‹ Lecons de chimie élémentaireChapitre 76 sur 134 · DU SULFATE DK FER · texte numérisé non relu

DU SULFATE DK FER

- Voici quelle est ea compotition :

Acide ïuirurique &J,fi1 39,00

Proloiyde de ttr t:,sT Î5,tî

Ebd combinée ■ ii,'>t

lUO.OU 100,(10

llcslrepréseatéparles rormuleaiuivaiiles:

€^p*«ltr«adUtlKetirB.— Pur, il se présente en gros prismes rhomboldaux obliques Ifig. S59) transparents, dun beau verl d'émeraude. il a une uveur d'encre très-proDoncËe.

Il est légèrement effîorescent, et, A la langue, il 80 couvre de taches d'un jaune rougefllrc due» h une suroxydation du proloiydc ; c'est un sousnitrale de peroxyde qui se produit et qui a pour formule SO', 3 Fc'O'.

100 parties d'eau à -f ]]>" en dissolvent 70 parties, et, à l'ébulliliOD, f^j^ SSO. - Funre cmlalline d* i»

333 parties 1/3. 1^ solution est d'un couperoK.

verl clair; elle a loiyoura une réaction acide. Au contact de l'air, elle absorbe rapidement l'oxygène, devient d'un vert foncé, puisrougeûtre; cUu laiese déposer du sous-sultute ferrique, et ne retient plus en dissolution que du sulfate neutre de peroxyde ; Fe'0»,3S0'.

Le seul moyen de préserver cette dissolution de l'oxydation, c'est de la renfermer dans un llacon avec des baguettes de fer qui plongent dans toute la profondeur du liquide.

Tons les corps oxydants, chlore ou liypoclilorites, acides h ypoaio tique ou àiotique, permanganate de potasse, convertissent le sulfate de protoxydecn sulfate de peroxyde. C'est ce qu'il est facile de reconnaître au moyen des réactions suivantes : la solution de couperose pure et récente ne prend aucune coloration avec le eulfoq/anure de fiotaniutn, et fournil un beau précii>ilé bleu avec le prussiale rouge de potasse. Après l'aelion des corps oxydants, le sulfocyanure lui communique une magiiillque couleur rouge intense, et te prussialc rouge ne la prÉcipile plus : deux caractères dislinclif« des sels de scsquioxyde de fer.

Le sulfate de protoxyde de fer peut à son tour servir d'excellent réacf if pour reconnaître dans une liqueur la présence de l'acide azotique libre ou combiné. On délaye, pour cela, une petite quantité de ce set finement pulvérisé dans de l'aci le sulforique pur et on y ajoute quelques gouttes delà liqueur à essayer; pourpeu qu'elle contienne d'acide

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azotique ou d'azotutCi il s'y produit immédiatement uoe coloration rose ou brune, suivant la proportion de l'acide azotique; mais il faut avoir soin de ne pas mettre trop de la liqueur, autrement le mélange s'échauffe et la coloration disparaît.

Lorsqu'on chauffe brusquement au rouge le sulfate de protoxyde, il éprouve la fusion aqueuse, se boursoufle, pei-d son eau de cristallisalion et devient blanc grisâtre. A une température plus élevée, il se décompose en donnant du gaz sulfureux, de l'acide sulfurique anhydre, et du peroxyde de fer :

2 (FeO,SO») = S0« -f SO» -f Fe«0».

Emploi du Coleoihar. — Le sesquioxyde de fer, ainsi obtenu, est d'un beau rouge. Basile Va'entin l'a nommé le premier colcothar; il est encore appelé, dans le commerce, rouge d Angleterre^ rouje de Piiisse, Il sert, en raison de sa dureté, à polir les glaces, les pierres dures, l'acier, les métaux, l'argenture, et, en raison de sa couleur, dans la peinture à l'huile, dans la coloration des porcelaines et des émaux. — Délayé dans un mélange de résine et de suif en fusion, il constitue le mastkdes fontainiersj dans lequel les ouvriers ajoutent souvent de la brique pîlée et tamisée.

On l'emploie aussi comme poudre à rasoir, mais alors on le prépare d'une autre manière, en calcinant au rouge vif de la couperose môlée avec 3 fois son poids de sel marin. Le peroxyde de fer, au moment de sa formation, se trouvant en présence d'un sel fusible qui lui fait prendre l'aspect cristallin, il affecte, dans ce cas, la forme de lamelles micacées, d'un violet presque noir, semblables aux cristaux de fer oligisie des volcans. Le sel marin se volatilise en grande partie et n'agit que mécaniquement dans cette préparation. Le produit de la calcination est lavé, soumis à des lévigatu»ns, ce qui fournit une poudre d'un brun chocolat, tn^'s douce au toucher. C'est cette poudre qui, porphyrisée avec de l'émeri de première qualité, et incorporée dans du suif, constitue la pâte dont on se sert généralement pour affiler les rasoirs.

