sans contredit, le plus saillant dans l'histoire des métaux, c'est la découverte des radicaux métalliques de la potasse, de la soude, delà chaux, de la baryte, de la strontiane, qui, jusqu'en 1807, étaient considérées comme des substances simples et désignées sous les noms d'alcalis et de terres alcalines. Sir IL Davy, dont j'ai déjà tant parlé, ayant été conduit, par des expériences sur le galvanisme, à reconnaître que la pile vol laïque est un puissant moyen de décomposition et qu'il n'y a aucun composé qui puisse résistera son action, quand elle est suffisamment énergique, eut l'heureuse idée, au mois d'octobre 1807, d'essayer l'action de grands appareils galvaniques sur la potasse et la soude, et il parvint à les décomposer en oxygène et en métaux . Voici comment il opéra :

Il mit un morceau de potasse caustique, humecté d'un peu d'eau, sur une plaque de platine communiquant avec le lil positif d'une pile de 250 couples, et il amena sur la potasse le fil négatif de cette pile (fig. 332).

DES UÉTAtJX. 9

A, pile à auges ; B, (11 négntif de la pile ; C, fli posJtif de la plie ; d,

plaque de platine raua laquelle on altnchele 111 positif C.«, morceau de

potasse sur lequel on abaisse le Bl négatir B de la pile.

Davy vit bientôt des bulles de gaz se dégager au pAle positif (c'était

Fi'g. 331. — Ddeompotition de 1i polnsff |J»r l'élcctriciie.

de l'oxjgëne), tandis que le fil négatif se recouvrait de petits globules métalliques semblables à ceux du mercure. Quelques-uns brûlaient avec explosion el llamme vive à l'instant où ils étaient formes; d'autres subsistaient, mais ils ne tardaient pasàétre ternis, et finalement couverts par un enduit blanc qui se formait à leursurfacc. Davj reconnut dans ces globules le radical métallique de la potasse, qu'il nomma pottusiiim (<).

Il isola de la mâme manière le métal delà soude, et conclut, paranalogie, que la baryte, la stronlianc, la chaux, la magnésie et les autres tares ne sont que des oxydes métalliques comme la potasse et la soudjc.

Ces mémorables expériences du chimiste anglais, les plus belles, assurément, de la chimie moderne ; ces brillantes conceptions sur la nature des terres, qui, plus lard, ont été justifiées par la pratique, ont causé une véritable rë^olulio^ dans la science, et lui ont fourni deux Aei plus puissants agents qu'elle possède, le potussium et le sodium. EUcs méritèrent â sir H. Davy le prix institué sur le gnlvaniime par Napoléon I", et qui lui fui décerné pnr llnslitut de France, en 1807, au moment où la guerre la plus animée divisait la France et l'Angleterre.

DéceNVerte de Iflrekkoir et Banaen. — Une aiilrc découverte, plus Tjcentc et non moins considénble qna cette de H. Davy, c'est celle qui est due kUH. Kirelihoffel Runsen. En I8G0, ces doux professeurs de l'L'niïursîté d'Ilcidelticrg ont fait intervenir, pour la reclicrclie des corps, non plus l'électricité, mais la lumitre, qui est devenue entre teun msins un agent d'analyse d'une délicatesse inflnie, leur révélant l'existence de métaux inconnus.

Pour que vous ayei une idée surHaante de cette nouvelle méttiodc si ing^ nieuse, force m'est bien d'entrer dans certains dOiaili que ]o circonscrirai toutefois le plus [loisible.

(I) Le célèbre chimiste an)(1nis avait une iniat(insl>oi> si poétique et tellement sujette à l'enthousiasme que, lorsqu'il obtint pour la première fois le poiaisiam, il éprouva uns sorte do join folle et dansa dms son lal»rstoire.

L'împrossion que la lumière réfléchie par une surface fait sur Torp^ano de la vue, est ce qu'on appelle une couleur.

Newton, célèbre physicien anglais du dix-septième siècle, reconnut, le premier, qu'on faisant passer un rayon de lumière à travers un prisme triangulaire de verio, ce rayon produit une image ou spectre composé de sept rayons différemment colorés et disposés constamment, les uns par rapport aux autres, dans l'ordre suivant : rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo ou pourpre, violet. Il en tira cette conclusion, admise généralement depuis, que la lumière blanche émanée du soleil est composée des sept couleurs précédentes.

