MORPHINE
§ i203. Plusieurs procédés ont été proposés pour l'extraction de la morphine. Cette description nous entraînerait beaucoup trop loin et serait en dehors du cadre de ce Cours; nous nous contenterons de faire connaître les principales propriétés de cette substance.
NARCOTINE. 63i
La morphine cristallise en prismes incolores, transparents, appartenant au système rhombique. Elle est inodore et possède une saveur d'une amertume très-persistante.
Elle est à peine soluble dans Teau froide ; 5oo parties d'eau bouillante dissolvent i partie de morphine et Tabandonnent presque en entier à Tétat cristallin par le refroidissement. L'alcool la dissout en plus forte proportion, surtout à chaud. L'éther et les huiles essentielles n'en dissolvent que des traces, ce qui permet de la séparer de la narcotine.
Les cristaux de morphine fondent par la chaleur, dégagent 2 équivalents d'eau de cristallisation et se prennent par le refroidissement en une masse radiée. Par une plus forte chaleur, elles se charbonnent.
L'acide iodique, même en dissolution très-étendue, est réduit par la morphine ; il en résulte une coloration brune ou jaune, par suite de la séparation de l'iode. Le nitrate d'argent et le chlorure d'or sont facilement réduits par cette base.
Les sels de peroxyde de fer éprouvent de la part de la morphine une réduction tout à fait caractéristique ; ils prennent une coloration d'un bleu foncé.
L'acide azotique concentré colore la morphine en rouge orangé; cette teinte passe graduellement au rouge. Le produit qu'on obtient dans cette réaction jouit de propriétés acides et fournit un alcali volatil quand on la distille avec de la potasse.
Chauffée avec un excès d'hydrate de potasse solide à la température de 200 degrés, la morphine laisse également dégager un liquide alcalin contenant de la méthylamine.
La morphine s'unit à tous les acides, et forme avec la plupart des produits nettement cristallisés.
La composition de la morphine est exprimée par la formule
NARCOTINE.
§ iâOi. La narcotine cristallise en prismes droits à base rhombe ou en aiguilles aplaties, incolores et brillantes; elle est insoluble dans l'eau froide , très-peu soluble dans Teau bouillante. Elle est
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peu soluble dans l'alcool et Téther, qui la dissolvent toutefois en proportion beaucoup plus considérable que la morphine.
La narcotine fond à 170 degrés. Si on la laisse refroidir lentement, elle cristallise; si le refroidissement est brusque, elle donne une masse amorphe. A 220 degrés elle se boursoufle , dégage de l'ammoniaque et laisse un résidu acide. Chauffée à 200 degrés avec de l'eau, dans un tube scellé à la lampe, elle se dissout en donnant un liquide jaune-rougeâtre, doué d'une forte saveur anaère. L acide azotique étendu dissout la narcotine à froid sans la décomposer. Si Ton porte la liqueur à 5o degrés , la narcotine se décompose complètement; il se précipite des flocons cristallins d'une substance particulière , tandis que la liqueur retient en dissolution un grand nombre de substances bien définies. Remplace-t^on Tacide étendu par de l'acide concentré , la réaction est violente , même à froid ; d'abondantes vapeurs rutilantes se dégagent, ainsi que du nitrate de méthyle , on obtient en outre une matière résinoïde de couleur rougeâtre pour résidu.
La potasse en dissolution étendue n'exerce aucune action sur la narcotine , même à la température de l'ébullition ; en dissolution concentrée , elle la transforme en un acide qu'on désigne sous le nom à'acide narcotique et qui ne paraît différer de la narcotine que par les éléments de l'eau.
Lorsqu'on chauffe de la narcotine à 220 degrés avec de l'hydrate de potasse solide , elle se décompose et fournit un liquide doué de propriétés alcalines très-prononcées, qui renferme de l'ammoniaque, de la méthylamine, de l'éthylamine ou de la propylamine, suivant la composition de la narcotine employée. On a constaté, en effet , dans l'opium l'existence do quatre narcotines différentes dont les compositions sont exprimées par les formules :
La première donne de l'ammoniaque , et* les autres les différents homologues de cette substance.
La narcotine, soumise à diverses influences oxydantes, se transforme en un acide que MM. Wohler et Liebig ont désigné sous le