Fabrif ailon de la Couperose. — On prépare la couperose très en grand, dans plusieurs départements, en lessivant les pyrites martiales eftleuries au contact de lair, comme je le dirai bientôt, ou en traitant les vieilles ferrailles par l'acide sulfurique ne marquant que 12 à 15*. C'est ainsi qu'on opère à Paris, à Honfleur, à Lyon et dans d'autres grandes villes manufacturières.

On utilise pour cela, d'une part, les eaux acides qui proviennent de l'épuration des huiles, et, de l'autre, les tournures de fer partiellement o\ydée8 que fournissent le tournage et le forage des outils de ce métal.

L'acide faible et impur est d'abord porté h une certaine température dans des chaudières en fonte doublées de cuivre ; on y introduit les

Durea par Tracions ; elles «! diseoltenl rapidemeni; l'hydrogène, e dégage en abondance par tuile de la décoioposition de l'eau, ente dans une cheminée d'appel lei vapcurg infectes duet aux mas buileuseï donl l'acide esl Bouille.

'Tsqueleliquidenediitout plusdefer, on le concentre Jusqu'à pele ; on le laine en repoi pendant quelque tempi pour qu'il abanlelei maliëret en luspension qui le troublent, puis on le décante ■ des crislallisoirs en boii doublés de plomb. I.e sulfate de fer le «e en beaux cristaux verdàlres tant sur les parois des bassins que M perches en bois qu'on fait plonger dans la liqueur,

•rIAtcc comiBerclalM tm Cvaperiiae. ~- Dans le commerce, on Dgue les divenes espaces de couperoses par les noma des pays de icalion. On connaît donc i les couperose» de Parti, de Ronfleur, de . rdir, de Forges, de fioiunvtUn-, à' Angleterre, û' Allemagne. Toutes

impures ; elles renferment presque toujours un excès d'acide, du lie ferrîque, et parfois de l'alun, des sels de chaux, de magnésie, de , de manganèse et de cuivre, l.cs couperoses fiLbriquées de toutes M sont les moins impures. Pour dissimuler leur grande acidité, affaiblit leur couleur, les fabricants ont pris l'habitude de les colom vert foncé au moyen d'un peu de noix de galle ou de mélasse, xialeur foncée des couperoses n'est donc pas un indice de bonne iit4, comme le supposent les teinturiers et les autres industriels qui sat us^e.

but éviter d'employer les couperoses acides pour le mordançage tÛH», attendu que l'excès d'acide sulfurique attiLque le colon et ilofTei en général et rend ces substances dures et cassantes. Les Miotes cuivreuses et celles qui contiennent beaucoup de sulfate ique ne conviennent nullement pour monter les cuves d'indigo & I. On reconnaît tr6s-aisément les couperoses cuivreuses, en pionil dans leur dissolution une lame de fer bien décapée qui, au bout (aelquet miaules, se recouvre d'un enduit rouge de cuivre métale, "■riacMlioM des CoBperosM. — On peut très-aîsément purifier

couperose et lui enlever l'excès d'acide suUurique et les petites nlîtës d'oxyde de cuivre ou de peroxyde de fer qu'elle contient. On ra de la manière suivante :

a met 29 kilogr., par exemple, de «ouperase impure dans une cliau- -e de fonte avec 40 litres d'eau et I kil. de limaille de for ou de lie ferraille. On fait bouillir pendant quelques heures. Le fer, s'il y iCès d'acide, détermine la décomposition de l'eau, et la production oe quantité proportion nei:e de sulfutede protoxyde. S'il y a du cui- , ce métal est précipite par le fer métallique ; enfin, s'il s'y ti'ouve peroxyde de fer, il est réduit ou précipité k l'état de sel basique. — filtre la liqueur, on nettoie la chaudière, et on fait évaporer rapî-

380 TRENTIÈMB LEÇON.

dément la dissolution Jusqu'à Z2^ de Faréomèlre ; on la vene dans dos terrines où par le refroidissement elle dépose des cristaux très-purs, qu'on fait égoutter sur une claie d'osier. L'eau-mère, concentrée à 36*, donne de nouveaux cristaux.