Parmi les corps de la nature, les uns absorbent complètement les sept rayons lumineux qui tombent sur eux, et, dès lors, ils sont noirs, tandis que d'autres les réfléchissent ou les renvoient de leur surface, et, dans ce cas, ils sont blancs. Mais il est des snbstahces qui, comme le prisme, jouissent de la faculté de décomposer la lumière blanche, d'en absorber certains rayons colorés et de réfléchir les autres. C'est là ce qui produit la différence des couleurs que nous remarquons sur les corps. Un corps est rouge, lorsque sa surface réfléchit le rayon rouge et absorbe tous les autres ; il est bleu, quand c'est le rayon bleu qu'il renvoie à nos yeux, et ainsi de suite. Les combinaisons très-variées des rayons i-éfléchis donnent lieu aux innombrables nuances des couleurs que nous percevons (1).

L'exkmen plus attentif du spectre solaire a fait reconnaître h, Wollaston, puis h Fraunhofer, des lignes ou raies noires très-nombreuses, plus ou moins marquées et irrégulièrement distribuées dans les sept couleurs principales^ mais occupant toujours la même place» ce qui en fait de véritables repères. Ces raies sont dues à l'absence, dans la lumière solaire, de certains rayons simples, d'oii résulte cette conclusion que si cette lumière contient des rayons de toutes les couleurs, elle ne renferme pas rigoureusement toutes les nuances appartenant h chacune des couleurs.

Les flammes, dépourvues de toute trace de vapeur métallique, ne montrent aucun indice de ces raies noires ; mais si l'on introduit dans leur intérieur des composés métalliques susceptibles de se réduire en vapeurs, on voit aussitôt apparaître dans les spectres de ces flammes certaines raies brillantes, qui varient on nombre, en position, en étendue, en couleur et en édat» avec la nature de chaque substance employée. De sorte que chacun des métaux imprime au spectre des flammes au sein desquelles sa vapeur se répand un caractère propre qui signale sa présence : le sodium donnant une raie jaune, le potassium une raie rouge et une raie violette très-éloignéo» l'une de l'autre, le baryum de belles raies vertes, etc.

Notez qu'aucune des réactions chimiques connues ne manifeste une pareille sensibilité, puisque des millionièmes do milligramme sont facilement accusés par cette nouvelle méthode d'exploration qui tient, pour ainsi dire, du prodige. C'est grâce à elle que MM. Kirchhoff et Bunsen ont reconnu l'énornne diffusion dans la nature du lithium, jusqu'alors réputé si rare, et découvert dans certains produits minéraux deux nouveaux métaux, l'un caractérisé par deux belles raies rouges qu'il produit dans le spectre, ce qui lui valut le nom de rubidium (du latin rubidus, rouge\ l'autre par deux raies bleues, ce qui lui fit donner le nom de cœsium (du latin cœsius, bleu).

C'est encore par le môme procédé d'analyse, désigné sous le nom d'analyse

(1) On lit, dans un ouvrage fort amusant du célèbre Goethe, que les fabricants de mosaïques, h Rome, emploient 15,000 variétés de couleurs ; chacune de ces variétés a 50 nuances, depuis la plus foncée justju'à la plus claire, ce qui fait 750,000 teintes différentes que les artistes distinguent avec la plus grande facilité. On croirait qu'avec un pareil choix de couleurs, il n'est'pas de peinture qu'on ne puisse reproduire avec exactitude ; cependant les ouvriers, au milieu d'une si étonnante profusion, manquent souvent de nuances indispensables.

