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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES ÉTHERS SIMPLES ET COMPOSÉS

§ 1055. Les chimistes s'étaient divisés d'opinion, il y a vingtcinq ans environ, relativement à la constitution de lalcool. Les uns, à la tête desquels il faut placer M. Chevrcul, regardant le gaz oléfiant comme le radical des combinaisons éthérées, avaient été conduits à considérer l'alcool comme un bihydrale d'hydrogène bicarboné; les autres, admettant dans ces composés, avec M. Liebig, l'existence d'un oxyde particulier correspondant à l'oxyde de potassium, regardaient l'alcool comme un monohydrate de cet oxyde analogue à l'hydrate de potasse. Or l'alcool pouvant s'obtenir de 'toutes pièces en unissant à l'eau soit l'éther, soit le gaz oléfiant, à quelle • hypothèse nous arrêterons-nous? Nous n'admettrons pas à l'égard do ce corps une de ces constitutions plutôt que l'autre, plusieurs réactions pouvant concourir à produire le même composé sans qu'il soit nécessaire de conclure que ce composé soit formé de l'union des produits qui lui ont donné naissance. Nous considérerons simplement l'alcool comme une molécule type analogue à l'eau , susceptible do fournir par son contact avec les réactifs un grand nombre de dérivés importants.

L'éther simple se comporte-t-il maintenant comme une véritable base? Les élhers composés doivent-ils être assimilés ù de véritables

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sels analogues aux combinaisons formées par l'ammoniaque? C'est ce qu'on ne saurait admettre, bien que cette théorie fort séduisante ait reçu la sanction des chimistes les plus éminents. Soit que Ton considère le gaz oléfiant , soit que l'on considère l'éthyie comme les radicaux des éthers , on peut formuler ces différents com()Osés à la manière des dérivés de l'ammoniaque. En effet, supposons qu'on admette C* H* analogue à AzH^ ou C*1P analogue à Âz H^ on a

C*H*, HO, gaz oléfiant hydraté analogue à AzH^ HO, C*H*, HS, » AzH^^HS,

en*, H Cl, » AzH\ H Cl,

(C*H\ HO), C'O», » (AzH% HO) C^O%

(C*H*, HO), en^O', » (AzH', HO), C*H^O=,

(C*H*, HO)aSO\ HO, « {AzH\ H0)2SO', HO,

ou

C*H*0 oxyde d'éthyle analogue à AzH^O,

C*H»S »» AzH*S,

C*H*C1 » AzH*Cl,

C*H*0, C'O' » AzH*0, C'O',

C*H^O, C*H'0=» « AzH^O, C*H^œ,

C*H*0, aSO', HO « AzH*0, aSO», HO.

Mais si telle était la constitution de ces produits, ils devraient, comme les sels ammoniacaux , obéir aux lois de la double décomposition: ce que l'expérience ne vient vérifier en aucune façon.

En effet , Téther chlorhydrique , c'est-à-dire le correspondant du chlorhydrate d'ammoniaque ou du chlorure d'ammonium, ne pré- ' cipite pas, à la manière de ce dernier, une dissolution d'azotate d'argent, et l'éther oxalique qui correspond à l'oxalato d'ammoniaque ne produit,, à la manière de ce sel, aucun trouble dans les sels de chaux. On avait d'abord objecté que l'insolubilité de ces éthers dans l'eau changeait complètement les conditions de Texpérience ; néanmoins, on ne saurait comprendre comment au contact des deux liquides il ne se produit aucune décomposition. Au reste, si Ion fait agir des dissolutions alcooliques d'éthor chlorhydrique etdazotate d'argent, d'éther oxalique et d'azotate de chaux, bien

SUCCTNATE D'ÉTHYLE. 479

que le contact ait lieu dans tous les points, il ne se produit aucune décomposition. Les éthers ne sont donc pas des composés qu'on puisse comparer aux sels de la chimie minérale. Pour faire disparaître ces anomalies, M. Regnault propose de considérer les éthers simples comme des produits dérivés d'un carbure d'hydrogène

CH« = 4vol.

par la substitution de i molécule d'oxygène, chlore, brome, iode, soufre, cyanogène, etc., à i molécule d'hydrogène. Les corps oxygène , chlore ou soufre , faisant partie intégrante de la molécule elle-même et ne constituant pas un oxyde , un chlorure ou un sulfure, ne peuvent évidemment réagir à la manière de ces derniers. D'une autre part , M. Gerhardt considère les éthers composés comme des produits analogues aux amides , ne renfermant à la manière de ces dernières ni alcool ni acide, mais simplement les éléments de ces composés et susceptibles de les reproduire par la simple fixation de 2 molécules d'eau , résultat qu'on réalise facilement, soit en opérant avec l'eau seule sous une forte pression, soit en faisant intervenir les acides ou les bases. Dans ces deux hypothèses on pourrait formuler la formation des éthers simples et composés de la manière suivante :

C*H«-r2Cl = ClH-^C*H^Cl,

, Ether chlorbydr.

CMl*0*-4-C*H«0^= aHO-+-C«H«0*.

Ether toétique.

48o ESPRIT-DE-BOIS, OU ALCOOL MÉTHYLJQUE.

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