Caractère* disilmetlfa des Ce«per««ea ém ceaiaicrce. — Yoîd quelles sont les principales espèces de couperoses du commerce, avec leur pureté relative et leurs prix.

i . Couperote de Paris. En petits cristaux d'un vert brun foncée entremêlés de cristaux d'un vert clair et transparent. Elle est très-acide, et par cela même constamment humide. Elle est recouverte d'une légère couche de mélasse.

11 y a les couperoses de fabrique, ou de i '* cristallisation, Et les couperoses de refonte^ ou de 2* cristallisation. Elles contiennent, en moyenne, 48 p. iOO de sulfate de protoxyde pur. Elles ne renferment qu'un peu de sulfate de peroxyde. 12 à 12 fr. 50 les tOO kilogranmies.

2. Couperose de Honfleur, Cristaux d'un vert clair, mélangés de petits fragments plus foncés, offrant çà et là des taches d'un brun intense. Très-acide ; légère odeur de mélasse.

48 1/3 p. 100 de sulfate de protoxyde pur. Ne renferme que du sulfate ferrique.

Quoiqu'elle n'ait pas une belle apparence, c'est une des plus pures du commerce.

14 à 15 fr. les iOO kilogrammes.

3. Couperose de Forges, Gros cristaux, d'un vert émeraude assez foncé, se recouvrant facilement de taches ocreuses. Tr^s-peu acide, sans odeur.

47 t/2 p. 100 de sulfate de protoxydo pur. Elle renferme du sulfate de sesquioxyde, du sulfate de cuivre et 2 p. 100 d'alun.

On la distingue en :

Menu sel ou f cristallisation. 23 à 24 fr. les 1,00 kilogrammes ; Coupei'ose de refonte. 27 à 28 fr. les 100 kilogranmies.

4. Couperoses de Picardie. Elles sont assez nombreuses. Voici comment on les subdivise :

A. Couperose de Noyon 0. Petits cristaux d'un vert pâle, entremêlés de fragments brunâtres presque en poudre, très efflorescents, acides^ et avec odeur de mélasse. Elle ressemble beaucoup à la couperose de Honfleur.

4i p. 100 de sulfate de protoxyde pur.

Elle renferme du sulfate ferrique, du sulfate de cuivre, du sulfate de zinc et 4 p. 100 d'alun.

9 fr. les 100 kilogrammes.

B. Couperose de Noyon OC. Cristaux d'un vert clair, entremêlés d'un grand nombre de fragments plus foncés. Moins eflloreacente que la

précédente ; (rès-acMe; odeur peu pronontée. Ses crUtauxioDl coIorA par la noix de galle.

44, 8 p. 100 de sulfate de protoxyde pur.

HSmei impuretéB que dans la précédenle.

C. Coupero-edeHoyonR. Beaux cristoux d'ua vert bleuâtre, lans mélange de'petib Tragmeutt, traDsporeoti, lré>-eflloreKeo(*, légèrement humides. On nereocontre pas sur celle couperose les taches d'un brun noir qu'on voit sur les cristaux des précédentes. Odeur nulle. Rougit assez fortement le tournesol. Non colorée arliSciellement.

4S,8 p. 100 de sulfate de protoxyde pur. Hemes impuretés, maïs en tr^petiteg quantités. 12 fr. les 100 kilogrammes.

D. Couperose de tfdirancourtO.Petils cristaux, d'un verl clair, tachés de bmn par la noix de galle. Odeur nulle.

41 p. tOO de sulfate de protoxyde pur.

Heurerme du sulfate ferrjque, un peu de zinc et de manganèse, . 3 p. 100 de sulfate de cuivre et 4 p. 100 d'alun. C'est une des plus impures.

iO fr. les 100 kilogrammes.

E. Coupirose de Mairancourt PS. C'est, pour ainsi dire, une poudre mélangée de petits cristaux fragmentaires. Couleur d'un vert foncé sale, tachée gâ et là de brun. Très- humide et imprégnée de mélasse ; très -acide.

40 p. lOO de sulfate de protoxyde pur. Renferme du sulfate ferrique, 3 p. 100 de sulfate de cuivre, S 1/2 p. 100 d'alun et un peu de sulfate de chaux. Elle est donc très-impure. 8 fr. les tOO kilogrammes.

P. Couperose Je Saint-Vrcel CF. Petits cristaux mélangés de poudre, d'un vert foncé, tachés de noir, très-acides et par cela même très-humides; odeur très- prononcée de mélasse.

it p. lliO de sulfate de protoityde pur.