«pMfm/;, que MH. Crookm et Lamy onttrouTddtnB lei boum dMcltimbraJde plomb un »atre méul Tort curieux qui sa di«tingne de tous Ips autrni par I* nie TPrte eUrGmcment brillante qu'il fkit naîtra dans le spectre, d'où lui «st Tenu »on nom de tkalhmn (du grec thallitt, bourgeon),

Uate d*a mfiteax BctBallcmcMt c«hm«b. — Le nombre des métaux s'esl «ingiiliù renient accru, tuHoiit depuis le commencement du dix-neuTième siècle ; il est actuellement de 50. Voici l'indJcalioD de. l'époque précité delà découverle de chacun d'eux :

KOUS DES >ÏTAril. «rTEtSB ET trOQUES DK I.EI D DfCOUVnTE.

Argeot 1

Fer f

Cuiire > Connus dp toute antiquité.

Mercure L

Plomb ]

£uin /

Cobalt Connu des Romains. — Mentionné pour la premlbre

Tola par Paracelsp. — Isolé et dicrit comme non-

»eau métal par Bnndt, en l'*ï.

Kkkel Connu des Chinois depuis une haute antiquité. —

Isolé et décrit pour la première foia en Europe,

par Cronatadt, en I7&I.

Zinc ■ . Connu des Chinois. — Paracolse en Tait mention le

premier sous son nom actuel. — Paracelse mou-

rut en 1511.

Aniimoina Connu trèa-probablement des Romains. — Indiqnf

et étudié par Basile Valentin, vert la fin du quiii-

ilème siècle.

Platine Connu très-probablement des Romains. — Introduit

en Europe par Ch. Wood, essayeur t, la Jamaïque,

enllW.

Bismuth . . . Indiqué pour la première Tois, sou* le nom de Wii-

niulli, par Basile Valentin, *ers la Hn du qiliniièine

Manpm^. , .. Sclieele et Gahn, en l'I*.

Tungstène Soupçonné par Bergmsnn en 1'*8. — Constaté par

les frère» d'Elhuyart, en UNI.

Molybdène Souptonné par Bergmannen 1778. — Constaté par

Hielmenllgl.

TiUne Grégnr et Klaproth, de 1791 à l'!li.

Chrome Vauquelin, en 1797.

Tanule ou Cotorobium , Hatclietiet Ekeberg, de 1801 b 1803.

îl^''^'"'" i Wollaston, en 1803.

Rbodiiun '

Iridium Deiicollls et Smiibson-Tennant, en 1803.

Osmium Smilhaon-Tennant, en 1803.

Cérlum Hisinger et Benelius, en 1803.

'Tf"'""» isirlI.Davy.enl807.

Sodium I

^*'"'" 1 Indiqué* par sir II. Daiy. et isolé» par Secbecli, de

"'ï"" ( IB«7i>ll»8.

Strontium , '

CaBmium Henntnnet Stromeyer, de 1817 à 1818.

Lithium Arfwedson, en 1817.

Zirconium Berzelius, en 1824.

Aluminium Woehier, en 1827, l'obtient en poudre et impur. —

En 1854, M. Sainte-Claire Devilie réussit à l'dvoir

en lingots métalliques et pur.

^""."?' I Woehier. en 1828.

Glucinium )

.Magnésium Bussy, en 1829.

Thorium Berzeiius, en 1829.

Vanadium Entrevu par Del Rio, en 1801 ; obtenu par Sefstrom

en 1830.

Lanthane Mosander, en 1839.

Uranium '. Péligot, en 184 1 .

Didymium ou Didyme... Mosander, en 1842.

Terbium ) .- , .^.o

p . . [ Mosander, en 1843.

Niobium..... H. Rose, en 1844^

Ruthénium Entrevu par Osann, en 1828. — Constaté et obtenu

par Claus, en 1845. Ilménium Hermann, en 184G.

Rubidium ) Kirchhoffet Bunsen, en 18G0.

Coesium )

Thallium Entrevu par Crookos en 1860, reconnu comme meta

nouveau en 18G1 par Lamy.

Indium Reich et Richter, en 1803.

Je dois vous avertir que les dix derniers métaux ne sont pas encore trùs-bien connus dans toutes leurs propriétés.

ClmssIfleatloB. — Quand le nombre des métaux était borné à dix ou douze, il était facile de retenir leurs propriétés individuelles et de les distinguer les uns des autres. Mais il en est tout autrement aujourd'hui. La mémoire la plus étendue ne pourrait conserver le souvenir du nombre immense de faits qui composent l'histoire particulière des cinquante métaux connus, et l'on sent la nécessité de les disposer méthodiquement, en ayant égard à quelques-uns de leurs caractt^res les plus saillants, et qui soient comparables.