Renferme plus de 3 p. 100 de sulfate ferrique, mais moins de cuivre «I d'alun que les précédentes.

lî fr. SO les 1O0 kilogrammes.

G. Couperose de Montalaire. Cristaux d'un vert clair, légèrement efilearfs, ne présentant aucune tache brune ; sans odeur sensible. 43 p. 100 de sulfate de protoxyde pur.

Renferme plus de 3 p. fOO de sulfate ferrique, 3 p. 100 d'alun et très- peu de cui» re, avec traces de manganèse. Il à 12 fr. les tOO kilogrammes.

B. Couperose de Beauvais. 50 p, 100 de sulfale de protoxyde pur. Traces d'alun et de sulfate ferrique.

40 fr. les 100 kilogrammes.

h Couperoses d'Alsace. Elles sont plus pures que les couperoses de Picardie. Elles se subdivisent ainsi qu'il suit :

A. Coufcrose de Mulhouse. 48,8 p. 100 de sulfate de protoxyde pur. Beaucoup d'alun.

40 fr. les liO kilogrammes.

B. Coupense de Thann, .9 p. 100 de sulfate de protoxyde pur. Traces de sel ferrique.

21 fr. 80 c. les 100 kilogrammes.

C. Couperose de Sultzbuch.Â^i p. 100 de sulfate de protoxyde pur. Sous-sel de fer, cuivre et alun .

19 fr.-les 100 kilogrammes.

D. Couperose de Bouxwiller :

i<» Couperose vert foncé. 48 1/2 p. 100 de sulfate de protoxyde pur. Un peu d'alun.

18 fr. les 100 kilogrammes.

•2» Couperose façon Beauvais. 48,8 p. 100 de sulfate de protoxyde, pur. Sous-sel de fer et alun.

18 fr. les 100 kilogrammes.

3* Couperose double refonte. 50 1/2 p. ICO de sulfate de protoxyde pur. Traces de sels étrangers.

20 fr. les 100 kilogrammes.

U résulte de ce qui précède :

1^ Que les couperoses les moins impures sont celles : de Honfleur, de Paris, de Thann, de Forges, de Beauvais, de Bouxwiller vert foncé, de Bouxwiller double refonte;

2° Que les plus acides sont celles de Paris, de Honfleur, de Mairancourt PS, de Saint-Urcel CF ;

o" Que les plus chargées de sel ferrique sont celles de Noyon 0, de Mairancourt 0, de Montataire, de Saint-Urcel, de Mairaocourt PS, de Sultzbach, de Noyon OC, de Forges ;

4* Que les plus cuivreuses sont celles : de Mairancourt PS, de Mairancourt 0, de Saint-Urcel, de Sultzbach, de Noyon OC, de Noyon R, de Montataire, de Noyon 0 ;

5° Enfin que les couperoses les plus riches en alun sont celles : de Mulhouse, de Mairancourt PS, de Mairancourt 0, de Noyon 0, de Noyon OC, de Sultzbach.

Je déduirai de ces faits, les conclusions suivantes à l'usage des tiinturicrs et des indienneurs :

i'' Pour le mordançage dt^s fils et tissus, il faut rejeter les couperoses acides de Paris, de Honfleur, etc., et employer de préférence celles de Forges, de Noyon 0 et OC, de Montataire et d'Alsace;

2*^ Les meilleures pour le montage des cuves d'indigo sont les couperoses faites de toutes pièces, notamment celles de Paria et de Honfleur, parce qu'elles ne contiennent ni sels ferriques, ni cuivre, ni alun. Leur grande acidité ne nuit pas, dans cette circonstance, puisqu'efle se trouve neutralisée parla chau\ des cuves;

DES SULFURES DE FEU. Zf<3

3" Les couperoses chargées de sels ferriqueg, de cuivre e( d'alun doi- «nl être réseï vécu pour In leinlure ennoir el aulres couleurs foncées. Elles eoni tiës-bonues dans ce car.

Presque loua tes anlrci tels de rer'sonton peuvcnroireemploiésdanB Il leiotiiTe. I C3 indienneurs Toiil un fréquent uiagc de IVilale, de l'aiotsle et du clilorure de fer.

' Wtr pB*air. — Une [wlicularilé curieuse, signalée d'abord par Sebœnbein, c'csl que le ftr, qui t*l attaqué si violeminotil par l'acide UOlïqLe ordinaire, cesse de l'OIre par le mt'nie acide rumanl, c'esl-idire luui conceulréqoe possible; el, ce qui n'est pas moins singulier, c'est qu'au îortir de ce dernier liquide, il n'eal plus lUKepIible d'OIre dissous par Ttcide ordinaire, i nioins d'un temps (nVlong ou d'une ËlévalïoQ de Uili[iéralure,ou du contact momenlanéd'une lige decui- Tre ou de fer ordioaiie. Sthcrnbein a désigne cet étal particulier du Ter, dfl tans doule A une cause électrique, sous le nom de passivilé du /tr.Cerisins autres liquide», lois que l'acide acétique cristatliiable, l'alcool a[ib]dre, r[iTir,cniBque,Ies solulions alcalines, !e sulfure de po. ta«iii:in, peuvent aussi rendre le ler pattif,

•■IfarM d« fer. — Déjb, A plusieurs reprises, je vous ai parlé, Ale»neui«, des pyn'(«i âe fer. C'est ici le lieu de vous faire connatlre les lubstances auxquelles on donne Tulgaiiemeot ce nom, aioii que les dénominulîons de pyiilu mirin/e», de pyrrtw fermgineiiaet. Pour les diimistes, c'est du bisulfure ou periulfure de fer.

Les unes sont Jaunes et cristallisées en cubes striés daus.lrois directions l^rj. 3dO), ou en dodécaèdres penlagonaux {fiq. S6l), ou en icosaèdres(/lir> 562) modifiés d'un grand nombre de manières. — Les uulres sont d'un Jaune veidAtre et cnslullisées dans un système tout différent ; en effet, ce sonl des prismes rhomboïdaux dïtersemcnt modifiés {^. 5ii 3), ou des octaèdres (/"g. S84 et :y6:>}, modifiés d'un grand nombre de manières.

?{éanmoins, malgré ces caractères physiques différenta, elles cuntleonent e\actcment la même propnilion de soufre, c'est-à-dire I <8 pour 100 parties de métal, et elles sont représenlées par la même formule FeS', C'esl là un nouvel exemple de corps polymorphet.

La pyrile cubique est connue sous les noms spécifiques de pyrite jauw, fer sulfuré jaune. Ses cristaux se conserrenl parruitemenl.

Ia pyrite prismatique est désignée par les noms spéciauK de pyrite blandie, fer sulfuré blanc, sperkise. Ses cristaux se désagrègent avec la plus grande facilité, se fendillent, se gonflent, puis èclalenl el tombent en poussière ; le fer s'oxyde, le soufre s'acidifie ; ces deux nouveaux produits se combinent, et il en résulte alors du sulfute de fer qui s'ellleurit à la surface des fragments, sous forme de pelitei aiguilles d'un blanc

grbàire, d'une saveur atramcnUire et IH»-io1ubleB.llaiti1 ^aloujoan dans ces effloreecence de l'acide «ulfurique en acèt, dont voui coa-

mm

prendre! niieui la production par l'équalion suivante qui représente l'action do l'air sur la pyrite blanche :

FeS" + 0' = FeOpSO» + S0>.

Cette oxydation des pyrites par l'air étant toujours accompagnée de chaleur, celle-ci s'i'lù\ c parfuis assci haut pour déterminer t'indammationdesmalii'rcscombustit]leicn(irounanlcs. C'est ainsi qu'on explique

DES SULKL'RBS DE FER. 385

les incendies spontanés qui se déclereni dans les schistes houillers et par suito dans les minée de l'harbon, La monlagoe bi'lllanie de Sarreboarg n'est qu'une houillère enilammée par le eulftire de fer.

Aucune substance minérale n'est plus lépandue que ce composé. Pmque toutes les mines, superficielles ou profondes, presque tous les lemiji*, à quelque formatioa qu'ils appartiennent, en contiennent; aoMl eaMl bien connu des gens du monde et des habitanls des campagne^ qui le prennent pour du l'or à cause de tu couleur et de son vif édil mélkllique. Bien des fols la découverte de pyrites jaiines dans les » de craie a fait naître des espérances que j'ai eu beaucoup da B à détruire. Le mica jaune a souvenl occasionné de semblables k On pourrait dire, avec Hafly, de ces deun substances, que ee tmt Im jnAm (for de Fignoranee.