Depuis Macquer, plusieurs classifications ont été successivement suivies ; mais, à mon avis, il n'en est pas de plus ingénieuse et de plus commode que celle imaginée par Thenard. Cette classification repose sur l'aftinité plus ou moins grande de ces corps pour l'oxygène, affinité mesurée à l'aide de quatre moyens différents, à savoir ;

4» Par la manière dont ils se comportent à l'égard de l'oxygène gazeux. Les uns peuvent s'unir à- ce gaz à différents degrés de température et se transformer en oxydes ; d'autres, au contraire, sont impropres à s'y combiner dans les mOmes circonstances. Ainsi, tandis que l'or, l'argent, le platine ne peuvent jamais absorber l'oxygène gazeux, le cuivre, le plomb, l'antimoine, le mercure, s'y combinent à l'aide de la chaleur; le fer, le zinc, le manganèse, le potassium, le sodium, s'oxy-

dent à la température ordinaire. Les trois derniers sont mOme si oxydor blés, qu'on ne peut Ica conserver avec tout leur brillant que dans de l'huile de napble.

Vous avez tous observé avec quelle promptitude le fer poli se rouille au contact de l'air. Eb bieni celle rouille n'est que le résultat de son oxydation, c'est un oxyde. Vous avei déjà vu le fer brûler avec UDe vive énergie au sein du gaz oxygène pur(/îff. S33), et se réduire en globules noirs et cassants, qui sont un o\yde dilTérent du précédent. Martelez une barre de fer rouge de feu sur une enclume, et bientôt il s'en ^s- "». - coBabuKion .■« du détachera de larges écailles brunes, qu'on " "" "''*"'■

appelle vulgairement des battiiurei. C'est encore un oxyde de fer.

I.e zinc cbaulfé au contact de l'air brûle avec lumière, en se convertissant en une substance blanche floconneuse (/!g. 334) que les alchi-

Bg.3

- Oifditioo di

mistea nommaient dans leur langue métaphorique : nibil lUbum ou rien blàm, lana philoiopliica ou laine des philosophes, h cause de sa grande légèreté. Ces I de l'oxyde de ïinc.

a* Par la facilité plus ou moins grande avec laquelle la chaleur décompose ou réduit les oxydes métalliques (l). Les uns sont désoxygénés à des températures plus ou moins élevées : tels sont ceux d'argent, de

(I) Hédaclion est lo plus souvent, dans le langaRO des cliimislt^s, synonyme do 'létoxygénation. On rédail un oiydH métalli([Uu, c'csl-à-diro qu'on In ramène à l'état da méul [lur, soit en expulsant son oxygiïne k l'aide de la chaleur, soit on enlevant cet oxygène nu moyen de certains corpa i|ui ont une très-grajidii aTHnilé pour lui, tels, par exemple, que l'Iiydrogèiie, lo charbon, etc. Les corps qal agiiscnt ainsi sur liis oxydea sont désignés d'une manière générale par 1« d'iiom aytiit* ridaett»rt.

14 DIX-IIUITIÈME LEÇO.N.

mercure (fig. 33S] ; les autres ue peuvent éprouver cet elTet & quelque (umpérature que ce soit : tels sont les oxydes de cuivre, de plomb, de :, de Ter, d'élain.

i]rd< d'arfoit pu la diilenr ém m libe di

3°ParIeinodcd'uctioa des métaux sur l'eau ou sur sa vapeur.— Il y eu a beaucoup qui peuveut la décomposer et s'emparerde son ouygènc,

tandis que certains n'exercent aucun elTcI sur elle. Faites passer de l'eau en vapeur sur du Ter, du zinc, de l'étain, de l'antimoine, placés dans l'intérieur d'un tube de porcelaine rouge de feu {fig. 336), vous obliendrei du gaz hydrogène eu grande quantité, et ces métaux seront oxydés

Plusieun autres produisent ce réeullal à la température ordinaire. De ce nombre est le mëlal^de la potaase, le polaesium, qui, dans son contact avec l'eau, pré»enlc des phéiiomènea assez curieux.

Je Jette, Messieurs, un globule de ce métal dans l'eau (1^. 337) ; ïoyez-le s'agiler rapidement et fournojer à la surface du liquide, puis, presque aussitAt, s'envelopper d'une llammc rougeStre un peu violette. AprËs ces singuliers phénomènes, il vu. disparaître en faisant entendre une légère crépitation. Ces eiïets sont dus à la décomposition de l'eau, et k l'inilammation du gaz hydrogène par tuile de la haute température développée par la réaction du métal. L'oxyde de potassium formé, on la [lOlasK, se dissout dans l'eau, qui yossède alors la propriété de verdir le sirop de violettes, ainsi que vous allez en être témoins. Si l'on met un globule de potassium sur un morceau de glace, le métal brAle avec une flamme vive colorée en rose, et il se forme sur la glace un creux qui contient une solulion de poiaste.

Je vais vous démontrer que c'est bien du gaï hvdrogcne qui est ainsi mis en liberté dans ces circonstances, on répétant l'expérience précédente

sous une cloche pleine de mercure, dans laquelle J'introduis successivement un peu d'eau distillée, et un fragment de sodium enveloppé de papier Joseph pour le garantir du mercure qui le dissoudrait (Jlg.

338). I.e gai qui se réunit au hautde'Ia cloche s'enflammera par l'approche d'une bougie allumée, en brûlant avec une flamme 1res- pâle sans laisser de résidu.

i* Par la manière dont les métaux réagissent sur l'eau en présence des acides énergiques.

— Les uns op'éreni, dans ce cai, sa décomposition à la température ordinaire, et donnent lieu à un dégagement d'hydiogénc. Vous m'avez vu produire ce résullat, lorsque J'ai versé do l'adde sulfurique étendu d'eau sur du linc ou

Hff. «T. - A

Fig. 339. •— Dissolution du zinc dans l'acide sulfuriquo faible.

du fer (/Ig. 339), — C'est sur cette réaction qu'est basé le procédé habituel pour obtenir le gaz hydrogène.

Mais beaucoup d'autres métaux, tels que l'étain, l'antimoine, le cuivre, le plomb, l'argent, ne pourraient remplacer le zinc ou le fer

dans la préparation de ce gaz au moyen do l'acide sulfurique , attendu qu'ils n'ont pas d'action sur l'eau dans cette circonstance.

C'est en faisant usage des quatre caractères qui précèdent et qui, comme vous le voyez , Mes sieurs , indi quent une seule

et môme chose, la tendance relative des différents métaux pour l'oxygène, que l'illustre Tlicnard, il y a environ cinquante ans, les a groupés en six sections. J'adopte ce mode de classification, mais avec les modifications que les progrès de la science y ont apportées depuis 1834. ClAMlflcatloM de Thcnard. —Dans cette classification, les métaux les plus oxygénables composent les premières sections, et ils sont placés,, d'ailleurs, à la suite les uns des autres, dans chaque section particulière, d'après leur plus grande tendance pour l'oxygène. Ainsi, le potassium, qui de tous est celui qui montre le plus d'affinité pour ce gaz, est le premier de la première section, tandis que l'iridium, qui paraît avoir la plus faible affinité pour l'oxygène, est le dernier de la dernière section. Ces rapports, ainsi bien établis, sont très-commodes pour prévoir à pnon les phénomènes de combinaison et de décomiîosition que les métaux peuvent présenter à l'égard de leurs composés respectifs* Cette classiiScation a encore cet avantage que, dans presque toutes les circonstances, les différents métaux d'une section se comportent de la même manière avec les divers agents que l'on peut faire réagir sur eux : en d'autres termes, ils ont, à peu de chose près, les mêmes propriétés chimiques, en sorte que l'histoire de l'un aide singulièrement a comprendre l'histoire de ceux qui le suivent dans la même section.

C'est à l'aide de pareilles méthodes philosophiques que la science se perfectionne et devient d'une étude plus facile et plus attrayante* Voici le tableau de la classification que Je suivrai dorénavant.

iHili ii

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