Ce qui distingue surtout le persulfure de fer et le fait aisément re- CDBnattre, c'est qu'il perd son éclat à la simple flamme d'une bougie, M nbaUnt une odeur d'acide Eull\ireut et devenant brun ; qu'il donne im Atlncelles par le choc du briquet, en répandant la même odeur. (Tat àeaose de celle dernière propriété que les anciens lui donncrcnt ttvkaiepj/riU, dérivé d'un mol grec qui signifie /îeu. Ils l'appelèrent aawlyfcrrg de /ondre, parce qu'ilscroyaienl qu'il était lancé sur la (erre pu la tonnerre. Longtemps on s'en est servi, à cause de sa dureté, pow izmer les carabines : de là le nom de pieire rie carabine qu'il a porté. Cfaes les Romains, les patrouilles militaires ne marcbaient pas «m KToit de* pyrites', afin do se- procurer subitement du feu ; voilà pourquoi Us les appelaient lajns luminis, lapd ignifer (pierre de lumière, plwMi feu).

l.'Mlla*tl«H des pyrite*. — Malgré leur richesse en fer, les pyrites W Mot Jamais exploitées pour l'eitraclion de ce métal, parce que le prodUt serait Irop dispendieux et de mauvaise qualité. Hais on les ulïHés aoit comme mine de soufre, soit pour en obtenir de la coupo- HMCj Mil enfin pour la fabrication du gaz sulfureux destiné à la prr>dncilab de l'acide sulfurique.

a, Ba^racHon du soufre. — C'est surtout ia pyrite jaune, en masses deoMiba en rognons compactes, qui sert, en Belgique, en Anglelcrre, en Saxe, en Bohême, en Hongrie e( autres pays Irès-éloigués des solfalares, à l'extraction du soTifrc. Voici comment on y procède.

On calcine la pyrite dans des tuyaux en grès ou en lerre réfraclaire A, A, de forme conique, placés transversalemcnl, au nombre de 12 ou de 94, sous une légère inclinaison, dans un fourneau de galère {fig. 'o>ib). A l'extréinité la plus inclinée de ces tuyaux, on ajuste un (ubc b qui conduit le soufre dans un récipient en fonte C. La ealcinalion dure de 6 à 8 heures, pour des charges de 12 kil. 1/2 à i'i tilogr. Le soufre a une couleur verdâtre due à un peu de sulfure entraîné ; on le purifie par Ib fusion et la décantation dans des moules.

Cia«BDi!i. — IL 13

TRENTIËHE LEÇON.

La pjrile renferme 54 pour 100 de soufre; on poumil, en U ca!cinanl forlcment, en séparer la moitié, Mit S7 pour tOO ; maii, pour avoir cette proportion de wu^, on perdrait les lujaux, attendu qaa le réiidu^ fondu par la hante tem- -iï^7. -:- péralore' empIOTée, no

pourrait âtre retiré do leur intérieur. On préfire donc n'axtrairé que le quart du (oufta coalenii dans la pfriie, en n'employant qu'une ehateur modérée. Le réudu demeure pulvérulent et peut Olre racilemenl enlevé.

C'est alors un double sulfure, ou ce qu'on appelle de la pjrr^ magnitique, composée de I équÎTalenl de bisulfure et de 6 équivalents de prolosulfute ; FeS', G FeS = Fois*.

Cette extraction du sou- Tre des pyrites eil liée A la fabrication de la couperose, car le résidu pulvénilenl qu'on retire des lu]'au\, étant très -perméable, ne tarde pas à se sulfatiser au contact de l'air. Par des lessivages méthodiques, on obtient une solution marquant de :iO h 36°, qu'on concentre dans des chaudiires Jusqu'à 40*, et qu'on mot ensuite à cristalliser dans des bassins en pierre.

Comme la fabrication du même sel au moyen de la pyrite blanche est intimement liée & celle de l'alun, je vous en parlerai plus lard.

b. Fabrication <k l'acide sut fuririut,— Le haut prix du soufre brut, survenu en 1836 à la suite démesures fiscales prises par le gouvernemeDl des Deux-Siciles, reporta l'altenlion des savants et des industriels sur d'anciennes tentatives faites par Cli^menl Desoroies pour substituer ou soufre les pyrites dans la fabrication de l'acide sulfurique. Depuis longtemps, l'usine de Falilun, en Suède, n'employait pour cette fabrication que le soufre des pyrites 1res abondantes dans cette localité. C'csIM. Michel Perret qui introduisit le premier en France, dans l'usine de son pËre à Lyon, la combustion directe des sulfures métalliques pour la pmduction du gaz sulfureux à déverser dans les chambres de plomb. Cctie pratique s'est rapidement généralisée dans la presque

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